jeudi 29 octobre 2009
Le Retour du p'tit bolet
Litteul Kévin T.8 (dessins et scénario de Coyote, ed. Le Lombard, 2009)
Au-delà de la nuit dans le Kalahari
Le lion va rugissant comme un gros chat qui miaule…
Ceux qui connaissent la fin de cet authentique joyaux poétique peuvent entrer dans la cabane des lions, les autres devront avoir lu les aventures du plus jeune biker de l’histoire de la BD pour connaître la fin.
Dans la précédente chronique, je vous avais parlé du petit plaisir de revenir dans les lieux que l’on sait agréable. Plus heureux encore est de retrouver, après bien des années d’attentes, les amis perdus de vue. Dans une certaine mesure, les héros de BD sont autant de copains que l'on attend avec impatience au fil des parutions.
Et c’est donc avec une joie quasi-enfantine que j’ai retrouvé Kévin, Gérard (euh… Chacal), Sophie, Hulk et tous les autres (les Lions et les frères du Club) et bien entendu la poésie du Kalahari. Si tous ces noms n’évoquent rien pour vous alors il est grand temps, ô chanceux que vous êtes, d’ouvrir les albums de Litteul Kévin, dessiné par Coyote.
On les avait quitté en 2003 dans le tome 7, à l’époque ils s’envoyaient en l’air dans les alpes en pissant sur les castors (non, le
s marmottes) et on les y retrouve (avec de la couleur pour l’édition simple, noir et blanc pour la collector) toujours présent. Nous avons quelques années de plus et eux n’ont pas pris une ride.
Après 6 ans d’attente, on retrouve cet humour biker décalé, la famille de Kévin étant tout sauf aux normes, les jeux de mots foireux (ou pas) et surtout la grande tendresse de Coyote pour ses personnages. Et, pour ce nouvel opus, il a fait le choix de mettre en lumière des personnages secondaires (et d’en introduire de nouveaux) en particulier la belle-mère « adorée » de Chacal. Et c’est sous un jour nouveau, et dans des situations toujours aussi cocasses que Coyote nous fait rire. Comme d’habitude, l’album est composé d’historiettes qui se succèdent pour autant de moments-clefs de la vie de nos héros. Ici, pas de cynisme ou d’humour noir, juste un mélange d’humour (de) brut(e), de finesse et de fausse naïveté pour finalement une série qui n’est pas réservé au gros motards barbus balèzes et buveurs de Jack Daniel’s. Personnellement, à part le fait d’être gros et barbu, je n’appartiens pas à cette catégorie.
Alors bien sûr, j’aurais été sans doute plus exigeant si ce tome était sorti un an après le précédent. A mon
humble avis, toutes les histoires ne sont pas de la même qualité. Mais malgré cela, le mérite de Coyote a été de garder l’esprit original de la série tout en faisant évoluer ses personnages et leur univers. Pour le coup, c’est un retour réussi (contrairement à des livres d’or parus récemment mais je ne balance pas).
De toute manière les aficionados comme moi sauront apprécier ce retour, les autres pourront profiter du nouveau tirage de la série (chez Fluide du tome 1 à 7, Le Lombard pour le dernier) pour se pencher avec délice sur les tomes précédents.
A titre d’information, Litteul Kévin (et surtout le tome 5, l’apogée de la série) est l’une des trois séries d’humour à m’avoir fait, au sens propre, pleurer de rire. Les deux autres étant Gaston Lagaffe et Rubrique à brac. On passe vraiment pour un imbécile quand on pleure de rire en plein milieu d’une librairie, croyez-moi !
Bon, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui alors salut mes gueules et bonne bourre !!! [Rassurez-vous c’est une citation ]
A découvrir : le site de Coyote
mercredi 29 octobre 2008
Vers l'infini...
La conquête de Mars - T1 : Le premier homme sur la lune (scénario de Grégory Jarry, dessins d’Otto T., éditions FLBLB)
Après Petite histoire du grand Texas et Petite histoire des
colonies françaises, les deux compères/fondateurs de la maison d’édition poitevine au nom imprononçable sont de retour. Mais cette fois-ci, plus question de reprendre l’histoire et de la tordre (de rire) dans tous les sens. Non cette fois-ci, nous sommes en pleine uchronie. Grégory Jarry et Otto T, vous proposent une réécriture de l’aventure spatiale. Et pour les aider dans cette tâche, trois témoins de cette conquête viennent vous raconter leur histoire : Wernher Von Braun, le célèbre scientifique allemand ; Michael Collins, le 3e larron de la mission Appolo 11 (celui qui n’a pas touché la lune) et enfin Albert Speer, l’architecte du 3e Reich.
Alors évidemment, avec la couverture de l’album et le nom des 3 témoins, on se doute bien qu’il y a quelques nazis dans l’histoire, donc je ne vais pas vous en dire plus. Sachez seulement qu’au détour de cette « histoire alternative » vous rencontrerez une galerie de personnages assez variées. Entre Hitler, Eva Braun, Stanley Kubrick, Neil Armstrong, Buzz Aldrin ou encore Jacky Kennedy, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer !
La conquête de Mars est un grand classique du tandem Jarry/Otto T., à savoir des textes faussement naïfs et toujours cinglants en complet décalage (et pourtant si proche) avec des dessins simplissimes et gentillement humoristiques. Si cette recette est du "déjà lu", elle n'en reste pas moins efficace. Absolument hilarant, ce petit pavé se dévore en un temps record. Le mystère se dévoilant au fur et à mesure des témoignages des trois protagonistes principaux, chacun apportant une nouvelle pierre à la "conquête spatiale".
Comme souvent, je suis admiratif du travail de couple génial, réussir à faire du bon avec du déjà fait, c’est brillant et j’avoue attendre la suite avec impatience. Le tome 2 intitulé Germania (voir la couverture ci-dessous) est à paraitre le 14 novembre prochain.
A voir : le site de l’excellente maison d’édition FLBLB
A (re)lire : la chronique d’IDDBD sur Petite histoire du grand Texas
A lire : la (toujours) excellente critique de sceneario.com