mardi 18 mars 2008
Sorties de mars (part III)
IDDBD a sélectionné pour vous quelques sorties du mois de mars (3ème partie)
Editions de la Cerise
Un livre comme une chimère. Bix est dédié à un mythe des pionniers du jazz, le cornettiste Bix Beiderbecke, mais prend le contrepied de la biographie classique et choisit la voie étrange du récit fantastique ou celle de la crise de delirium tremens. Dans un travelling continu qui court sur l’ensemble des pages, de grandes cases conçues comme les parties d’une immense fresque en noir et blanc, sont accompagnées d’un texte à la manière des bandes dessinées d’antan. Délicieusement désuet, vintage futuriste et étrangement poétique…
Sept missionnaires (d'Alain Ayroles et Luigi Critone, collection 7)
Irlande, IXe siècle. Sept moines vivant en communauté ont depuis longtemps tourné le dos aux principes sacrés de l'Église. Chacun se livre corps et âme à son péché de prédilection : qui à l'orgueil, qui à l'envie, qui à la luxure... Mais les foudres du Très-Haut vont s'abattre sur ces sept pécheurs capitaux, sous la forme d'une périlleuse mission : prendre la mer et évangéliser de féroces Vikings !
Humphrey Dumbar (d'Emmanuel Civiello)
Humphrey Dumbar est croquemitaine. Il tourmente les enfants en se glissant sous leur lit, prêt à les mordiller, à les glacer, à les effrayer ! Il se nourrit avec délectation de leurs cris et pleurs. Mais une nuit, Jimmy, un petit garçon courageux, ose se cacher dans le chaudron d'Humphrey. Au petit matin, il se retrouve propulser dans le monde magique des contes, pour un voyage qui changera le cours de sa vie...
Aster - Tome 4 : Tattva (de Guillaume Clavery et Paul Cauuet, collection Terres de Légendes)
Le monde d'Aster vit sous la domination religieuse du culte de l'Ata. À Ashedine, la capitale, le jeune et impétueux Odan apprend à la mort de son grand-père qu'il est un élu Shri'yad. Son destin l'emmène en compagnie de deux autres élus, Soyal et Pamu, à trouver le Nijaï et à accomplir la prophétie des quatre vérités. Guidés par les Gardiens, ils quitteront la ville et devront se méfier de Gadriel de Laussor, soldat aux ordres du Culte qui ne désire nullement voir la prophétie s'accomplir.
Meteors 1 (de Fred Duval et Philippe Ogaki, collection Neopolis)
An 2134, Big Brother nous regarde ! Bienvenue dans un monde sous haute-surveillance, où l'espèce humaine est dominée par une intelligence supérieure, celles des programmes informatiques.
Dans le désert du Sahara où s'agglutinent les déchets de la nanotechnologie, Noria, une adolescente en mal de vivre, se promène sans assistance respiratoire quand elle assiste à un étrange ballet de météorites. Au même moment, entre la Lune et Mars, le cadavre d'un cosmonaute russe décédé depuis plus de 150 ans est retrouvé par Dustin Dinky, éboueur de l'espace. Un rapport est aussitôt relevé par les Intelligences Artificielles qui s'inquiètent de cette anomalie temporelle. Et si les I.A. ne maîtrisaient pas l'ensemble de l'espace ?
Le Dieu Singe 1 (de Jean-David Morvan et Jian Yi, collection Ex-Libris)
Il s'appelle Sun Wukong. C'est le roi des singes. Il vit avec les siens en bordure du petit pays de hérauts. Celui-ci n'est cependant pas tout à fait comme les autres. Il est certes en mesure de marcher, courir, bondir, séparer les bonnes baies des empoisonnées, comme tous les singes... mais de plus, il a la capacité de raisonner ! Découvrez les aventures de ce sémillant roi des singes et comment il devint immortel à l'issue de sa pérégrination mouvementée vers l'Ouest !
lundi 17 mars 2008
Sorties de mars (part II)
IDDBD a sélectionné pour vous quelques sorties du mois de mars (2ème partie)
Dargaud
New York, hiver 2038. A lire : la superbe chronique du blog de la rédaction du Sud Ouest Son prénom est le nom d'un serpent. Naja est une femme froide. Elle n'éprouve jamais aucun sentiment. Elle est insensible à la douleur. Naja est la tueuse n°3 d'un truand nommé Zéro. Quand le tueur n°1 d’une organisation a un contrat sur le n°3, comment réagit le n°2 ? A voir : quelques planches sur BD News, l'excellent site de l'ami Thomas...
Six personnes - trois couples - gravitent autour du night -club le plus branché du moment. Après le meurtre de l'une des danseuses du club, les relations, l'avenir, et les désirs se révèlent et se bouleversent. Strel est la responsable des danseuses du club. Elle élève seule son fils et veut changer de vie. Le père, Haïssieu, un boxeur à la vie abîmée, réapparaît un soir. Kim est danseuse. Terrifiée par le meurtre de sa collègue, elle décide d'acheter une arme et rencontre à cette occasion Eloy, un artiste à l'œuvre bizarre.
Daisy est une nouvelle go-go danseuse du club. Très renfermée, elle finit pourtant par se dévoiler un peu à John, serveur, tout en le regrettant. Ces trois relations forment une grande histoire d'amour et de vie, de sexe et de mort, d'art et d'abandon.
Naja (de Jean-David Morvan et Bengal)
Suite à cette rencontre… musclée, Naja va opérer sa deuxième mue.
La première avait eu lieu à Liverpool où elle n'a plus mis les pieds depuis 16 ans, 9 mois et 22 jours. Son enfance fut bercée par les coups de trique de son père. Elle s'était enfuie avec un ami. Cet ami est maintenant enfermé dans une prison colombienne et
elle va tout tenter pour le faire évader. Naja, dont la beauté n'a d'égale que l'indifférence, sera-t-elle à nouveau capable de ressentir des émotions ? Réapprendra-t-elle un jour à avoir… mal ?
Cette histoire, racontée essentiellement en voix off, a un côté presque clinique et le personnage, à la plastique plus que parfaite, fait froid dans le dos. Mais on sent qu'un coeur bat sous la glace.
dimanche 16 mars 2008
Tue, croque Odile...
Odile et les crocodiles (scénario et dessin de Chantal Montellier, éditions Actes Sud-l’An 2, édition originale de 1984, réédition corrigée de 2008)
Pas facile de traiter du sujet du viol. Quelques BD s’y sont essayé (notamment Elle ne pleure pas elle chante, qui abordait le thème de l’inceste, ou Femmes de réconfort, qui traitait de l’esclavage sexuelle) mais le sujet est suffisamment "hard" pour qu’il soit délicat à transcrire en bande dessinée.
Chantal Montellier évite tous les pièges dans son histoire (non auto-biographique, précisons-le d’emblée). Odile, son héroïne, se lance à la chasse aux crocodiles (comprenez les prédateurs mâles abusifs), qu’elle assassine les uns après les autres dans une fuite en avant désespérée après le viol qu’elle a subit.
Le style graphique, sombre, fragile et réaliste comme le propos, est le plus souvent allusif et ne se complaît pas dans le voyeurisme facile. L’impact en est d’autant plus grand pour le lecteur auquel il donne à réfléchir sur l’acte criminel (qu’il s’agisse du viol ou de la vengeance), tout en évitant la leçon de morale pesante.
Pour autant, Odile et les crocodiles n’est pas une BD légère ou anodine. Ce n’est pas non plus une BD facile. C’est en tout cas une BD utile. Elle prouve aussi que le neuvième art ne se cantonne pas seulement au domaine du divertissement mais qu’il est capable, comme tous les arts, de poser des questions sur les turpitudes les plus noires de l’âme humaine et d’interpeller son spectateur. Certes, les lecteurs d’IDDBD le savent déjà. Cela va sans dire. Mais cela fait aussi parfois du bien de le rappeler…
A lire et à voir : la fiche album et quelques extraits sur le site des éditions de l'An 2
A lire : un article hyper complet sur Chantal Montellier sur le site des éditions de l'An 2
A lire (aussi) : la critique de Jean-Claude Loiseau dans Télérama
A lire (enfin) : l'interview de Chantal Montellier sur le site L'internaute.com
Le 5 mars dernier, IDDBD vous recommandait la lecture du quatrième et dernier tome de la magnifique série de Manu Larcenet, Le combat ordinaire.
Si vous ne vous êtes pas encore décidé à la lire (ça, je ne peux pas le croire !), foncez sur le site Readbox.com pour découvrir les 16 premières planches de Planter des clous, le titre du dernier opus du Combat ordinaire...
samedi 15 mars 2008
Talentueux oisif ! - Part 2
Sans emploi : Jibé, l'interview !
Hier, nous vous présentions Sans Emploi, le webcomic de Jibé et comme promis à la fin de la chronique, nous vous proposons aujourd'hui son interview ! Rien que ça et rien que pour nous. Merci encore à Jibé !
IDDBD : Bonjour Jibé, tu es l’auteur du blog Sans emploi que nous avons présenté hier. Peux-tu nous parler un peu de toi et de l’historique de ton blog ?
Jibé : Bonjour IDDBD ! Je vais essayer de me présenter au mieux, même si je ne trouve cet exercice très évident… je m’appelle donc pas vraiment Jibé mais presque, j’ai entre la vingtaine et la trentaine d’année et j’habite en France… Ma bédé Sans emploi a commencé en août 2005, et depuis je m’efforce de tenir mon blog bédé à jour.![]()
IDDBD : Je cite la phrase de présentation du blog : «Quand on a pas de boulot, pas la motivation, que tout parait inerte autour de soi, mais qu'on garde le sens de l'humour, il reste la bédé.» Avoue que c’est assez terrible comme constat ! En même temps c’est très représentatif de l’esprit de Sans emploi. Alors, dis-nous tout : Sans emploi c’est autobiographique, c’est une thérapie moins chère que 20 ans de séances chez le psy ou simplement une façon déguisée de se moquer de cette belle société qui est la nôtre ?
Jibé : Le constat est terrible, certes, mais il colle assez bien à l’état d’esprit dans lequel j’ai commencé cette histoire. Comme vous vous en doutez, Sans emploi part d’une expérience personnelle : une assez grande période de chômage a eu raison de mes illusions d’étudiant devenu jeune chercheur d’emploi. Comme pour exorciser cela, j’ai redigéré tout ça sur papier, sous la forme d’un personnage encore plus minable, faible et lâche que moi à l’époque (fallait le faire). J’avais besoin de cet alter-égo qui réussissait encore moins bien que moi, afin que je ne me dévalorise pas trop. Mieux vaut en rire que de s’en foutre, comme le dit si bien le grand Didier Super.
Alors oui, au départ c’était une sorte de thérapie, puis ça a évolué vers une légère critique du monde et des gens en général. Mais je me garde bien de faire la morale à qui que ce soit. Pour en revenir à la petite phrase d’intro du blog, elle va bientôt être légèrement modifiée pour mieux coller au développement de la bédé…
IDDBD : La question récurrente : Quels sont tes grands "maîtres" ?
Jibé : Plutôt que de faire une liste d’auteurs longue comme le bras, et qui n’aurait pas beaucoup de sens, je
vais me contenter de n’en citer que quelques uns. En ce qui concerne directement Sans emploi, il y a deux influences majeures : Franquin et Matt Groening. Le premier pour l’illustre et inégalable Gaston, le premier vrai anti-héros, le grand frère rêvé de Constantin en quelque sorte (enfin, j’aimerais bien…), et le second pour les non-moins célèbres Simpson et Futurama, où j’aime l’humour souvent absurde et le rythme général de l’histoire. Ces influences revêtent moins une influence graphique pure qu’une façon d’écrire une histoire, de mettre en place un univers et des personnages bien campés. J’aimerais avoir ne serait-ce que le centième de leur talent. Je les respecte énormément.
Pour les influences plus graphiques, je citerai Trantkat, alias Kévin Hérault, le dessinateur de la série HK, et Yukito Kishiro, mangaka de Gunnm. Ça n’a certes pas grand chose à voir avec Sans emploi, et leur influence ne s’y retrouve presque pas, mais j’aime leur façon de concevoir leur dessin. Je rêve de dessiner un jour un récit à la hauteur de ces deux auteurs.
De façon plus diffuse, j’aime bien d’autres auteurs, comme le tandem Larcenet/Ferri (même prit séparément), Naoki Urasawa et son génial 20th Century Boys, Edika pour l’absurde (et toute la bande à Fluide Glacial des années 90), ou encore Masamune Shirow.
IDDBD : Sur IDDBD, on essaye de tenir le rythme d’une chronique par jour et ce n’est pas toujours simple. Tu en es à ta 4e saison de « Sans emploi ». Peux tu nous expliquer quelle est ta recette ?
Jibé : L’alcool et le crack. Mais surtout les pauses ménagées entre les saisons, qui peuvent s’étendre jusqu’à 6 mois. Au début, j’ai écrit au jour le jour, jusqu’à ce que je me rende compte que ce n’était pas viable à long terme d’écrire une bédé comme cela.
Sans emploi n’est pas à proprement parler un blog bédé, mais plutôt un webcomic… même si dans mon cas, la frontière est floue, surtout dans les débuts. Quoi qu’il en soit, Sans emploi me demandait tout de même un effort d’imagination et de scénarisation sur le moyen terme, chose que je n’aurais probablement pas eu à faire si je m’étais contenté de raconter que j’avais mangé une pomme (75% des blogs bédé).
Du coup, pour les saisons suivantes, j’ai pris une grande feuille et écrit les grandes étapes de la saison à venir. Et plus ça va, plus j’écris à l’avance. Au début de la saison 4, j’avais jusqu’à deux semaines d’avance sur la parution… avance qui a fondu comme neige au soleil, mais j’essaie de garder le rythme, ce qui n’est pas évident. Cela se voit quand j’ai moins d’inspiration, mais c’est la règle du jeu.
IDDBD : Toi qui viens de la « blogosphère », penses-tu que pour les jeunes auteurs les blogs BD soient une (voire l’unique) solution pour sortir du flot ?
Jibé : Avant même la blogosphère, je viens du fanzinat. J’ai participé à tout un tas de publications, il y a quelques années de ça, lorsque j’étais encore jeune et chevelu. Le système fanzinat a, sinon vécu, au moins prit un sérieux coup dans l’aile, avec l’apparition des blogs bédé. C’était encore un système plus ou moins efficace pour se faire un nom dans le cercle fermé des initiés, et peut-être prétendre à une place d’auteur chez un éditeur. Le blog bédé a un peu remplacé ce système, en facilitant la parution de jeunes auteurs. Finis les coûts de production, plus de factures de reprographe hallucinantes, plus de distribution confidentielle par correspondance ou en convention : le web a libéré le fanzinat de ses plus lourds travers. Le blog bédé est une vitrine parfaite, et en ce sens, ça peut permettre à certains de sortir du lot. D’ailleurs, à lire certains sites, c’est même le but premier.
D’une manière générale, ce que je trouve génial, c’est que le gus de 16 ans qui pond des mangasses sera logé à la même enseigne que Maester, par exemple. La république des blogs à cela de formidable qu’elle met
tous les auteurs sur un pied d’égalité, qui plus est directement en face de leur public. Pas de tête de gondole, pas de tirage collector, pas de réseau de distribution inégaux, juste une URL. Au final, les plus populaires sont presque ceux qui le méritent le plus, parce qu’ils combinent tout un tas de paramètres comme un graphisme alléchant, une bonne cadence de parution, une constance dans la qualité de la production et un minimum de contact avec son public. C’est vraiment pas évident de mener tout cela de front, l’exercice est probablement plus difficile de faire un excellent blog bédé qu’une bédé tout court.
IDDBD : Quelle est l’actualité et le futur de Sans Emploi ?
Jibé : L’actualité de Sans emploi, c’est la saison 4 encore en cours. Ça représente pas mal de boulot, mine de rien, parce que j’ai décidé de ne plus trop dessiner Sans emploi à l’arrache. Suffit de comparer les premières saisons à l’actuelle. Je prends plus de temps pour soigner l’aspect graphique de la chose, j’espère ne pas trop dénaturer ni renier l’esprit des débuts.
Pour le futur, la saison 5 est déjà écrite. Elle reprendra la même forme que la saison 3, à savoir un récit complet, plus conventionnel qu’une série de strip. Elle est censé boucler un cycle. Et encore plus loin, il y aurait une éventuelle saison 6 à laquelle j’ai commencé à réfléchir sérieusement. Il y aura probablement pas mal de changements à cette occasion, sur le fond et dans la forme.
Je viens de me rendre compte que ça fait très sérieux et planifié tout ça. Le plus dur est de garder l’aspect spontané, je suppose…
IDDBD : Et pour toi ? Du boulot ? (bon je sais elle est facile). Bref, des souhaits ou des projets secrets à dévoiler ?
Jibé : Du boulot oui, j’en ai. D’ailleurs, ça n’arrête pas d’étonner les gens qui me posent la question. Certains n’ont pas fait le distingo entre l’auteur et la bédé, mais c’est le lot des blogs bédé, j’imagine. Comme je l’ai dit plus haut, Sans emploi est plus un webcomic, et même si certaines situations ou personnages sont véridiques, cela reste romancé et scénarisé…
Des souhaits et des projets, j’en ai plein, mais j’ai l’impression qu’à force d’en parler, rien ne se passe. Motus, donc. Et je ne suis pas superstitieux. Ca porte malheur.
IDDBD : Pour finir, et comme on aime bien donner notre avis, quel(s) album(s) nous conseilles-tu en ce moment ?
Jibé : Le masque tombe : je ne lis pas beaucoup de bédé. On pourra reprendre les séries des auteurs que j’ai cité, dont leurs nouveautés, mais je n’ai pas de vision sur l’actualité… reste que je lis un bon paquet de blog bédé, par le truchement de blogsbd.fr, que ces derniers mois j’ai bien aimé Catsby, le dernier Combat Ordinaire de Larcenet, les vieux Sattouf dont le Retour au Collège, les rééditions de HK (même si le dernier date un peu… tu fous quoi Trantkat ?), les premiers Monsieur Jean et De Gaulle à la plage de Ferri (un des rares génie du strip français).
IDDBD : Merci pour tes réponses
Jibé : Merci pour tes questions !
Bon, un gars qui prend comme références Matt Groening, Franquin et qui considère Jean-Yves Ferri comme un génie (on est bien d'accord) ne peut pas être foncièrement mauvais, non ? En tout cas, merci encore pour cette interview et bon courage pour les saisons 5, 6 etc...
Bonus musical : un petit Didier Super ?
vendredi 14 mars 2008
Talentueux oisif ! - Part 1
Sans emploi : la bédé nihiliste de Jibé (www.sansemploi.com)
Je ne me souviens plus très bien quand et comment je suis arrivé sur le site de Jibé. Sans doute au détour de quelques flux RSS de BlogsBD.fr ou par je ne sais quel lien d’un quelconque forum. Ceci étant, les bonnes surprises arrivant quand on s’y attend le moins, c’est avec bonheur que j’ai commencé à lire Sans Emploi. Déjà la forme, gags en strips de 4 cases, a tendance à m’attirer, mais en plus, ce qui n’est pas toujours le cas dans les blogs BD, le contenu valait bien la peine de s’y arrêter.
Car, Sans Emploi est une chronique sociale de la solitude de l’homme moderne face à son errance dans le monde socioprofessionnel… Euh… En fait, Constantin galère pour trouver un job et forcément pour le reste aussi. En même temps, le dit héros, ou plutôt anti-héros, a sa dose de paresse, de lâcheté, de mauvaise foi mais aussi d’humour.
Un humour faisant immédiatement mouche. Car Jibé, au travers de ces petits gags quotidiens de 4 cases, (avec parfois des choses plus longues) sait souligner les petits travers de chacun, en particulier celui de son personnage, et surtout rit des grands maux de notre époque. Aidé par une galerie de personnages tous plus représentatifs les uns que les autres, Constantin est un anti-héros à la fois attachant et énervant. Au bout du compte, le talent de Jibé nous rappelle que l'on peut (et doit) rire de tout et surtout de ses problèmes. Comme dit l'adage : "Béni celui qui sait se moquer de lui-même car il aura souvent l'occasion de rire". Ça s'applique plutôt bien à Sans emploi.![]()
Bref, si comme moi vous aimez le format strip allié à un humour cynique et décalé, courez voir Sans emploi. Et demain, vous pourrez lire les réponses de Jibé à nos petites questions auxquelles il a eu la gentillesse de répondre.
A voir : le site Sans emploi
jeudi 13 mars 2008
Flor de Luna - Tome 1 : Santa Maria Cristina (scénario de Pierre Boisserie et Eric Stalner, dessin de Eric Lambert et Eric Stalner, couleurs de Bruno Pradelle et Remy Langlois, éditions Glénat)
Si "fumer tue" (comme me l'affirme tous les jours mon sale paquet de clopes...), se lancer dans la culture du tabac ou l'importation de cigare peut être tout aussi dangereux. C'est ce que vont expérimenter - de nos jours, en Suisse - Charles Porter, le dernier nabab du cigare, et Antoine Chatel, son secrétaire particulier. Alors que le premier gît, assassiné sur son lit de mort, le second recherche un objet extrêmement précieux qui, une fois trouvé, l'entraînera, et nous avec, jusqu'en avril 1825, sur les traces de Diego Antonio Castellano, un aventurier espagnol parti à Cuba planter du tabac...
Quel rapport entre ces personnages qu'un océan et presque deux siècles séparent ? Apparemment, le commerce du cigare... Mais ce premier tome de Flor de Luna (du nom d'un célèbre cigare) se garde bien de nous en dire plus après nous avoir donné l'eau à la bouche sans discontinuer pendant 48 pages.
Voilà un thriller original sur un thème peu (ou pas ?) traité en BD. Le premier tome est excellent à tout point de vue (impeccables rythme du scénario et dessin conconctés par les auteurs de la série Voyageur) et ne pourra que vous combler si vous aimez les polars, l'aventure, l'histoire... et (accessoirement) les bons cigares. Flor de Luna est une série à suivre, incontestablement. Et qui devrait mériter, si la tendance se confirme dans les prochains tomes, un "Recommandé par IDDBD"...
A lire et à voir : la fiche album de Flor de Luna sur le site de Glénat, où vous pourrez découvrir les cinq premières planches
A lire : l'excellente critique de Sbuoro sur le tout aussi excellent site sceneario.com
mercredi 12 mars 2008
Une artiste à avoir à l'oeil...
L’œil lumineux et autres histoires (scénario et dessin de Sandrine Martin, éditions Actes Sud-L’An 2, 2008)
Honnêtement, je ne suis pas spécialement fan de surréalisme. Je ne me suis pas fait tatouer le nom d’André Breton sur l’épaule et Dali reste pour un excellent peintre dont le message m’échappe un peu (et là, j’entends le vent de réprobation qui vous envahit au moment où vous lisez cette phrase iconoclaste…).
C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai poursuivi la lecture de L’œil lumineux et autres histoires après que la première des quatre histoires qui composent l’album de Sandrine Martin vire soudainement au surréalisme le plus échevelé. Heureusement, mes appréhensions devaient être rapidement balayées par le souffle poétique qui évite à L’œil lumineux et autres histoires de sombrer dans le délire narcissique de certains jeunes auteurs autocentrés (si, si, il en existe…). Ses histoires partent certes du quotidien auquel nous pouvons tous nous raccrocher, mais elles dérivent peu à peu vers un monde poétique et sentimental auquel on ne peut rester insensible.
A sa manière très imagée (surtout pour le propos, le dessin restant lui très minimaliste…), Sandrine Martin nous parle d’amour, de manque, de solitude, du sentiment de perte d’un être cher… Et c’est certainement son histoire Les plantations qui m’a personnellement le plus touché. Elle y retrouve, dans une sorte de rêve éveillé, son grand-père décédé depuis peu qui l’entraîne dans son enfance à lui et partage avec elle des choses qu’ils n’ont pas sues ou pues se dire de son vivant. Cette histoire simple (en apparence) est tout bonnement bouleversante… et témoigne d’une maturité et d’une sensibilité qui présage bien des albums que nous livrera Sandrine Martin à l’avenir.
Pour sa part, IDDBD suivra de près le devenir de cette jeune artiste que vous aurez tout intérêt à découvrir dès à présent…
A lire : la fiche album et quelques extraits sur le site des éditions de L’An 2
A visiter : le site de Sandrine Martin
A lire : la bio de Sandrine Martin sur le site de la Maison des Auteurs d’Angoulême
lundi 10 mars 2008
Une petite paranthèse dans les sorties du mois de mars (qui reviendront de manière un peu erratique pour cause d'emploi du temps surchargé...) : l'interview de Nathalie Meulemans, fondatrice de l'excellente maison d'édition Les Enfants Rouges. C'est sur le tout aussi excellent site du9.org... C'est donc tout simplement excellent !

J'en profite tout de même pour vous signaler la sortie de quelques albums siglés Les Enfants Rouges dans les prochains mois. J'ai ainsi repéré le deuxième tome de Frères d'âmes (de Dan Nemeth et Rod) qui devrait arriver dans vos bacs en mai 2008. Il y a aussi Salt Pit (de Sasha et François Vataux), prévu pour août 2008 (patience, patience...). Sans oublier Je suis très déçue par ton attitude (de David Snug) dont la sortie est programmée en octobre 2008 (qui vient de parler de patience ?)... Le tout (plus les pitchs) est visible sur le site des Enfants Rouges.
dimanche 9 mars 2008
Sorties de mars (part I)
IDDBD a sélectionné pour vous quelques sorties du mois de mars (1ère partie)
Casterman
La société Socrate (de Yves Leclercq et Stéphane Heurteau , collection Lautremer)
Début des années 30. Sur une île au large de l’Irlande, une jeune femme, Marcia, apprend de son père adoptif mourant le secret de ses origines. Vingt ans auparavant, par une nuit d’orage, un homme l’a abandonnée, bébé, à un couple de pêcheurs, avec une forte somme d’argent. L’homme avait l’air à demi-fou. Il avait cloué le corps d’une jeune femme morte à la proue de son yacht, la Dulcibella.
Fascinée par l’énigme de cet homme qu’elle suppose être son père, Marcia se lance à la recherche de la Dulcibella. Elle ne sait pas encore que, ce faisant, elle s’apprête à exhumer de très dangereux secrets, engloutis au fond de la mer depuis quelque 2000 ans...
A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman
War and Dreams - Tome 2 : Le code Enigma (de Maryse Charles et Jean-François Charles )
Sur la côte d’Opale, dans un village situé entre les deux caps, quatre hommes se penchent sur leur passé. Un passé aux couleurs de la guerre. 1941, Le Caire. Archie, officier anglais des services de renseignements, a pour mission de tenter de déchiffrer le Code Enigma, réputé impénétrable, qui sert à crypter toutes les communications des forces de l’Allemagne nazie… Ces souvenirs s’entremêlent avec ceux d’Erwin, l’Allemand. Il est à la recherche d’Opale, une jeune Française un peu sauvage qui ramassait des coquillages sur la plage. Il y a aussi Joe, l’Américain, accompagné de son petit-fils, venu pour un ultime pèlerinage. Et puis enfin Julien, le Français, narrateur de ce récit. Destins croisés d’hommes et de femmes jetés dans la tourmente… Peut-on pardonner, oublier les années de souffrances et souvent de trahisons ? L’amour est-il plus fort que la guerre ?
A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman
A (re)lire : la chronique, sur IDDBD, du 1er tome de cette superbe série
La Guilde - Tome 2 : Lucius (de Miroslav Dragan et Oscar Martin )
Astraban avait tout pour vivre heureux : il était proche de Lydia, celle qu’il aime, il avait gagné la confiance du Seigneur Braezel, le parrain local, la Cité le respectait. Pourtant, par jalousie, il perd tout en oubliant la mission que son maître lui avait confiée ! Sur fond de paris sportifs, de dopage, et d’élections municipales, Astraban découvre la face cachée de la cité, celle des mendiants, des coupe-jarrets, des alchimistes clandestins. Heureusement, le jeune loup peut compter sur l’aide de la séduisante Agapée. À deux, ils tenteront de se refaire une place au soleil, en aidant un mystérieux dragon. Suite des aventures du jeune et fougueux Astraban, narrées sur un train d’enfer par Miroslav Dragan, avec en contrepoint les images formidablement toniques d’Oscar Martín. Irrésistible.
A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman
A (re)lire : la chronique, sur IDDBD, du 1er tome de cette très belle série
Très vite, la suite des sorties...


