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Perdus dans la jungle de la bd ? IDDBD, le blog bd qui vous aide a vous y retrouver. IDDBD, c'est une chronique quotidienne sur le meilleur de la bd.

lundi 10 mars 2008

du9L'info du jour

freres_d_ames2Une petite paranthèse dans les sorties du mois de mars (qui reviendront de manière un peu erratique pour cause d'emploi du temps surchargé...) : l'interview de Nathalie Meulemans, fondatrice de l'excellente maison d'édition Les Enfants Rouges. C'est sur le tout aussi excellent site du9.org... C'est donc tout simplement excellent !

salt_pitdecuJ'en profite tout de même pour vous signaler la sortie de quelques albums siglés Les Enfants Rouges dans les prochains mois. J'ai ainsi repéré le deuxième tome de Frères d'âmes (de Dan Nemeth et Rod) qui devrait arriver dans vos bacs en mai 2008. Il y a aussi Salt Pit (de Sasha et François Vataux), prévu pour août 2008 (patience, patience...). Sans oublier Je suis très déçue par ton attitude (de David Snug) dont la sortie est programmée en octobre 2008 (qui vient de parler de patience ?)... Le tout (plus les pitchs) est visible sur le site des Enfants Rouges.

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dimanche 9 mars 2008

Sorties de mars (part I)

9782203005587IDDBD a sélectionné pour vous quelques sorties du mois de mars (1ère partie)

Casterman

9782203005587_pb1La société Socrate (de  Yves Leclercq et Stéphane Heurteau , collection Lautremer)

Début des années 30. Sur une île au large de l’Irlande, une jeune femme, Marcia, apprend de son père adoptif mourant le secret de ses origines. Vingt ans auparavant, par une nuit d’orage, un homme l’a abandonnée, bébé, à un couple de pêcheurs, avec une forte somme d’argent. L’homme avait l’air à demi-fou. Il avait cloué le corps d’une jeune femme morte à la proue de son yacht, la Dulcibella.

Fascinée par l’énigme de cet homme qu’elle suppose être son père, Marcia se lance à la recherche de la Dulcibella. Elle ne sait pas encore que, ce faisant, elle s’apprête à exhumer de très dangereux secrets, engloutis au fond de la mer depuis quelque 2000 ans...

A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman

9782203008168War and Dreams - Tome 2 : Le code Enigma (de  Maryse Charles et Jean-François Charles )

Sur la côte d’Opale, dans un village situé entre les deux caps, quatre hommes se penchent sur leur passé. Un passé aux couleurs de la guerre. 1941, Le Caire. Archie, officier anglais des services de renseignements, a pour mission de tenter de déchiffrer le Code Enigma, réputé impénétrable, qui sert à crypter toutes les communications des forces de l’Allemagne nazie… Ces souvenirs s’entremêlent avec ceux d’Erwin, l’Allemand. Il est à la recherche d’Opale, une jeune Française un peu sauvage qui ramassait des coquillages sur la plage. Il y a aussi Joe, l’Américain, accompagné de son petit-fils, venu pour un ultime pèlerinage. Et puis enfin Julien, le Français, narrateur de ce récit. Destins croisés d’hommes et de femmes jetés dans la tourmente… Peut-on pardonner, oublier les années de souffrances et souvent de trahisons ? L’amour est-il plus fort que la guerre ?

A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman

A (re)lire : la chronique, sur IDDBD, du 1er tome de cette superbe série

9782203398139La Guilde - Tome 2 : Lucius (de  Miroslav Dragan et Oscar Martin )

Astraban avait tout pour vivre heureux : il était proche de Lydia, celle qu’il aime, il avait gagné la confiance du Seigneur Braezel, le parrain local, la Cité le respectait. Pourtant, par jalousie, il perd tout en oubliant la mission que son maître lui avait confiée ! Sur fond de paris sportifs, de dopage, et d’élections municipales, Astraban découvre la face cachée de la cité, celle des mendiants, des coupe-jarrets, des alchimistes clandestins. Heureusement, le jeune loup peut compter sur l’aide de la séduisante Agapée. À deux, ils tenteront de se refaire une place au soleil, en aidant un mystérieux dragon. Suite des aventures du jeune et fougueux Astraban, narrées sur un train d’enfer par Miroslav Dragan, avec en contrepoint les images formidablement toniques d’Oscar Martín. Irrésistible.

A découvrir : la fiche album sur le site des éditions Casterman

A (re)lire : la chronique, sur IDDBD, du 1er tome de cette très belle série

Très vite, la suite des sorties...

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samedi 8 mars 2008

Legend

martha_jane_canaryMartha Jane Canary. Tome 1 : les années 1852-1869 ( scénario de Christian Perrissin, dessins de Matthieu Blanchin, Futuropolis)
labelIDDBD
Pour la majorité d’entre vous le nom de Martha Jane Canary n’évoque rien. Rassurez-vous, pour moi non plus ! En tout cas, pas avant de lire cet album consacré à l’une, si ce n’est LA légende féminine du far west, alias la bien-surnomée Calamity Jane.

C’est donc en véritable Candide que je partais sur les traces de la dame en ne connaissant d’elle qu’un nom et ayant en tête la couverture d’un album de Lucky Luke, c’est dire mon niveau de méconnaissance. Contrairement à Mike, qui est LE spécialiste du western, c’est un genre que je connais peu. Bref, tout ça pour vous dire que je commençais ma lecture de cette biographie romancée de 125 pages sans appréhension, avec, si j’ose dire, le regard d’un nouveau né (et je m’y connais en ce moment).

Dès les premières pages, on constate le sérieux de l’entreprise : citations des sources, rappels historiques, précisions sur les nombreux points d’interrogation et les périodes imaginées par les auteurs, bref honnêteté. En y ajoutant une préface de David B. on se dit que l’on ne va perdre forcément notre temps. Puis commence le récit proprement dit, les premières années. Martha Jane Canary, première d’une famille de 6 enfants, parents miséreux tentant leur chance dans la conquête de l’Ouest. Martha Jane Canary devenue à 15 ans la chef de famille après le décès de ses parents, élevant seule ses frères et ses sœurs. Puis vint l’instant du choix, quand la route se divise en deux, la froide réalité : se vendre ou mourir. Martha Jane Canary choisit la 3e voie, celle de la rébellion, et s’engage sur le chemin qui fera d’elle une légende.martha_jane_canary_plancge

Mais ce n’est que le début de l’aventure, car c’est bien d’aventure dont il est question ici. Et cette
aventurière est hors du commun, courageuse, extraordinairement rêveuse et généreuse. La future Calamity Jane apparaît comme un personnage étonnement complexe. On tombe rapidement en admiration devant ce personnage dur et tendre, obstiné et fragile. Cette femme dans un monde d’homme me fait penser dans une moindre mesure à George Sand, autre femme de caractère contemporaine de notre héroïne.

A travers le trait "nouvelle BD" (entre Sfar et Blain) de Matthieu Blanchin et l’écriture de Christian Perrissin, on devine la tendresse des deux auteurs pour Martha Jane. De mon côté j’ai lu avec déléctation cette histoire. On y retrouve avec émotion le souffle épique accompagnant la naissance des légendes. Tout simplement bon… en attendant la suite.

A lire : La biographie de Calamity Jane sur Wikipédia
A découvrir : le très beau site de Matthieu Blanchin

Bonus musical : Ennio Morricone à la sauce The Pogues...

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vendredi 7 mars 2008

Bouquet de nouvelles

bouquetfleursrougesUn bouquet de fleurs rouges (scénario et dessins de Rumiko Takahashi, Tonkam)

Voici un manga original, non pas pour son style graphique ou narratif mais pour ses héros. En effet, le quadra-quinquagénaire japonais est rarement le personnage principal des mangas contemporains. A part l’incontournable Taniguchi (mangaka à part dans l'édition actuelle) dans Le journal de mon père ou dans Quartier lointain, on a rarement l’occasion de voir traiter les états d’âmes de cette population.

Avec Rumiko Takahashi et son recueil de 6 nouvelles, Taniguchi se sentira moins esseulé au milieu des samouraïs, ninjas, rockeurs, pâtissiers ou joueurs de go sortant à peine du lycée. Avec ces 6 tranches de vie, elle tente de dresser le portrait d’une génération déchiré entre la modernité et les valeurs traditionnelles, entre son travail et sa famille, entre ses obligations et ses aspirations.

J’ai particulièrement apprécié la nouvelle éponyme de l’album. Un bouquet de fleurs rouges est le récit d’un homme mort assistant à son propre enterrement. Il observe donc les réactions de ses amis, sa famille et surtout celles de sa femme et de son fils. Assez révélatrice de l’état d’esprit du japon, enfin celles qui nous apparait à nous occidentaux par le prisme du manga, cette histoire est particulièrement touchante et humaine. Si il doit en rester une ce serait cette dernière même si toutes sont dignes d’intérêt.

Avec Le chien de mon patron et La tragédie de P, Rumiko Takahashi signe ici le 3e opus de ses Rumic Theater, des recueils de nouvelles regroupées par thématiques. Adulée pour des séries comme Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) ou Ranma 1/2 adaptée dans des anime à succès (la génération Dorothée doit connaître), Rumiko Takahashi signe ici un album léger et tendre, parfois triste ou mélancolique. Elle prouve ainsi que l’on peut être sur le tableau du grand public mais aussi de l’intime. En tout cas, elle donne une belle analyse des mœurs et des pensées de sa génération. Bravo !

A découvrir :
Un site de fan consacré à l’œuvre de Rumiko Takahashi

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jeudi 6 mars 2008

Aaaahhh ! La vache d'album...

couv_NorbertNorbert le mouton (scénario et dessin de Gary Northfield, éditions Actes Sud-L’An 2, 2008)

Vous souvenez-vous du roman de George Orwell, La ferme des animaux ? Mais si voyons, cette critique politique (contre tous les totalitarismes mais surtout contre le stalinisme…) écrite en 1945 sous la forme d’une fable moderne ! Menés par les cochons de la ferme, tous les animaux se libéraient du joug des hommes et choisissaient de suivre leur propre destin. Jusqu’à ce que la tyrannie des cochons remplace celle des hommes… Ca y est ? Vous vous souvenez maintenant ?

norbert_18Et bien sachez que l’histoire (ou plutôt les histoires) de Norbert le mouton est aux antipodes de celle de La ferme des animaux (ça c’est de l’intro…) ! Certes, dans les deux cas, les animaux sont doués de parole et d’intelligence humaines. Dans les deux cas également, il s’agit d’animaux de la ferme. Mais la comparaison s’arrête là ! Au sérieux et à la critique sociale de George Orwell, Gary Northfield répond par l’humour omniprésent et la légèreté du propos. Son Norbert le mouton n’a d’autre velléité que celle de nous faire rire de ses co… bêtises !

norbert_21Et ça, les bêtises, les bourdes, les gaffes, les boulettes, Norbert le mouton les accumule à toutes les pages. Pour notre plus grand bonheur et pour le vôtre bientôt ! Personnellement, j’ai adoré la compétition de luge entre tous les animaux du paysan Jack (et surtout ensuite la reconstruction de la grange…) ou la rencontre de Norbert le mouton avec un écureuil téléphage que n’aurait pas renié le grand Tex Avery… Sans oublier la bande de seconds rôles qui gravite autour de Norbert !

Allez, adieu veaux, vaches, cochons, et bienvenu à Norbert le mouton ! Ce nouveau venu dans le paysage humoristique de la BD est un grand bonheur (qui comme chacun sait, est dans le pré !)…

A lire : la fiche album et quelques extraits de Norbert le mouton sur le site des éditions L'An 2

A visiter : le site de Gary Northfield

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mercredi 5 mars 2008

700ème chronique d'IDDBD !

8508Le combat ordinaire - Tome 4 : Planter des clous (scénario et dessin de Manu Larcenet, éditions Dargaud, 2008)

recommandeDans sa première chronique consacrée à la série Le combat ordinaire, IDDBD parlait d'une oeuvre tout à la fois humaniste, émouvante, tendre, sensible, grave, drôle, attachante, rageuse, désespérée... Comme la vie, quoi... Au quatrième et dernier tome (et oui, tout a une fin...), intitulé Planter des clous, ses adjectifs conviennent encore plus que jamais pour décrire Le combat ordinaire.

Marco, le héros, a grandi, passant d'un état de post-adolescent à celui d'homme au travers d'épreuves (ses crises d'angoisse, la mort de son père notamment) et d'expériences sentimentales nouvelles (l'amour, la paternité). Et ce qui aurait pu n'être qu'une série certes intimiste mais nombriliste - devient, sous le crayon (talent), le cerveau (intelligence) et le coeur (émotion) de Manu Larcenet, une description magnifique de ce qui nous fait "humain". Chacun de nous peut se retrouver à un titre ou à un autre dans Marco ou l'un des personnages qui l'entoure.

lco_1Cette universalité, c'est la marque des grandes oeuvres d'art. Le combat ordinaire est une grande et magnifique oeuvre d'art. Quant à Manu Larcenet, il est un grand et magnifique artiste...

Le quatrième tome du Combat ordinaire sera dans vos bacs le 7 mars...

A visiter (en attendant de lire le quatrième tome du Combat ordinaire) : le (très beau) site de Manu Larcenet

A lire : la fiche album sur le site Dargaud, ou vous pourrez découvrir 5 planches

A lire : l'interview de Manu Larcenet dans le magazine Avant-Première (éditions Dargaud)

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mardi 4 mars 2008

Message personnel...

13237763Bienvenue à Lily-Jeanne !

18794694On a pas trop l'habitude des messages personnels sur IDDBD... et c'est dommage ! Non parce que quand le papa partage le même prénom (d'artiste) que l'auteur de Les leçons du nourrisson savant, que la maman a étrangement le même prénom que la coloriste de la série Lincoln et que leur première petite fille s'appelle comme l'héroïne de la série Romuald & Clémentine, ce serait dommage de ne pas souhaiter la bienvenue en ce monde à Lily-Jeanne, magnifique petite fille née tout juste hier !

lincolnaffEt comme il ne vous aura pas échappé que le prénom de Lily-Jeanne est composé de ceux des héroïnes d'un album que son papa considère comme un petit chef d'oeuvre (et il n'est pas le seul le bougre !), le lien avec la BD et donc IDDBD est tout trouvé !

Rom03Encore toutes nos félicitations à David et Anne-Claire, ainsi qu'à la désormais grande soeur, Clémentine ! Et bienvenue à Lily-Jeanne !

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Talent humain brut

hommesanstalent_21012004L'homme sans talent (scénario et dessin de Yoshiharu Tsuge, traduction et adaptation graphique de Kaoru Sekizumi et Frédéric Boilet, éditions Ego comme X, 2004)

recommandeL'homme sans talent, c'est du Jîro Taniguchi pour le rythme de l'histoire et les déambulations de son anti-héros, mâtiné de Steinbeck période Tendre Jeudi et Rue de la Sardine pour la poisse sociale qui s'accroche aux personnages comme la misère au prolétariat, avec une touche de Raymond Carver pour les sentiments intérieurs du héros et ses rapports avec son épouse aigrie. L'homme sans talent, c'est tout le talent de romancier et de dessinateur de Yoshiharu Tsuge en un manga one-shot magnifique, sublime, époustouflant !

Cette parenté avec Steinbeck et Carver, Yoshiharu Tsuge la puise dans son histoire, faite de galère et de misère avant de se lancer dans la bande dessinée. Il en a gardé une humanité et une tendresse pour son personnage absolument bouleversante...

talent01Le récit s'ouvre sur ce personnage précisément, L'homme sans talent. Il vient de se tranformer en vendeur de cailloux au bord d'une rivière qui en recèle des millions, tous plus banals les uns que les autres. Avant ça, il a été vendeur d'appareils photos d'occasion, brocanteur et, encore avant, dessinateur de BD. Mais rien n'a marché. Ou plus exactement, depuis qu'il n'a plus eu la force morale de sacrifier son art du dessin aux impératifs économiques du monde de l'édition, la malchance lui est définitivement tombé dessus.

hommesanstalentpl_1Pourtant il était bon en dessin, L'homme sans talent. Certains de ces vieux albums se revendent d'ailleurs à prix d'or. Certains fans sont prêts à payer très cher des dessins originaux. Mais si l'homme n'a pas de talent, c'est surtout pour s'adapter à la vie telle qu'on attend de lui qu'il la mène. A commencer par son épouse, terre à terre, pragmatique, totalement imperméable à ses états d'âme d'artiste.

Lui, il flotte. Il se laisse aller, de tentatives vaines en tentatives inutiles et stériles. Bien sûr, aux yeux de tous, il est L'homme sans talent... A nos yeux, il est tout simplement sublime de fragile humanité, incarnant à lui seul, discrètement, le refus d'être le rouage supplémentaire dans l'immense machine esclavagiste de l'économique mondiale. Sans cri de révolte. Sans violence.

Sans talent peut-être. Mais d'abord un homme.

A savoir : né en 1937, orphelin de père, élevé seul par sa mère, Yoshiharu Tsuge doit travailler dès sa sortie de l'école primaire comme distributeur de journaux ou vendeur de nouilles. Il ne se lance en tant que dessinateur qu'en 1965, pour le magazine 'Garo', dont la vocation est clairement expérimentale. Imposant un style personnel (cadrage serré des personnages sur des sites ordinaires, faubourgs urbains ou villages isolés), le dessinateur est devenu au Japon un maître du manga d'auteur, intimiste et autobiographique. L'homme sans talent, publié en janvier 2004, a été nominé en 2005 pour le Prix du Meilleur Album au 32e Festival international de la BD d'Angoulême. Ce livre en français est, à ce jour, le seul ouvrage de Yoshiharu Tsuge publié hors du Japon (souces Wikipedia et Evene.fr).

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lundi 3 mars 2008

Retour au lagon bleu...

sept_pirates_couvSept pirates (scénario de Pascal Bertho, storyboard de Jérôme Lereculey, dessin et couleurs de Tim McBurnie, collection 7, éditions Delcourt, 2007)

Allez, ça faisait longtemps qu'IDDBD ne vous avait pas emmené au cinéma. Mais si, vous savez bien qu'on aime bien de temps en temps vous tirer par la manche, vous mettre votre plus beau pardessus et vous traîner jusqu'au cinoche du quartier, oui, celui du bas de la rue, pour la dernière séance... Ca nous rappelle les films de notre enfance, ceux qui commençaient par un lion rugissant et se terminait par les fameuses lettres THE END.

sept_pirates_1Sept pirates est de cette veine là, même si c'est une bande dessinée. Elle vous donnera l'impression que les lumières s'éteignent autours de vous, que les gorges finissent de se racler et que le papier du sac de bonbon va tout à coup arrêter de se froisser. Le générique démarre. Vous voilà au XVIIIème siècle sur une île déserte des Caraïbes en compagnie de trois Frères de la Côte qu'il vaut mieux avoir de ce côté de l'écran que calés dans les sièges alentours. Puis vous voilà propulsés dans une taverne anglaise où un jeune clerc de notaire cherche à recruter un équipage de marins éprouvés. L'aventure commence... Vous embarquez pour un voyage qui vous mènera à travers l'Atlantique à la recherche du fabuleux trésor de Flint. Pas celui de l'ïle au Trésor, qui a déjà trouvé preneur, mais le deuxième trésor de Flint. Ce sont les mêmes compagnons que ceux du roman de Stevenson que vous cotoierez à nouveau. Ils ont tous pris un peu de bouteille (certains au sens littéral du terme). Mais ils sont tous là : Jim, le docteur Livesey, Chien Noir, Gunn et les autres. Sept en tout si l'on compte le petit Bjorn. Sept pirates pour une fabuleuse aventure : le retour sur L'ïle au Trésor !

sept_pirates_2Mais le générique approche déjà, l'aventure se termine après de rebondissantes péripéties, les lettres THE END emplissent l'écran. Les lumières se rallument. Rien ne vous empêche de les éteindre à nouveau et de repartir en mer avec vos Sept pirates. Vous avez une chance inouïe : c'est de la BD...

Ecrire une suite à un monument de la littérature comme L'ïle au Trésor n'est pas chose aisée. Pascal Bertho ne s'en sort pas mal dans un style proche des productions cinématographiques américaines des années 50-60. Le Long John Silver de Xavier Dorison et Mathieu Lauffray s'en tire beaucoup mieux à mon avis, dans un style plus mûr et pour un public un peu plus âgé (quoique, quand on lit de la BD, l'âge...).

Mais comme dans Sept pirates, le dessin de Tim McBurnie est excellent et que le découpage de Jérôme Lereculey vaut vraiment le coup d'oeil, on se laissera facilement convaincre de passer une séance en compagnie de ces Sept pirates là... En tout cas, à IDDBD, on a fait une belle balade...

sept_pirates_3A lire : la fiche album sur le site des éditions Delcourt où vous pourrez voir et lire quelques planches

A lire (aussi) : la chronique d'Isaac le Pirate de Christophe Blain, celle de Long John Silver de Xavier Dorison, le projet Nouveaux Pirates de Lionel Richerand

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dimanche 2 mars 2008

Peace and love

bertenevLa Guerre du Professeur BertenevlabelIDDBD (scénario et dessins d’Alfonso Zapico, collection Blandice, éditions Paquet)

1855, guerre de Crimée. Léon Bertenev est un simple artilleur russe. Prit entre le feu anglais et la folie de son capitaine, il voit ses compagnons mourir un à un. Fuyant la bataille, il est arrêté par un cavalier anglais, le capitaine Townsend, fine fleur des armées de sa majesté la reine Victoria.

Prisonnier de guerre, Bertenev est condamné à une mort certaine car ses compatriotes ne vont pas tarder à lui faire payer sa désertion. Léon est toutefois bien plus qu’un simple soldat et grâce à la mansuétude du capitaine Townsend, il devient interprète auprès de ses ennemis et confident de son sauveur.

Devenu traitre à sa patrie mais resté un ennemi pour les anglais, le professeur Bertenev est un apatride jetant un regard douloureux mais sans haine sur un monde violent qui ne l’a pourtant pas épargné. La grande sensibilité et l’intelligence de ce personnage égaré au milieu de la guerre irradient l’ensemble de cet album.

Ce n’est pas une BD historique sur une guerre mais plutôt le récit de relations entre des êtres que le hasard a obligé à entrer en contact. Si tout les opposent (langues, principes, visions du monde) ce sont par de
zapico savoureux dialogues et/ou des situations extrêmes qu’ils vont peu à peu se découvrir.

Le jeune auteur espagnol Alfonso Zapico, 25 ans seulement, fait ici preuve d’une remarquable maitrise de son histoire. A l’image de son héros, il ne donne pas de leçon de vie et cherche toujours à montrer les différents points de vue d’une même situation. Au bout du compte vous voilà portés par un récit qui se déroule comme du papier à musique. Vous vous inquièterez pour ses héros et au bout du compte, vous vous attacherez.

Encore une fois, la collection Blandice des éditions Paquet offre un petit bijou. Après les albums de Renaud Dillies (Mélodie au crépuscule, Betty Blues) ou le très excellent Big Bill est mort (par Antunes et Taborda) voici une petite merveille sans prétention, intelligente, fine, et ne tombant pas dans un manichéisme facile. C'est excellent de bout en bout.

Tout ça méritait bien un petit label Recommandé.

A lire : linterview d’Alfonso Zapico sur le blog Bulle d’Encre. La transition avec l'info du jour est toute trouvée !

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