lundi 18 février 2008
L'Eveil... selon le dieu du manga
La vie de Bouddha - 8 tomes (scénario et dessins d'Osamu Tezuka, éditions Tonkam)
Prenez le dieu du manga, Osamu Tezuka, et confrontez-le (intellectuellement s'entend !) à l'un des personnages les plus brillants de l'histoire humaine, Bouddha. Que croyez-vous qu'il en résulte ? Tout simplement un manga en 8 volumes de près de 3000 pages pleine d'humour, de sagesse et d'humanisme !
Aux antipodes des ouvrages ésotériques, abscons ou tout simplement inaccessibles au commun des mortels occidentaux que nous sommes, Osamu Tezuka réussit l'exploit de nous passionner pour l'histoire du prince Siddhartha qui vécut au VIème siècle d'avant l'ère chrétienne au sud du Népal avant de devenir le Bouddha, l'Eveillé, que nous connaissons tous (au moins de nom), ainsi que des personnages qui ont marqué son destin, parfois même avant sa naissance (Tattha l'intouchable aux étranges pouvoirs, Chaprah l'esclave devenu guerrier, maître Asita et son disciple Naradatta... et bien d'autres).

Osamu Tezuka réussit également à nous initier à la pensée bouddhiste, en toute simplicité et avec humour (tant dans les situations que les dessins), en désacralisant ce que notre culture occidentale identifie comme sacré dès lors que l'on aborde le domaine de la spiritualité.
Car Osamu Tezuka ne s'encombre pas de tout ce cérémonial occidental : il nous raconte Bouddha et le bouddhisme comme s'il s'adressait à des enfants intelligents et malicieux. Ce qui est plutôt plaisant et flatteur pour nous lecteurs. Alors que certains "maîtres" essaient souvent d'en imposer par leur ton docte et pénétré (et je parle là pour tous les domaines, y compris la BD...), Osamu Tezuka - que la renommée aurait pu faire "enfler" - conserve une gentillesse, une simplicité et un respect de ses lecteurs qui font chaud au coeur tout au long de la lecture de cette série magnifique.
Et pour les plus hésitants, les 8 tomes de cette série magnifique auront l'avantage de leur faire (re)découvrir une culture, une philosophie et une religiosité ancrée dans l'humain (au sens noble du terme) et dans l'espoir de le voir s'améliorer...

Ah ! Et si l'on vous traite encore une fois de crétin bédéphile, vous pourrez (avec humour) balancer les 8 volumes de la vie de Bouddha à la figure de l'injurieux (heu... faudra quand même que je relise certains passages moi !)...
dimanche 17 février 2008
Lis March... ou crève !
Jours gris (scénario et dessins de Guillem March, éditions Paquet)
Vous ne le savez peut-être pas mais j'ai un peu de mal à dormir correctement depuis quelques années. Pourtant, travaillant dans le domaine des chiffres, je dois me concentrer toute la journée, ce qui n'est pas toujours facile quand vous venez de passer une nuit de chien. Dans la vie, j'ai une très belle femme à mes côtés et mon ascendance méditerranéenne fait que je suis un peu jaloux... Aussi, lorsque j'ai commencé à lire Jours gris, je peux vous dire que j'ai vraiment flippé et que je me suis cru la victime d'une machination montée de toute pièce par les éditions Paquet et Guillem March...
David, le protagoniste de Jours gris, partage avec moi un certain nombre de caractéristiques : il souffre d'apnées du sommeil qui pourrissent ces nuits et finissent par contaminer ses jours aussi. Il croit voir Maria, sa femme, le tromper dans une voiture inconnue, devant chez lui. Même s'il sait, au début, qu'il s'agit seulement d'hallucinations dues au manque de sommeil, il ne peut s'empêcher de devenir soupçonneux. Et lorsque les signes paraissent se multiplier et que les jours deviennent de plus en plus gris (vous savez, cet état entre la nuit et le jour...), il ne faudrait pas qu'une carabine lui tombe entre les mains...
L'artiste espagnol Guillem March possède non seulement un magnifique coup de crayon (allez voir son blog, c'est plutôt sympa... et encore, c'est un euphémisme ! Pour mémoire, c'est lui qui avait illustré la couverture de l'album collector de la collection Blandice des éditions Paquet), mais il se révèle également un scénariste de talent dans le one-shot Jour gris. Même si l'on se doute qu'un drame finira bien par survenir dans la vie de David et Maria, on n'imagine pas le dénouement jusqu'à la dernière page ! Un artiste complet, du grand art graphique, du supens... Jours gris de Guillem March est en tout cas l'assurance de ne pas fermer l'oeil lorsque le sommeil vous tire pr la manche...
Dans vos bacs le 22 février prochain...
A visiter : le blog de Guillem March où vous pourrez admirer ses contributions aux comics Marvel (notamment X-men) et à la revue espagnole Eros Comix...
A découvrir : 10 planches en avant premières proposées par les éditions Paquet (à partir du blog de Pierre Paquet)
samedi 16 février 2008
Talent durable déjà bien développé...
Alexandre Clérisse (le talentueux auteur du fabuleux Jazz Club, pour ceux qui l'auraient oublié...) est passé par IDDBD et nous a laissé un petit message pour nous signaler l'exposition GINKGO organisée par la bande d'auteurs de Café Creed dont IDDBD a déjà eu l'occasion de vous parler. Vue au FIBD 2008, cette superbe exposition entame sa tournée en France puis dans toute l'Europe (rien que ça les gars) !
Le thème fédérateur des 27 artistes (Mélanie Allag, Sébastien Arnal, Clément Baloup, Christophe Bataillon, Juliette Boulard, Laurent Bourlaud, Marine Blandin, Amandine Ciosi, Alexandre Clérisse, Mathilde Domecq, Gaëlle Duhazé, Vincent Estienne, Clémence Germain, Mayumi Jezewski, Elisa Laget, Ben Lecoq, Julie M, Moniri M’Baé, Marie de Monti, Tony Neveux, Patrice Cablat, Yohan Radomski, Mylène Rigaudie, Anne Simon, Tristoon, Guillaume Trouillard) qui participent à l'exposition GINKGO, c'est le développement durable expliqué aux "7-12" ans en 25 histoires muettes. Mais GINKGO, c'est aussi un livre, distribué par le Comptoir des Indépendants... A suivre de près donc !
A visiter : le blog de l'exposition GINKGO, pour tout savoir sur l'exposition elle-même et les artistes qui y participent ! Et en plus, si vous êtes curieux, vous pourrez déjà admirer quelques unes des oeuvres magnifiques de sens et de talent graphique réalisées par ces mêmes artistes ! Où ça ? Ben là tiens, et puis là aussi...
A savoir (avant d'aller voir l'expo et de se procurer le livre) : les deux planches illustrant cette Info du jour sont de Patrice Cablat et évoquent le tourisme... C'est juste intelligent et superbe...
vendredi 15 février 2008
Ouf ! Une nouvelle année du dragon !
L'année du dragon - intégrale N&B (scénario de François Duprat, dessin de Vanyda, éditions Carabas, 2008)
Comme dans la vie, il y a parfois des retournements de situation étranges dans le petit monde de la BD : Untel, qui vous avait laissé un souvenir assez déplaisant, vous apparaît aujourd'hui non seulement plus sympathique mais carrément amical... Et bien, j'éprouve le même sentiment après la lecture de L'année du dragon, dans sa version intégrale en noir et blanc, publiée au format manga par les éditions Carabas. Autant vous l'avouer, j'avais déjà croisé la route de cette BD, sous la forme d'un triptyque en couleur au format franco-belge. Et comme Untel, ces albums m'avaient laissé un souvenir assez déplaisant...
Or, miracle !, la publication en noir et blanc (avec en prime l'utilisation des textures chères aux mangas) et en version intégrale, change totalement le regard que je porte désormais sur l'oeuvre de Duprat et Vanyda. Je n'hésite pas aujourd'hui à lui décerner le label "petit bijou" dont IDDBD est l'inventeur et promoteur ! Comme quoi, les sentiments éprouvés à l'égard d'une BD tiennent parfois à peu de choses... Enfin, quand je dis peu de choses...
Au cas particulier, la forme désormais adopté par les éditions Carabas confère à L'année du dragon une proximité, une intimité avec le lecteur que le format franco-belge, trop grand, trop glacé, lui refusait obstinément. Aujourd'hui, on entre dans cette belle et attachante histoire initimiste, pleine de sentiments humains subtils comme les rapports au père, à la fratrie, à l'être désiré plus qu'aimé... Aujourd'hui, on s'approprie totalement l'histoire de Franck, ce jeune homme de 25 ans un peu paumé dans la vie, à la recherche de repères d'amour et de sens de vie. Ce qui paraissait artificiel, superficiel, dans la première édition, prend désormais de l'épaisseur, de la profondeur dans l'intégrale N & B. Dans cette version, L'année du dragon trouve véritablement son âme.
D'ailleurs, le dessin de Vanyda colle beaucoup mieux à cette version "manga" qui relève quasiment du roman graphique cher aux auteurs anglo-saxons qu'IDDBD encense dès qu'il le peut (Andy Watson, Seth). Le regard n'est désormais plus perturbé par les couleurs acides du triptyque initial et peut se concentrer sur le trait magnifique de Vanyda...
Merci aux éditions Carabas d'avoir sû donner non pas une seconde vie à cette oeuvre superbe mais la vie tout court... Histoire émouvante et dessin éblouissant : L'année du dragon est désormais un incontournable !
A lire : le pitch de l'album sur le site des éditions Carabas
jeudi 14 février 2008
Le Freaks, c'est chic...
Freaks of the Heartland (scénario de Steve Niles, dessin de Greg Ruth, éditions Semic, 2008)
Attention "petit bijou" en vue comme l'on dit ici ! Si IDDBD disposait d'un label de qualité, nul doute qu'il apposerait sur Freaks of the Heartland ! Ce one-shot, compilation de six épisodes initialement parus aux Etats-Unis chez Black Horse Books, est une petite merveille !
A commencer par l'objet lui-même. Comme pour Caligari (éditions Akileos), l'album est particulièrement classieux lorsqu'on l'a en main. Même les plus réfractaires à faire entrer de la BD dans leurs bibliothèques ne rechigneraient pas à y ranger Freaks of the Heartland. Et puis cette couverture à la silhouette découpée et aux deux plans superposés est tout simplement magnifique et très loin d'un simple effet marketing. Elle annonce le récit d'une manière tout à fait originale...
Le récit justement. On pourrait le classer dans le genre "horrific". C'est vrai. Mais ce serait à la fois un peu court et en définitive très réducteur.
Evidemment, Steve Niles - l'auteur du scénario de la BD 30 jours de nuit (récemment adaptée au cinéma) - fait appel à tous les poncifs du genre : un village isolé au coeur des Etats-Unis, un bled paumé que personne ne traverse et où les habitants - moins d'une dizaine de familles - sont assez peu enclin à vouloir développer le tourisme local...
Bien entendu, des êtres difformes sont cachés à la vue de passants éventuels, enfermés dans des granges, des caves ou d'autres lieux sombres et clos, à la fois craints et méprisés par les villageois de Gristlewood Valley.
Pourtant, ces êtres difformes appartiennent aux familles du village : ils sont leurs fils et leurs filles au même titre que les autres ! Quel secret, quelle folie a mené Gristlewood Valley à perdre son âme et son coeur de cette manière ? Et lorsqu'ils sentent que le poids de la culpabilité et de la peur vont pousser les villageois au meurtre, deux gamins "normaux", Trevor et Maguy, vont décider qu'il est temps de rendre leur liberté à ceux que leurs parents considèrent comme des monstres, les "freaks" de Gristlewood Valley...
Steve Niles réussi à doubler un récit palpitant d'une superbe histoire d'amitié, d'amour, de tolérance, et de dénonciation de l'intolérance humaine...
Quant au dessin de Greg Ruth, il est tout simplement sublime ! Le trait réaliste est retravaillé au couteau pour vous immerger totalement dans l'ambiance de l'histoire. Comme l'indique Greg Ruth à la fin de l'ouvrage dans les quelques pages de croquis commentés, il a travaillé et retravaillé ses personnages jusqu'à obtenir le casting idéal. De même pour les décors qui proviennent directement de la région du Massachusetts où il s'est établi avec sa femme et son jeune fils. Enfin, les couleurs sombres, parfois violentes complètent le tableau et vous prennent aux tripes aussi sûrement que l'histoire.
Bref, Freaks of the Heartland est un chef d'oeuvre aussi bien graphique que scénaristique à côté duquel vous ne pourrez pas passer !
A visiter : les sites officiels de Steve Niles et Greg Ruth
mardi 12 février 2008
De nombreux lecteurs occasionnels d'IDDBD viennent ici pour une seule et unique image ! Laquelle ? Celle qui illustre cette info du jour, pardi !
C'est déguelasse quand on voit le mal qu'on se donne pour publier le plus régulièrement possible des chroniques sur les albums qu'on a aimés !
Mais bon, pour les curieux, IDDBD vous propose deux autres planches extraites de l'album érotique de Régis Loisel : Troubles Fêtes...
Comme dirait le Professeur Sintès, dont les plus anciens lecteurs d'IDDBD se souviendront avec émotion (il intervenait tous les dimanches sur le blog pour donner sa vision des chroniques publiées dans la semaine...) :
"IDDBD se roule - avec complaisance semble-t-il - dans la fange de ses vices les plus inavouables, à commencer par celui de lire de la bande dessinée !"...
Peuh ! Même pas vrai !
A (re)lire : la chronique d'IDDBD consacrée à Troubles Fêtes, cette oeuvre atypique de Loisel, que l'on aime aussi (surtout !) pour Magasin Général, avec l'ami Tripp...
lundi 11 février 2008
La gloire de son père... le dessin de son fils !
Vacances à Saint-Prix (scénario de Chris Flamand, dessin de Julien Flamand, couleurs de Muriel Dutertre et Julien Flamand, éditions Akileos)
Quoi ? Est-il possible ? Un album d'Akileos qui n'est ni sombre, ni gothique, ni étrangement dérangeant ? Hé ! Il faut vous réveiller et ouvrir un peu les yeux ! Akileos n'est plus la petite maison d'édition underground publiant du 100 % "gore States" (l'a-t-elle jamais été d'ailleurs ???) ! Rappelez-vous tout de même : Les Baker, Louna et sa mère, c'est Akileos !
Bref, Vacances à Saint-Prix s'inscrit dans cette veine familiale, nostalgique, souriante mais avec quand même un "je ne sais quoi" de grinçant... En tout cas, si vous avez aimé Petit Polio de Farid Boudjellal, Les Baker de Lyle Baker ou Le retour à la terre de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, vous aimerez assurément Vacances à Saint-Prix.
Sous le crayon plein de promesses de son fils Julien, Chris Flamand nous raconte quelques épisodes (parfois un peu romancés) de son enfance, et plus particulièrement de ses vacances à la ferme... Ca commence dans les années 50 pour se terminer au début des années 60, et ce n'est pas triste !
Les conditions sont plutôt rustiques : on ne peut pas vraiment dire que ce soit le Club Med ! Et pourtant, Kiki et son petit frère Patou vont vivre des vacances inoubliables qui les marqueront pour la vie. Comme les "grands" qu'ils rencontreront lors de leurs séjours à Saint-Prix : d'abord Pépé Marius et Mémé Marie-Louise pour Kiki, puis Marcel et Odette, d'un genre un peu différent (sic), pour les deux frères... Et puis il y a la séparation d'avec les parents (vite oubliée !), le rythme et les découvertes de la vie campagnarde, les jeux, une petite voisine...
On sent derrière le récit léger la grande nostalgie de Chris "Kiki" Flamand pour cette période de sa vie, ce qui fait de Vacances à Saint-Prix un album particulièrement attachant. Surtout lorsque, même en étant né à la toute fin des années 60, on retrouve certains détails de sa propre enfance...
Houlà ! Pour ne pas sombrer dans la nostalgie larmoyante, vite : une mention spéciale aux très belles couleurs de Muriel Dutertre et de Julien Flamand (je ne sais pas qui fait quoi, mais le résultat est magnifique)... Pour un premier album, chapeau !
dimanche 10 février 2008
Nouveautés BD - Final Part
IDDBD a sélectionné pour vous les sorties du mois de février (fin)
Le Lombard
Ellis (de Latour et Griffo)
Et si, même pour vingt-quatre petites heures, vos plus beaux rêves pouvaient devenir réalités ? Seriez-vous prêt à payer le prix qu’exige le Marchand de Sable, être étrange capable de satisfaire un tel fantasme ? A cette question, beaucoup ont répondu par l’affirmative… Mais, parce que les rêves se transforment souvent en cauchemars et les cauchemars font souvent place aux abominations, l’agence Ellis veille au grain… Fut-il de sable ! Sebastien Latour et Griffo nous en révèlent un peu plus sur le travail de cette agence spécialisée dans l’onirisme. Et leurs planches somptueuses sont, elles, bien réelles !
Et si, même pour vingt-quatre petites heures, vos plus beaux rêves pouvaient devenir réalités ? Seriez-vous prêt à payer le prix qu’exige le Marchand de Sable, être étrange capable de satisfaire un tel fantasme ? A cette question, beaucoup ont répondu par l’affirmative… Mais, parce que les rêves se transforment souvent en cauchemars et les cauchemars font souvent place aux abominations, l’agence Ellis veille au grain… Fut-il de sable ! Sebastien Latour et Griffo nous en révèlent un peu plus sur le travail de cette agence spécialisée dans l’onirisme. Et leurs planches somptueuses sont, elles, bien réelles !
A voir : des extraits et des crayonnés sur le site des éditions Le Lombard
A visiter : le site de Griffo
Halloween Blues (de Mythic et Kas)
Résoudre une affaire d’enlèvement n’est jamais chose aisée. Mais, pour compliquer encore un peu la tâche, l’inspecteur Forester et ses collègues de New Salem devront commencer par identifier… la victime ! Laissant les policiers dans un flou total, une erreur postale a en effet permis à la lettre anonyme du kidnappeur d’atterrir sur un bureau du commissariat du comté. Heureusement, Forester a l’habitude des affaires au-delà de l’entendement: n’est-il pas harcelé par le fantôme de sa femme depuis l’assassinat jamais résolu de celle-ci… ?
Et aussi...
Les nouveautés des Humanos, des Rêveurs, de Soleil... De bien belles chroniques en perspectives tout ça !
samedi 9 février 2008
Nouveautés BD - Part III
IDDBD a sélectionné pour vous les sorties du mois de février (3ème partie)
Delcourt
Mafia Story 3. Murder Inc. (1/2) (de Chauvel et Le Saëc)
Brownsville, quartier du centre de Brooklyn. Depuis les années vingt, la criminalité y augmente de manière exponentielle, jusqu’à le faire accéder à une bien involontaire notoriété. Brownsville est devenu le domaine de la bande de tueurs la plus sanguinaire et la plus froidement inhumaine que la ville de New York ait jamais connue. Ce groupe est connu sous le nom de “Murder Inc.”.
Donjon Monsters 12. Le Grimoire de l'inventeur (de Sfar, Trondheim et Keramidas)
Le Vaucanson Grimoris, précieux grimoire recelant tous les secrets de fabrication des automates, a disparu ! Et s’il tombait en de mauvaises mains ? Le pire serait à craindre. Malheur, il a été justement dérobé par le redoutable Guillaume de la Cour. Ce dernier se dit prêt à vendre l’inestimable objet au plus offrant lors d’une vente aux enchères qui aura lieu au duché de Clérembart...
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Delcourt
A (re)lire : la chronique d'IDDBD sur la série Donjon Monter
Le Tour du monde en 80 jours, de Jules Verne 1 (de Loïc Dauvillier, Aude Soleilhac et Anne-Claire Jouvray)
À la suite d’un article affirmant qu’il est possible de faire le tour du monde en 80 jours, Phileas Fogg parie avec ses amis du Reform Club qu’il parviendra à effectuer cette performance. Le soir même, il se lance sur les routes en compagnie de son nouveau domestique, Passepartout. Mais le périple sera semé d’embûches, à commencer par un mandat d’arrestation lancé par l’agent Fix. Gageons que ce dernier ne parviendra pas à stopper cette formidable course contre la montre ...
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Delcourt
Arcane majeur 5. Lady Luck (de Jean-Pierre Pécaud et Damien)
Pandora, désormais joueuse indépendante, parcourt les États-Unis au volant de sa Cadillac et au son de Born to be wild, en quête de joueurs à dépouiller. Sa route croise alors celle d’un porte-poisse, un homme enchaîné et manipulé par le propriétaire d’un grand casino, le Lady Luck. Pandora décide de lui venir en aide et organise le casse du siècle !
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Delcourt
Glénat
Tanâtos - Tome 2 : Le jour du chaos (de Didier Convard et Jean-Yves Delitte)
Qui arrêtera le génie du mal ?
Juillet 1914. Après l'assassinat de l'Archiduc François Ferdinand, l'Europe est prête à sombrer dans la guerre malgré les efforts politiques et humanistes de Jean Jaures. Conscients que Tanâtos, le génie du mal aux mille visages, met à profit cette période troublée pour manigancer un mauvais coup, l'inspecteur Bernin et son comparse Victor, de l'agence de détectives privés Fiat Lux, le traquent sans relâche, sans se douter que loin de simplement profiter de la guerre qui s'annonce, c'est bel et bien lui, Tanâtos, qui cherche à la provoquer. Car depuis qu'il a volé l'identité d'un important marchand d'armes, le Fiancé de la Mort n'a plus qu'un but : pousser les nations les unes contre les autres afin de vendre ses engins de mort au plus offrant et devenir ainsi l'homme le plus riche du monde...
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Glénat
Apocalypstick (de Antoine Ozanam et Sergio Melia, collection Caravelle Urbaine)
Barcelone, un couple à la dérive… Qui n’a jamais rêvé de pouvoir tout recommencer ?
Robin se remet mal de la rupture de son couple. Il est un romancier à succès, et c’est sans doute grâce à son don d’écrivain que va germer l’idée qui lui permettra de reconquérir le coeur d’Alicia. Du jour au lendemain, il vend tous ses biens et raconte à qui veut l’entendre qu’il part pour un grand tour du monde, sans retour. Finalement, cela n’étonne personne : il a toujours dit qu’il détestait la ville. Surtout cette ville, Barcelone. Trop belle pour ne pas être mangé par elle. Donc il part. Enfin, il fait croire qu’il part. Car en vérité il ne fait que déménager sous une autre i dentité. Et s’il s’absente vraiment de Barcelone, c’est pour rentrer dans une petite clinique suisse où il fait modifier son apparence physique. Son visage change, bien sûr. Mais son corps aussi (quelques kilos en moins, ainsi que des grains de beauté). Exit donc Robin, place maintenant à Malo. Celui-ci va à la rencontre d’Alicia. Mais une seconde chance existe-t-elle réellement…
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Glénat
Editions Groinge
Le Comix Club nouvelle formule entame vaillamment l'année et accueille un invité venu d’outre-Atlantique : Tom Hart. Mais ne vous attendez pas à une apologie de notre société capitaliste consumériste. Depuis 1994, date de l’auto-publication du premier tome des aventures de Hutch Owen, Tom Hart n’a eu de cesse de critiquer la société américaine, donnant ces dernières années un nouveau souffle au format bien usé du comic strip quotidien. Egalement au sommaire : une réflexion sur le thème du deuil tel que traité par diverses bandes dessinées récentes, par Lénon, une BD de Big Ben, “J’ai 40 ans et je ne vais pas bien”, "Comment se fatiguer sans révolutionner la bande dessinée", réponse de Gotpower à l'article de Wandrille paru dans le numéro 6, un reportage sur la BD à la foire du livre de Francfort... Avec ce numéro se boucle la première année de la nouvelle formule de Comix Club, paraissant trois fois par an. 100 pages denses, un prix raisonnable (11 euros), et toujours cet objectif un peu fou pour une revue critique plongée dans le monde impitoyable de la bande dessinée moderne : vieillir. Le Comix Club est la seule revue indépendante de critiques de bande dessinée. Un regard et une approche différente à encourager pour que cela perdure !
A faire : aller sur le site des éditions Groinge pour s'abonner à Comix Club et soutenir ainsi la (bonne) critique de la BD moderne...
La Boîte à Bulles
Comme le dit la chanson « Amour ou désir ? Tu le sauras un jour… » Les auteurs de La Boîte à bulles et leurs invités, inconnus ou déjà confirmés, mettent en image ce thème, accrocheur s’il en est, chacun à leur manière… Il y a ceux pour qui cela se passe de mots, ceux qui parlent de leurs enfants, ceux qui jouent la carte de l’érotisme, ceux qui jouent la carte de la pudeur, de l’autobiographie…
Un collectif riche de sa seule diversité (35 histoires, 36 auteurs dont 10 femmes), sur un thème propre à enflammer les sens… Un kaléidoscope très complet des tendances actuelles de la Bande Dessinée.
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Glénat
vendredi 8 février 2008
Nouveautés BD - Part II
IDDBD a sélectionné pour vous les sorties du mois de février (2ème partie)
Editions Clair de Lune
FDC (de BAD)
Qui n'a pas rêvé un jour de pouvoir se venger de tout et surtout de tous ceux que l'on déteste le plus ?
C'est en utilisant ce ressort universel, la loi du talion sans la punition de la société, que fut spécialement créer : "La Fondation Du Cercle". Organisme basé au Canada et mondialement reconnu pour ses actions humanitaires, sous couvert de cette façade respectable, se cache à sa tête le noyau dur d'un groupe extrémiste, parfaitement autonome et échappant à tout contrôle gouvernemental : le "Haut Comité".
La monté en puissance de la pauvreté, un certain pourrissement des pouvoirs en place, une large complaisance en faveur de grands criminels, ont décidé ces sages à faire le ménage pour le bien de l'humanité avec pour objectif unique : la peine capital. Afin d'armer leurs bras vengeurs, ils désignent des tueurs professionnels comme bourreau : Nouvelles cibles Dimayo et Disksman, personnages clés du monde sulfureux de Las Végas et des divers trafiques connexes.
Dargaud
Dilbert - Le harcèlement continu (de Scott Adams)
Dilbert et ses collègues de bureau poursuivent leur expérimentation in vivo du monde merveilleux de l’entreprise : visite du PDG, formation ou harcèlement continu, maintenance informatique, réunions préparatoires aux réunions, etc. : jamais l'absurde n'aura été aussi réaliste !
Un conseil, ne dites surtout pas à votre patron que vous lisez Dilbert...
A découvrir : la fiche album et des extraits sur le site Dargaud
Gus - Tome 2 : Beau bandit (de Christophe Blain)
Gus, Clem et Gratt sont trois hors-la-loi qui passent leur temps à attaquer les banques et draguer les filles. Si Gus est celui qui a le plus de ressorts narratifs, celui que Blain aime le plus agiter, ce sont tous des phénomènes. Et quand les femmes s'en mêlent, cela donne des histoires loufoques mais ô combien passionnantes.
A lire (absolument ) : "Christophe Blain analyse ses gusses" sur le site de France 3. Essentiel !
A lire et à voir : la fiche album et des extraits sur le site Dargaud
A (re)lire : la chronique d'IDDBD consacrée au premier tome de Gus
Berlin - Tome 3/3 : Deux enfants de roi (de Marvano)
Deux histoires s’entrecroisent. Celle de Murphy père en 1961 à Berlin, au moment de l’édification du mur, et celle de Murphy fils qui tente de compléter le puzzle commencé par le capitaine, trente ans plus tôt. Son enquête l’amène en Alsace où un mystérieux “prince russe” est mort dans l’incendie, probablement criminel, de sa villa. Les cassettes que son père a enregistrées à son intention lui permettent de remonter le fil du passé. Elles l’éclairent notamment sur la personnalité d’Helena et lui apprennent l’existence du fils qu’elle a eu avec Rudi Fechter, un stalinien convaincu. Au moment où, avec l’aide de Stuart Leroy toujours amoureux, Helena décide de passer à l’Ouest, les Allemands de l’Est ferment les frontières. Murphy fils tente de découvrir la véritable identité du “prince russe” et cherche à savoir qui est “l’étranger”. Cet homme tout de noir vêtu l’épiait depuis le café de l’inénarrable madame Kathy.
Un album qui, comme les précédents, mêle habilement la petite et la grande histoire.
A lire et à voir : la fiche album et des extraits sur le site Dargaud
Editions de l'An 2 - Actes Sud
Norbert le mouton (de Gary Northfield)
La vie n’est pas drôle tous les jours pour Norbert et ses congénères de la ferme, confrontés aux intempéries, aux abeilles, aux chutes d’arbre, aux taureaux furieux et aux animations stupides (comme ce concours de la plus belle coiffure). Mais Norbert a du caractère, de la répartie et le sens des initiatives.
Suite d’histoires courtes menées tambour battant, voici une comédie agricole où les activités les plus banales (brouter, changer de pré, voir passer les saisons) sont prétextes à des gags irrésistibles. Après avoir lu cet album, vous ne regarderez plus jamais les moutons de la même façon !
A découvrir : des extraits sur le site des éditions de l'An 2 - Actes Sud






