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Perdus dans la jungle de la bd ? IDDBD, le blog bd qui vous aide a vous y retrouver. IDDBD, c'est une chronique quotidienne sur le meilleur de la bd.

jeudi 6 décembre 2007

Un pourri, tous pour lui !

MafiaStory_couv1Mafia Story (scénario de David Chauvel, dessin d'Erwan Le Saëc, couleurs de Scarlett, couverture de Thomas Ehretsmann, éditions Delcourt)

Hier, nous vous proposions, avec La malediction d'Edgar, une histoire pleine de fureur. Pleine de fureur, mais discrète dans le sens où elle se jouait surtout entre l'inoxidable directeur du FBI, J. Edgar Hoover, et le clan Kennedy...

MafiaStory_couv2L'histoire d'aujourd'hui est aussi une histoire pleine de fureur (vous verrez que ce n'est pas son seul point commun avec celle d'hier) mais beaucoup moins discrète : celle du crime organisé new-yorkais ! Et croyez-moi, ça pétarade pas mal ! Ca dézingue et ça bastonne à toutes les pages, et sans politesse ou délicatesse. On part du Bronx en 1902, à la naissance d'Arthur Flegenheimer que l'on suivra au fil des ans jusqu'à ce qu'il devienne le craint, donc respecté (forcément...), Dutch Schultz, patron de la pègre new-yorkaise.

mafiastory1mafiastory2Attention, le principal intérêt de Mafia Story n'est pas de vous raconter une histoire inventée de toute pièce, tirée de l'imagination fertile d'un auteur de scénarios qui voudrait se la jouer Scorsese... Mafia Story est en fait dans la veine de la série Ce qui est à nous (des mêmes complices Chauvel et Le Saëc), c'est-à-dire une histoire hyper documentée et donc bien réelle du crime organisé américain. Mafia Story est ainsi un zoom sur l'un des caïds de la pègre new-yorkaise dont la vie a, sinon valeur d'exemple (il ne faut tout de même pas pousser le bouchon trop loin...), du moins valeur de témoignage sur l'ascension et la déchéance de cette catégorie un peu particulière de boss...

Le récit de Chauvel est toujours fluide et surtout compréhensible (ce qui n'est pas un détail tant les personnages se succèdent). Quant au dessin de Le Saëc, il illustre très bien le propos, sans ajouter d'effets inutiles à une histoire suffisamment dense en elle-même. Si vous aimez l'Histoire, les histoires de Mafia ou tout simplement les bons polars (tant la réalité dépasse de loin la fiction), Mafia Story vous fera passer un moment palpitant... Et comme à IDDBD, on aime les trois, on a été servi !

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mercredi 5 décembre 2007

Un pour tous, tous pourris !

2203392630_0gLa malédiction d'Edgar (scénario de Marc Dugain, dessin de Didier Chardez, éditions Casterman, 2007)

51Q2F3H399L"Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre en jeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays. Il était devenu à sa façon consul à vie. Il avait su créer le lien direct avec le Président qui le rendait incontournable. Aucun ministre de la Justice ne pourrait désormais se comporter à son endroit en supérieur hiérarchique direct. Il devenait l'unique mesure de la pertinence morale et politique. John Edgar Hoover, à la tête du FBI pendant près d'un demi-siècle, a imposé son ombre à tous les dirigeants américains. De 1924 à 1972, les plus grands personnages de l'histoire des Etats-Unis seront traqués jusque dans leur intimité par celui qui s'est érigé en garant de la morale..."

2203392630_1gC'est ainsi que l'éditeur présente non pas la BD, mais le roman La malédiction d'Edgar, du même Marc Dugain (également auteur de La chambre des officiers, son premier roman paru en 1998, de Campagne anglaise et de Heureux comme Dieu en France). Car la première originalité de cet album est d'être une mise en image cinématographique (dixit le scénariste) du roman éponyme. On y retrouve, par séquences historiques, quelques grands moments de la vie d'Edgar J. Hoover, le mythique patron du FBI. Ces épisodes ont tous un lien avec un autre mythe américain : le clan Kennedy et plus particulièrement Joe Kenedy, le père de John et Ted. Et si l'on a pu parfois lire que les "aléas" de la famille Kennedy ressemblaient à une malédiction qui lui aurait été jetée, nul doute que le puissant Hoover y a apporté sa (peu modeste) contribution...

2203392630_2gLa malédiction d'Edgar est un album passionnant, superbement et efficacement mis en image par Didier Charvez, qui donnera envie à ceux qui ne l'on pas encore fait d'en savoir plus sur l'histoire secrète des Etats-Unis au XXème siècle. Les plus courageux se lanceront ensuite dans la lecture du sublime American tabloïd de James Ellroy...

A lire : l'album complet sur le site des éditions Casterman ! Il suffit de s'abonner au club Casterman (ce qui doit prendre environ 30 secondes...)

A lire (aussi) : après celui des éditions Gallimard, le pitch de Casterman (plus centré sur la famille Kennedy que sur J. Edgar Hoover) : "Années 40 aux États-Unis, Joe Kennedy aspire depuis longtemps déjà à un avenir politique au plus haut niveau, mais sa fortune ne s’est pas faite sans quelques écarts de conduite… Projetant de mettre son aîné dans la course à la Maison Blanche, celui-ci meurt trop tôt emporté par la guerre. C’est donc son frère cadet “JFK” qui sera projeté malgré lui au devant de la scène, subissant l’ambition démesurée de son père. En suivant John Edgar Hoover, on découvrira les dessous de la montée en puissance d’un futur président, mêlant habilement relations avec la mafia et le tout Washington…"

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mardi 4 décembre 2007

Les dossiers de l'écran...

laloidesseries_17122002La loi des séries (scénario et dessin de Manu Larcenet, éditions Fluide Glacial)

Il y a des petits bonheurs comme ça dans la vie. Lesquels ? Par exemple, celui de tomber - au détour d'une étagère de sa médiathèque - sur un album de Manu Larcenet d'il y a quelques années, un peu oublié, seul dans son coin... La couverture colorée attire l'oeil, le nom de l'artiste aiguise votre appétit, quelques pages feuilletées à la volée vous font saliver : vous êtes prêts à succomber à l'humour ravageur d'un des auteurs les plus drôles de ces dernières années, Manu Larcenet pour ne pas le citer.

Bien sûr, vous savez qu'IDDBD est capable de la plus parfaite mauvaise foi lorsqu'il s'agit de vous inviter à (re)découvrir les albums de ses auteurs fétiches ! Sachez que vous n'aurez pas à vous forcer pour dévorer ces quelques histoires qui vous ramèneront quelques années en arrière, dans l'univers merveilleux de vos émissions et feuilletons télévisés préférés. La loi des séries, c'est Starsky et Hutch, L'homme qui valait 3 milliards, Les brigades du Tigre, Les envahisseurs, Colargol, Alerte à Malibu, L'Ile aux Enfants et Au nom de la loi revisités par l'ami Larcenet.

loiseries_t0Hutch se tranforme en Freud dans un improbable épisode d'une rare violence. Steve Austin est un looser en survêt' que Robin des Bois remettra à sa (juste) place. Terrason, Pujol et le commissaire Valentin auront fort à faire face à Merlin l'Enchanteur. David Vincent les a vu. Qui ? Les envahisseurs bien sûr, autrement dit "les gens qui n'ont rien à foutre là". Colargol, ivrogne, has been, sera rejoint par Rick Hunter dans le canniveau social. Image de la déchéance. La même que celle (morale) de Paul Emile Victor, échoué sur les plages de Malibu. Quant à Josh Randall, sa chasse à la prime le conduira jusqu'à Casimir et Garcimore, autre figure récurrente de La loi des séries (avec Maëster et quelques autres auteurs que vous vous amuserez à retrouver en background...).

Vous l'aurez compris, La loi des séries est un joyeux fatras comme les aime Larcenet. Pour l'apprécier, il vous suffit d'un peu d'imagination pour que tout auprès de vous poussent des fleurs, des rires et des chansons. La loi des séries, c'est comme un pays joyeux des lecteurs heureux et des artistes gentils, oui c'est un paradis !

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lundi 3 décembre 2007

"La vengeance est plus douce que le miel" (Homère)

1195655951La douce (scénario de Loïc Dauvillier d'après une nouvelle de Dostoïevski, dessin de Mickaël Allouche, éditions Carabas, 2007)

IDDBD vous avait présenté, le 24 octobre dernier, une adaptation en BD de la nouvelle de Nicolas Gogol : Le Portrait. Les éditions Carabas remettent (brillamment) ça avec La douce, une adaptation d'une nouvelle d'un autre auteur russe : Dostoïevski. Si vous êtes un peu attentif, voire intuitif, vous aurez déjà repéré au moins un point commun entre ces deux productions : il s'agit d'adaptations tirées de la littérature russe.

la_douce_1Mais la parenté ne s'arrête pas là. Dans les deux cas, ce sont les éditions Carabas qui s'engagent dans ce périlleux exercice de style. Comme je vous le disais déjà pour Le Portrait, il n'est jamais simple de se lancer dans le condensé, en 48 ou 96 pages, d'oeuvres telles que celles-ci. Dans les deux cas, Carabas a brillamment relevé le challenge. Leur secret ?

la_douce_2Certainement de faire appel, à chaque fois, à des artistes confirmés. Au cas particulier, Loïc Dauvillier se retrouve au coeur des deux aventures : une fois au dessin (pour Le Portrait), une fois au scénario (pour La douce). Et le résultat est véritablement à la hauteur de ce que peuvent attendre les amoureux des belles lettres et du dessin.

la_douce_3L'adaptation de La douce n'y échappe pas : le texte bref, incisif de Loïc Dauvillier (déjà repéré à ce titre pour les superbes albums Nous n'irons plus au Canal Saint-Martin et Ce qu'il en reste, aux Enfants Rouges, ou Comme je me suis fait suicider aux éditions 6 pieds sous terre...) restitue non seulement le sens mais également le style de l'oeuvre de Dostoïevski. Quant au dessin de Mickaël Allouche, il est tout simplement sublime d'expressionnisme (comme on dit ici). Et je ne parle même pas des couleurs...

En définitive, La douce est un album comme on les aime pariculièrement chez IDDBD : intelligent et beau. Tout simplement...

A lire : la fiche album de La douce sur le site des éditions Carabas où vous pourrez découvrir le pitch

A lire (aussi) : la très belle critique de Sbuoro sur sceneario.com

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samedi 1 décembre 2007

Allez vite, embarquez m'sieurs-dames...

couvvoyageurslj9Voyageurs (fanzine édité par l'association Les Enfants de l'Arche)

Non, non, non ! Laissez moi écrire ! Je suis en colère ! Mais alors là, dans une colère noire ! Ah, ça vous change un peu du ton consensuel d'IDDBD, le blog BD qui ne parle que de ce qu'il aime ! Oh, mais ne vous méprenez pas, si je suis en colère, ce n'est pas contre le superbe fanzine Voyageurs ! Non, mon ire s'adresse aux éditeurs et aux professionnels de la BD : qu'attendez-vous donc pour aller piocher dans ce formidable vivier de talents, de récits, de dessins, juste là, sous vos yeux !

Je m'étais déjà fais la réflexion à la lecture d'Escapo, autre magnifique fanzine dont IDDBD vous a déjà parlé avec enthousiasme. Voyageurs est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... Car croyez-moi, il en faut du talent pour réussir, en quelques pages au format A5, ce que certaines BD n'arrivent pas à faire en 48 pages A4 : vous plonger immédiatement dans des récits et des univers graphiques palpitants. Les histoires de Voyageurs vous entraîneront dans des mondes apocalyptiques d'un réalisme à vous couper le souffle, vous raconteront de superbes histoires d'amour et de mafia marseillaise, le tout ponctué d'illustrations plus belles les unes que les autres, de strips et d'interview (réalisée par Mo' d'InfoBD).

Bon voilà, je me calme et refeuillète une fois de plus le numéro de Voyageurs que j'ai entre les mains. Je relis pour la troisième fois l'histoire de Max (ma préférée), racontée par Robin Barataud et mise en image par Sébastien Vrays, puis je fais un détour par Isabella, un épisode de la vie du Néphilim Baywin, sorti tout droit de l'imagination fertile de Franck Tourneret et dessiné par Bry...Je vous laisse découvrir 00:01 (de Nicö et Jonathan Aucomte) et L'autre monde (de Nikopek), que les amateurs de SF et d'anticipation gouteront plus particulièrement... Sans oublier les illustrations fabuleuses de Christophe Alliel, Pich, Etanie, Mike Ratera, Hannibal, Le Gu, Ood Serriere, Igguk, Fred ou Dimitri, ni les strips de Wimaury (superbe), K&vin, Fredd et Loki ou Pierre Gousseau... plus quelques autres surprises que je vous laisse découvrir en live !

A visiter : le site de l'association Les Enfants de l'Arche où vous pourrez commander vos exemplaires de Voyageurs (après en avoir lu un extrait...)

A voir : le site de Baywin (dont IDDBD vous avait déjà parlé l'année dernière !) et tous les blogs des auteurs publiés dans Voyageurs

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