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Perdus dans la jungle de la bd ? IDDBD, le blog bd qui vous aide a vous y retrouver. IDDBD, c'est une chronique quotidienne sur le meilleur de la bd.

mercredi 19 décembre 2007

Bonjour tristesse...

AdieuMaman_couvAdieu, Maman (scénario et dessin de Paul Hornschemeier, éditions Actes Sud BD, 2005)

Pour une reprise de nos chroniques, Adieu, Maman n'est certainement pas la BD la plus approprié en cette période festive de Noël, toute consacrée aux valeurs familiales et aux agapes joyeuses. Adieu, Maman, c'est le récit de l'absence, de la mort, celui de la mère de Thomas, l'épouse de David... dont les chemins s'éloignent peu à peu l'un de l'autre après la disparition de la femme de leurs vies respectives, chacun s'enfermant dans un monde de silence peuplé de douleurs. Thomas réagit avec ses armes de jeune garçon de 7 ans : il tente d'entretenir les lieux que sa mère a aimé, un jardin, une chambre... Et lorsque la réalité devient trop pesante, un masque de lion l'aide à s'en protéger. David quant à lui, s'enfonce dans ses souvenirs et sa douleur qui le détachent de son fils et l'entraînent dans la dépression. Thomas tente de renouer le lien avec ce père devenu plus qu'absent...

Vous comprenez maintenant pourquoi je vous disais qu'Adieu, Maman n'est pas spécialement le bon album à lire en ce moment. Réservez-le pour plus tard mais surtout ne passez pas à côté de ce monument d'émotion, écrit avec une apparente simplicité, tant dans le trait que la narration, mais une simplicité touchante et vraie...

A lire : la critique de ToutenBD.com

A savoir : Actes Sud BD a également publié Le retour de l'éléphant et Trois paradoxes de Paul Hornschemeier

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lundi 17 décembre 2007

hamac_reethi_rahL'info du jour

Ne vous désepérez pas de l'absence de chroniques... Elles arrivent cette semaine ! A très vite !

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vendredi 14 décembre 2007

Africa Queen

aya_couv1Aya de Yopougon (scénario de Marguerite Abouet, dessin de Clément Oubrerie, collection Bayou, éditions Gallimard)

aya_couv2IDDBD vous avait entraîné en Afrique en suivant la trace du talentueux Pahé, ce jeune gabonnais qui nous racontait sa jeunesse africaine et française sur un ton plutôt détonnant ! Et bien c'est reparti ! Non pas avec Pahé mais avec Marguerite Abouet, dont la verve est ici illustrée par un Clément Oubrerie particulièrement inspiré côté dessin. Nous rejoignons Aya, jeune fille de 19 ans, habitante de Yopougon, l'un des quartiers les plus chaud d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Vous ferez également connaissance avec sa bande de copines (Bintou et Adjoua, Féli et les autres...) et toute la cohorte des personnages hauts en couleur qui peuplent se coin d'Afrique plein de soleil, de "palabres", de joie de vivre, de fête, de musique... Comme avec notre ami Pahé, vous oublierez tous les clichés d'occidentaux bon tein qui nous encombrent la tête. Et croyez-moi, ce n'est qu'à regret que vous refermerez le troisième tome de cette série magnifique !

aya_couv3aya1Marguerite Abouet a un talent rare pour nous dépeindre et nous faire aimer cette Afrique des années 70/80 où l'insouciance des jeunes de Yopougon répond avec insolence à celle, parfois plus complexe, des "vieux". Tout ce petit monde se croise, se cotoie, s'entrechoque dans une ambiance que Clément Oubrerie nous dépeint d'un trait instinctif et vivant. On y est ! On s'installe à Yopougon ! Aya et les autres nous deviennent peu à peu familiers et tellement attachants. On partage alors, comme des invités privilégiés, leurs moments de fête, leurs angoisses (jamais désespérées comme ici), leurs colères, leurs rires... Aya de Yopougon, c'est juste un morceau de vie qui nous est offert en trois tomes dans lesquels on plonge corps et âme.

aya2Et lorsque vous entendrez parler de l'esprit de Noël, cette période bénie de fraternité, d'amitié et de chaleur humaine que nous vendent à grand renfort de pathos nos médias occidentaux et notre société consumériste, vous ne pourrez vous empêcher de comparer avec la spontanéité simple des sentiments de vos amis de Yop City... Mon Dieu ! Combien il nous reste encore à apprendre de cette Afrique méprisée, berceau de l'humanité... dans tous les sens du terme...

A visiter : le site de la collection Bayou des éditions Gallimard

A lire : les chroniques des excellents sites Krinein et du9.org et celle, indispensable, du site afrik.com

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jeudi 13 décembre 2007

Claque graphique !

CagesCages (scénario et illustrations de Dave McKean, Delcourt, 1999)

Les lecteurs de Sandman, l'œuvre majeure de Neil Gaiman (dont nous reparlerons sans doute un jour sur IDDBD) se souviennent sans aucun doute de l'impression étrange émanant des couvertures créées par Dave McKean. Dans Cages, ce mélange amer perdure tout au long des 500 pages de cette expérience rare voire unique.

Cages raconte l'histoire de trois artistes : un dessinateur en reconquête d'inspiration, un romancier en quête d'oubli et un musicien de jazz spirituellement accomplit. Ils habitent un lieu étrange où insolite, bizarrerie, folie, fantasmagorie et même fantastique se confrontent sans cesse. Eux-même sont des personnages bien curieux. Leur immeuble se situe au milieu d'une mégalopole contemporaine.
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Dans cet endroit particulier, il se passe des évènements faussement anodins. Entre rencontres, monologues intérieurs, discussions et chants spirituels, entre témoignages "à la façon" d'un documentaire télé et longs silences, Dave McKean donne toutes les autorisations et le temps nécessaires à sa réflexion personnelle sur l'art et la création pour se développer.

cages_couv_chatCette recherche narrative s'accompagne alors d'une incroyable variété graphique. La plupart du temps épurées, en noir, blanc et gris, les illustrations changent d'une page, voire d'une case, à une autre. On passe ainsi d'un crayonné simplissime à un dessin baroque en couleur, d'une photo à un montage finement pensé. Déroutant mais magnifique ! Surtout quand ces choix apportent une valeur supplémentaire aux impressions et aux sensations liées au texte. C'est violent et beau à la fois ! De ces expériences qui marquent la vie d'un bédéphile amateur.
cagescouleurs
A n'en pas douter, Cages est un authentique joyau. Il a été d'ailleurs largement récompensé à travers le monde (Alph'Art du meilleur album étranger en 1999) et fait partie de ces chefs d'œuvres incontournables, difficiles c'est vrai, mais magnifiques.

A voir :
le site officiel de Dave McKean

A lire : deux bonnes critiques sur le site Bulle d'Air

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mercredi 12 décembre 2007

Sous le Soleil de Satan...

curecouv01Le curé (scénario et dialogues de Christian De Metter et Laurent Lacoste, dessin de Christian De Metter, collection Triskel, éditions Soleil, 2003)

Après la petite pause désaltérante d’hier, nous voici revenu sur la route des chefs d’eouvres du 9ème art avec Le curé, ce magnifique diptyque de Christian De Metter et Laurent Lacoste.

lecuret2_27012003Lorsque vous feuillèterez l’un ou l’autre des deux tomes (intitulés La confession et Le jugement...), vous ne pourrez qu’admirer le dessin de Christian De Metter. L’utilisation par cet artiste magnifique de la technique de peinture directe transforme chaque case en véritable tableau, chaque tome en une suite d’oeuvres d’art d’une beauté à couper le souffle.

Quant au récit, il pourrait être l’adaptation en bande dessinée d’une oeuvre littéraire romanesque (balzacienne) éblouissante de sensibilité et de talent. Il en contient en tout cas tous les ressorts dramatiques et toutes les vérités intimes des personnages qui le peuplent. Ces vérités, nous les découvrons peu à peu, sans grands effets de manche mais plutôt de manière subtile, comme les coups de pinceaux sur les toiles qui forment l’armature graphique de ce chef d’oeuvre. cure1Le_Cure_plancheLe curé est assurément l’un des exemples les plus remarquable des émotions que peut procurer l’union du dessin et du texte poussée au plus haut niveau artistique. A mon sens, et dans le genre propre à cette BD, seuls les albums de Hermann avaient réussi cet exploit. Un moment de grâce, rare et précieux...

A lire : la très belle et très instructive chronique de Vincent sur Bdselection.com

A lire (aussi) : l'excellent dossier de universbd.com sur L'Eglise et la bande dessinée

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mardi 11 décembre 2007

Tempus maledictus fantasisticus

chaos_couvChaosland - Tome 1 (scénario de Scénarisatron 2000, dessins de Mojojojo et Ancestral Z, couleurs de Mojojojo, éditions Ankama, 2007)

Je vous promettais avant-hier une chronique en bonne et due forme de Chaosland. Chose promie, chose due (et rapidos avec ça) ! Voici que déboule sur vos écrans hallucinés Chaosland ! A partir de maintenant, oubliez toute idée de rationnalité, jetez aux orties toutes vos certitudes en matière de BD, plongez corps et âmes dans l’enfer d’un premier album totalement déjanté. Vous entrez dans un monde d’héroïc-fantasy créé par deux jeunes auteurs qui, à l’évidence, ne boivent pas que de la limonade et ne fument pas que du tabac blond de Virginie. Un monde peuplé de personnages plus étranges les uns que les autres (qui ne sont pas sans rappeler à la fois certains personnages de la série Donjon et de Plus fort que le fromage...), un monde où les héros - si l’on peut nommer ainsi une bande d’abrutis et d’écervelées - se sont engagés dans une aventure d’une banalité à pleurer des crocodiles (sauver le monde du chaos ! non mais vous vous rendez compte ! sauver le monde du chaos !), un monde où le méchant de l’histoire (si l’on peut encore parler d’histoire dans ce récit sans queue ni tête...) se prénomme Jean-Luc et porte des lunettes de soleil réfléchissantes (ce sont d’ailleurs les seules qui réfléchissent quoi que ce soit dans cet album...), et où la fin de la quête (temporaire puisqu’il s’agit d’un premier tome...) ferait hurler tous les scénaristes (même en grèves) d’Hollywood ! Bref, Chaosland, pas de doute, c’est le chaos du 9ème art, la calamité faite bande dessinée, le stade terminal de l’aventure phylactèrophile...

chaos3Avec tout ça, vous vous dites qu’IDDBD a pété les plombs et qu’il est impossible que nous vous recommandions la lecture (mais peut-on encore parler de lecture...) de Chaosland ! Vous avez raison cher lecteur, nous vous devons une petite explication...

chaos2Vous savez que l’éclectisme est le maître mot des choix d’IDDBD en matière de bande dessinée. Nous sommes capables de vous parler à la fois de purs chef d’oeuvres, tels que Le Roi des Bourdons de David de Thuin, d’oeuvres de purs chefs, tels les albums de Kokor, Sfar, Trondheim, Larcenet, Blain, Blutch, David B. et bien d’autres, en passant par des chefs de pures oeuvres, tels tous les auteurs que je n’ai pas cité précédemment mais dont IDDBD a chroniqué au moins un album. En un mot comme en cent, IDDBD aime tous les styles de BD, passionnément, sans restriction... chaos1Et bien Chaosland, aussi incongru soit-il, trouve sa place sur IDDBD dans la catégorie des albums potaches qui vous feront oublier, le temps de leur lecture (mais peut-on encore...), que vous êtes un adulte normalement sain de corps et d’esprit. Lire Chaosland (mais...), c’est se retrouver avec 12 ans d’âge mental, à rigoler avec ses potes de blagues à deux balles, sans prise de tête et sans se prendre au sérieux. Suivre les aventures (mais...) de Morigan, Elisabeth, Petit-Jacques, Crevette, Magic Jardak, c’est se prendre une grande goulée d’air frais en pleine face, bien revigorante. C’est une petite pause sur la longue route des chefs d’oeuvres du 9ème art que nous tentons d’explorer inlassablement... Chaosland, c’est le repos du guerrier intellectuel de la BD... L’ultime limite du vide cérébral... La « mitcho class » en bande dessinée... Un must quoi !

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lundi 10 décembre 2007

Tempus benedictus fantasisticus

legendeLégendes des contrées oubliées : édition intégrale ( scénario de Bruno Chevalier, dessins de Thierry Ségur, Delcourt, 1989)

De la ville de Gaedor à la Gorge des vents brûlants, du pays des Songes au Pic de la mer, cinq voyageurs,en quête d'un nouveau roi, s'avancent en terres inconnues et réveillent à leur passage les haines ancestrales des anciennes puissances. Leur odyssée est devenue une légende.

Une quête, trois nains, un voleur elfe (un Lin), un barbare, de la magie, des puissances divines et voilà posés les jalons de la fantasy. Si comme moi, vous êtes nostalgiques d'une époque où ce genre n'était pas un catalogue de clichés pour "Gros Bill" basés sur la notion de toujours plus (de monstres, de magies , d'humours, de glandes mammaires), époque où les scénaristes enrichissaient leur univers sans réutiliser systématiquement les mêmes formules commercialement viables, bref, si vous aimez la fantasy, la vraie, alors Légendes des contrées oubliées est pour vous.

Proche de la pure illustration le dessin rappelle que cette série en 3 tomes date de la fin des années 80, il peut décontenancer mais très vite on y trouve un réel intérêt. Ne serais-ce que par cet univers unique qu'il crée peu à peu. Le scénario est, quant à lui, digne des plus grands récits de fantasy. Sans s'écarter des schémas classiques du genre, il donne pourtant au lecteur sa leçon de récit bien bâtit. Bien sûr, nous n'allons pas vous révéler ici la moindre parcelle du mystère entourant la quête des nains. Ce serait un affront au talent des auteurs.
1_t1

Personnellement, je n'avais pas lu une œuvre aussi abouti (en BD) depuis le dernier tome du premier cycle de la Quête de l'oiseau du temps. Car bien entendu, la comparaison avec la mythique série du talentueux Loisel est incontournable. Et à la lecture, il est bien difficile de les départager. Dans l'une comme dans l'autre, on revient aux origines. La quête et l'aventure ne sont plus prétexte aux errements militaro-simplistes de ces dernières années, mais bien une découverte de l'univers, de soi-même et des autres.

hurlLes personnages, bien qu'issues directement de la tradition - comme Hûrl le chevalier-tonnerre ou Bragon le héros de la Quête - ne sont plus des caricatures mais bien des éléments d'un univers aux équilibres subtiles et compliqués qu'on ne peut résumer aux luttes entre bien et mal. Chaque personnage subira à son tour les aléas du destin.

Plus fort que tout, cette BD nous rappelle pourquoi, un jour, on a aimé la fantasy : pour ses nobles sentiments, ses élans chevaleresques et romantiques issus des romans médiévaux et des contes, pour ses messages positifs et humanistes, pour cette curiosité inhérente au genre. Voici, une BD digne de cet héritage et qui est indispensable à toute bédéthèque !

Pour finir, je dois remercier un des lecteurs de la médiathèque (encore un qui me prouve combien mon métier est formidable), futur très grand auteur de BD, pour ce conseil. J'ai  malheureusement oublié son nom... Mais on en reparlera.

A découvrir : le mini-site de présentation du jeu de rôle issu de la BD

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dimanche 9 décembre 2007

20071026_chaosland_AnkamaL'info du jour

image005IDDBD vous en parlera plus longment dans une prochaine chronique mais sachez déjà que nous avons repéré pour vous Chaosland et les séries Dofus, aux éditions Ankama. Les dessins sont efficaces et les scénarios plutôt fun, ce qui devrait plaire aux plus jeunes lecteurs... comme aux autres d'ailleurs ! Quand c'est bon, pourquoi bouder son plaisir pour une bête histoire d'âges !?

Et pour vous donner l'eau à la bouche, voici le pitch de Chaosland des éditions Ankama (c'est juste un p'tit apéro pour patienter jusqu'à la chronique...) :  "Dans un monde où le bonheur semble couler à flot, l’heure est venue pour certains de faire face à un destin qui semble inéluctable ! Un héros guidé par un rêve, monte un groupe d’élite pour arrêter le mal à la racine !
Chaosland est avant tout une plongée dans un univers coloré et absurde, revendiqué par les auteurs, qui se jouent de notre lecture et de leurs personnages en écumant leurs bulles de jeux de mots ubuesques et drôles
."

Chaosland est un peu dans l'esprit de la gargantuesque série Donjon, et franchement, ce n'est pas pour nous déplaire ! Et en plus, il y a un blog Chaosland !

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samedi 8 décembre 2007

Si reine...

sirene_des_pompiers_couvLa sirène des pompiers (scénario de Hubert, dessin de Zanzim, couleurs de Hubert, collection Poisson Pilote, éditions Dargaud)

Vous pourrez lire, à la suite de cette chronique, d'excellentes critiques de La sirène des pompiers qui auront l'avantage - outre de vous vanter brillamment cette BD - de vous en apprendre plus (si nécessaire) sur les deux courants picturaux, l'impressionnisme et l'art dit "pompier", qui s'opposèrent farouchement dans les salons parisiens de la fin du XIXème siècle. Vous apprendrez également (si besoin), qu'Hubert est non seulement le scénariste de La sirène des pompiers mais également celui du magnifique diptyque Miss pas touche (chroniqué par David) et de la série Le leg de l'Alchimiste. Enfin, vous noterez (si utile) que Zanzim s'inscrit dans la lignée graphique de Sfar et de Blain, libérant le trait de contraintes trop académiques pour (parfois) exprimer pleinement les sentiments, sensations et autres émotions des personnages et du récit.

sirene_des_pompiers1Une fois que vous saurez tout cela, que restera-t-il pour vous de La sirène des pompiers ? Je ne saurai répondre à cette question. Toujours est-il que rien de remplacera une immersion dans ce magnifique album d'Hubert et Zanzim qui ont su tout à la fois parler d'art (rajoutez un A majuscule si vous êtes un admirateur de l'art pompier...) et d'humain, au travers de  l'histoire aussi fantastique qu'allégorique de cette sirène bretonne accueillie puis exploité par Gustave Gélinet, cet imaginaire peintre parisien méprisé par la critique et oublié des muses désormais vouées aux impressionnistes...

sirene_des_pompiers2La sirène des pompiers est à l'image de son héroïne : aussi intelligente que distrayante, aussi profonde qu'inventive, aussi sombre que lumineuse. Bref un vrai chef d'oeuvre...

A lire : l'excellente critique de Gallu sur Krinein.com et celle d'Alain Corbellari sur le site de l'Express

A(pologie) : je présente toutes mes excuses à David qui nous avait déjà présenté La sirène des pompiers le 23 mars 2007. Honte à moi qui n'avait pas encore pris le temps de découvrir ce magnifique album et qui n'a pas pu s'empêcher de vous en faire subir une chronique...

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vendredi 7 décembre 2007

Plumes de nerfs...

lune_de_guerre_couvLune de guerre (scénario Jean Van Hamme, dessin de Hermann, collection Aire Libre, éditions Dupuis, 2000)

"Foouuyyââ !", comme on dit dans la région de Saint-Etienne (Loire) "IDDBD nous en a bien balancé d'la violence c'tte s'maine !". Et je dois reconnaître que notre lecteur stéphanois à raison : depuis lundi, il pleut de la violence sur IDDBD comme pluie au mois d'août (à Saint-Etienne !). C'est un peu La loi des séries, une sorte de malediction (d'Edgar), la douce vengeance du pot de miel contre le pot de m....(Homère), bref c'était la mafia story sur IDDBD ! Et pour finir cette semaine de la violence, il nous fallait un album en forme d'apothéose, une BD grandiose, digne d'une tragédie grecque, et au dessin qui soit à la hauteur. Dans ces cas là, une seule solution : convoquer des pointures du 9ème art, des monstres sacrés qui accepteraient une collaboration comme ça en passant, sans faire de genre... Pas facile à dénicher, cette perle rare existe : Lune de guerre de Van Hamme et Hermann !

lunedeguerre1Est-il vraiment besoin de vous convaincre que cet album vaut la peine d'être lu lorsque l'histoire est concoctée par Jean Van Hamme et les pinceaux tenus par Hermann. Franchement, ce serait faire injure aux talents respectifs de ces deux immenses artistes. Et pourtant, bravant toute honte, refoulant (du goulot) toute sorte de respect de soi et de ses lecteurs, occultant une maîtrise approximative de la langue française, IDDBD se lance et n'hésite pas à faire l'article...

lune_de_guerreAvant d'être une BD, Lune de guerre est une leçon magistrale de maîtrise totale du scénario et du dessin, l'équilibre parfait entre le texte et l'image. A cet égard, ceux qui ne connaissent pas encore le dessin d'Hermann peuvent jeter un coup d'oeil aux quelques planches et dessins qui illustrent cette chronique : cela se passe de commentaire tant le trait est maîtrisé, harmonieux, sans pour autant perdre de sa force. Sublime ! Les dessins sont tirés du site d'Hermann...

cdy2_lunedeguerre2Quant au récit, Jean Van Hamme maîtrise lui aussi son art de conteur d'histoires à suspens. Comme pour les meilleurs d'entre elles, tout part d'une situation a priori banale qui va très vite (à peine cinq planches) se transformer en véritable cauchemard, le tout de façon absolument cohérente (le lecteur n'a jamais l'impression de se jeter tête baissée dans l'invraisemblable...). Son secret ? Peut-être sa fine observation et sa connaissance poussée de la nature humaine et de ses ressorts les moins avouables. C'est en tout cas ce que vous retrouverez dans Lune de guerre, où le déchaînement de violence - qui éclate entre deux clans pour une simple histoire de tomates à la crevette - est d'abord le prétexte pour explorer toutes les régions les moins reluisantes des hommes et des femmes (29 au total) qui peuplent ce récit halletant et halluciné...

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