dimanche 9 septembre 2007
Dire de Laurel qu'elle est une personne adorable et immédiatement attachante, c'est comme dire que son trait est lumineux, fluide et moderne à la fois...
Dans les deux cas, l'évidence s'impose : non seulement Laurel est, du haut de ses 25 ans, d'une gentillesse, d'une douceur et d'une humanité à faire pâlir bien des auteurs de BD acariâtres, mais elle est en plus dotée d'un talent de dessinatrice qui la place, dès aujourd'hui, dans la cour des grands... Et comment IDDBD sait-il tout cela (lui qui est un peu le spécialiste des news à retardement, des infos avariées et des nouveautés d'il y a deux ans...) ?
Tout simplement parce qu'IDDBD était à la 5ème Bourse d'Echange de Bouleternère (Pyrénées-Orientales, France) ce dimanche 9 septembre 2007 et qu'il s'est fait dédicacer le dernier album mis en image par Laurel ("Le journal de Carmilla"). Et que même si Laurel lui a dit que c'était un album pour les filles (alors qu'IDDBD est essentiellement un garçon...), et ben IDDBD le chroniquera dès demain... Parce qu'ici, notre devise est "Qui aime bien, chronique bien" (bon, je vous l'accorde, elle est un peu facile celle-là... Mais oh, hé ! En même temps, ça vous change, hein !).
A visiter : le blog de Laurel... et son site aussi ! Ah, et celui de son amoureux !
samedi 8 septembre 2007
La mauvaise graine
Capucin (scénario et dessin de Florence Dupré la Tour, collection Bayou, éditions Gallimard, 2006)
Cette jeune auteur dessinatrice née à Buenos Aires en 1978 et pratiquant aujourd'hui dans la capitale des Gaules a participé à la réalisation du dessin animé Petit vampire de Joan Sfar. C'est un détail important qui explique peut-être à première vue le rapprochement graphique d'avec les bandes de l'auteur vedette, et sûrement aussi sa présence au sein de cette collection, dirigée par... Joan Sfar.
Néanmoins à bien y regarder de plus près, le dessin de la jeune lyonnaise est beaucoup plus aboutit que son ainé, plus dur et beaucoup plus psychédélique, pour reprendre le terme employé dans la communication de l'éditeur.
Premier étonnement.
Ensuite, l'aspect scénaristique de Capucin offre une relecture osée et glauque du mythe Arthurien. Le héros, fils d'un fier chevalier de la table ronde est un petit blondinet chevelu aux yeux disproportionnés qui se retrouve par trahison du jour au lendemain évincé de son château avec sa famille, et réduit à l'état de cerf. L'époque est dure vous me direz, mais l'histoire de Florence Dupré est sans pitié.
C'est pourquoi Capucin deviendra meurtrier malgré lui, sera enrolé de force dans une armée d'enfants soldats par le traître qui a mortellement blessé son père, ceci afin de renverser un Arthur omnipotent et injuste (on croit rêver).
Dans Capucin on est surpris par le ton libre, provocateur et même très dur de l'ensemble du récit, certaines scènes comme celle de la torture d'un enfant laissant perplexe sur la catégorie de lecteur visée. (néanmoins notée "pour tous" par Joan Sfar lui même), faisant de cette bande dessinée une sorte d'OVNI dans le paysage BD pourtant déjà vaste.
Cependant, c'est cette dureté, associée au dessin beau, mais très particulier, ainsi qu'à la présentation soignée de l'ouvrage (chouette cartonnage format roman) qui fascine et place Capucin parmi les oeuvres à retenir.
Le scénario étant très dense, on achève ce premier tome avec un désir non fein, mais un peu coupable... de lire la suite. Le tome 2, intitulé "Pour quelques coups de baguette" a paru en avril 2007...
A lire : la chronique (excellente) de Chronicart.com
Ou plutôt devrais-je dire "The information of the day" ! Je suis tombé pas hasard sur la traduction en anglais d'IDDBD et ça m'a bien fait marrer ! Où ça ? Ben là tiens...
vendredi 7 septembre 2007
Juste en passant, allez découvrir deux excellents (et courts) articles sur Gaston Lagaffe et Jazz Club d'Alexandre Clérisse (qu'IDDBD suit depuis ses débuts sur Coconinoworld). Et c'est sur le site de L'Express...
Quand à la pancarte que tient Gaston sur la vignette, c'est pile-poile le crédo d'IDDBD !
Ah ! Et puis il y a la Bourse d'Echange BD de Bouleternère, dans les Pyrénées-Orientales, qui a lieu dimanche 9 septembre 2007 et que l'on salut dans une chronique du blog de l'association EIXERITS... Si vous ne comprenez rien à ce message, c'est normal... Allez sur le site d'EIXERITS et tout deviendra lumineux comme notre beau soleil catalan !
jeudi 6 septembre 2007
De la viande froide doublement bien réchauffée...
Double assassinat dans la rue Morgue (scénario de Céka, d'après la nouvelle d'E.A. Poe, dessin de Clod, éditions Akileos)
C'est vrai, on dit que c'est dans les vieux pots (sans jeux de mots) que l'on fait les meilleurs soupes... Et bien, l'adage populaire se révèle encore une fois exact puisque l'adaptation en BD de la nouvelle d'Edgar Allan Poe que nous proposent Céka et Clod ne fera rougir ni l'original, ni ses adaptations cinématographiques. Certes l'histoire de ce premier roman policier moderne est connue (bien que je ne jurerai pas que certains la découvriront pour la première fois... et après tout tant mieux s'ils passent un bon moment et qu'ils prennent - peut-être - le temps de lire l'oeuvre originale...), mais le découpage adopté par Céka rend le scénario de l'adaptation BD très dynamique, très cinématographique justement. Quant au dessin de Clod, il est très expressif (voyez les planches), comme on l'aime ici (pour ceux qui commencent à décrypter les goûts d'IDDBD).

Pour la petite histoire, Céka et Clod ne sont pas vraiment des débutants : ils ont adapté en BD Le procès de Kafka (publié l'année dernière chez Akileos) ! Excusez du peu ! Et Céka est également le scénariste de l'excellentissime western gothique Billy Wild (dont on ne résiste pas à vous montrer une planche du deuxième tome à paraître dans les prochains mois... c'est à droite, là) !
Ah, une dernière info : vous avez de la chance, l'album "Double assassinat dans la rue Morgue" est disponible dans les bacs aujourd'hui même !
mercredi 5 septembre 2007
Contestation
Les vents de la colère – 2 volumes (dessins et scénario de Tatsuhiko Yamagami, Delcourt, Akata)
Publié en 1970 au Japon, Les Vents de la colère est considérée comme une œuvre culte pour toute une génération.
Elle raconte l’histoire de Gen Rokkoji, jeune homme d’une classe élevée, fils de Général et frère d’officier. Malgré son éducation, ce dernier ne se reconnait pas dans les idéaux patriotique de sa famille et n’oublie pas le passé noir de l’histoire du Japon. Mais, quand un de ses camarades de classe se fait abattre sous ses yeux, la réalité de la société dans laquelle il évolue le rattrape... ainsi que des secrets d’états assez peu avouable…
Profondément inspiré par son époque, Tatsuhiko Yamagami profite des (més)aventures de son personnage pour dresser un violent brûlot anti-gouvernemental. Le contexte historique est remarquablement bien expliqué dans les pages supplémentaires de l’édition Delcourt.
Œuvre pacifiste, éminemment politique, trouvant sa source dans les mouvements contestataires de la fin des années 60, Les Vents de la Colère peint une société totalitariste, cynique, oublieuse de ses valeurs, de son histoire mais aussi (et surtout) pantin à la solde des pays occidentaux (des Etats-Unis pour ne pas les nommer). Pour cette oeuvre dérangeante et visionnaire, son auteur reçut quelques menaces de la part de mouvement d’extrême-droite, preuve qu'il touchait juste.
Si le dessin a subit les affres du temps, l’histoire n’en demeure pas moins forte, choquante, cruelle et dramatique. Bref, nous avons un chef d’œuvre entre les mains, un hymne à la liberté qui n’est pas sans rappeler Gen d’Hiroshima ou même, dans une certaine mesure, un V pour Vendetta.
Pour finir, les premiers mots du livre : Passé, présent, futur… Amusants ces mots… Mettez-les dans l’ordre qu’il vous plaira. Ca ne change rien à leur signification.
A lire : l’article sur ActuaBD
lundi 3 septembre 2007
Tu redeviendras poussière...
Dispersion – 2 tomes, série terminée (scénario et dessin de Hideji Oda, collection Sakka, éditions Casterman)
Après cinq ans d’absence, Azami Seshimo revient dans son village avec ses parents. Elle est heureuse d’y retrouver Katchan, un jeune garçon étrange et solitaire. Mais, très vite, elle apprend que Katsuhiko (Katchan est son diminutif) est atteint d’une bien étrange maladie : il peut se disperser dans l’air et devenir un nuage de poussière. Ne pouvant pas contrôler cette dispersion, Katchan va bien vite disparaitre…
Quel étrange histoire ! Etrange certes, mais fascinante ! On accroche à ce récit grâce à l'atmosphère particulière qui y règne. C'est une histoire à la fois profonde quand elle aborde la relation à l’autre et riche en questionnement (mais beaucoup moins en réponse).
Hideji Oda dresse ici une chronique du mal-être au travers d’une jeunesse japonaise peinant à trouver sa place entre rêve et réalité. Entre onirisme et surréalisme, Hideji Oda joue avec ses lecteurs comme avec ses personnages. Au cours des chapitres, l’histoire vous éparpille pour vous remettre sur vos pieds. Puis, on repart de nouveau entre discussions d’enfants, amours d’adulte, l’Afrique Noire, un bar d’Amérique du Nord ressemblant au Bagdad Café ou encore le Tokyo moderne…
Cependant, l’auteur ne vous livrera pas facilement les clefs du récit et c’est à vous d’interpréter votre lecture. Chacun apportera donc sa pierre à l’édifice. Au final, cette série, chronique d’un mal-être inhérent à l’adolescence, vous surprendra et vous emportera dans un récit complexe et enthousiasmant.
Le dessin n’est pas sans rappeler les superbes Sorcières (2 tomes) de Daisuké Igarashi (également chez Sakka, décidément j’adore cette collection).
Bref, vous l’aurez compris c'est un manga difficile mais à mettre entre toutes les mains !
A découvrir : le site de la collection Sakka
dimanche 2 septembre 2007
Historique !
La véritable histoire de Futuropolis : 1972 – 1994 (dessins et souvenirs de Florence Cestac, éditions Dargaud)
Futuropolis est un nom mythique chez tous les amateurs éclairés de la bande dessinée (et plus encore chez les collectionneurs fanatiques).
D’abord unique libraire parisienne spécialisée BD (on a du mal à y croire aujourd’hui) puis maison d’édition iconoclaste, l’aventure de Futuro (pour les intimes) est avant tout une histoire de copains. Une bande de potes qui ont ouvert, sans trop y faire attention, les portes à une édition BD de qualité et à une génération d’auteur devenue aujourd’hui référence. On ne citera que Baudouin, Tardi, Bilal ou JC Denis pour les plus connus.
Cette histoire est racontée par l’une de ses héroïnes, très grande dame de la BD : Mme Florence Cestac. Avec son style gros pif reconnaissable entre mille, son humour et ses souvenirs, elle relate 22 années inoubliables. D’un temps où la BD était réservée à un cercle d’initié, en passant par le premier album hors norme jusqu’à l’émergence d’une nouvelle génération d’auteur au début des années 90 (on vous laisse deviner qui), vous traverserez en compagnie d’Etienne Robial (le grand chef, le Jean-Christophe Menu de l’époque), de Harry Mickson (la mascotte de Futuropolis), du fidèle Ratier, de Jacques, Jean-Marc, François, Dugenou, Susanna et d’une partie des 80 salariés et 328 auteurs de Futuro, cette épopée fantastique teintée de galères, de coups de gueule, de séparations, d’amitiés, de joies, de professionnalismes, bref d’humanité.
La véritable histoire de Futuropolis est une bd historique comme je les aime à conseiller aux jeunes amateurs et aux anciens nostalgiques. Elle a, de plus, le mérite de redonner une histoire à cette fantastique maison d'édition. Incontournable !
A lire : la critique sur sceneario.com
A lire : l’article très intéressant d’Univers BD
Ce n'est pas vraiment une info mais une petite envie, comme ça, de vous envoyer vers le site d'Ottoprod... Pourquoi ? Juste parce que la dernière (petite) annonce de James et la Tête X m'a bien fait rigoler... et qu'après, j'ai eu envie de relire leurs posts plus anciens. Pour le plaisir.
PS : si vous sentez un peu de nostalgie dans cette chronique, sachez que ce n'est que de l'impatience de découvrir le prochain opus de James et la Tête X...
samedi 1 septembre 2007
Tout en cartoon...
Nefesis (scénario de Denis-Pierre Filippi, dessin de Silvio Camboni, collection Empreintes, éditions Dupuis)
Pour la grande rentrée 2007, IDDBD vous entraîne dans le Paris du début du XXème siècle, revisité par l'uchronie steampunk de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni. L'égyptomania est partout, de l'architecture à la mode en passant par la population elle-même ! Certaines personnes sont habités par des dieux de l'ancienne Egypte : ce sont les "inspirés". Parmi eux, les meilleurs cotoient les pires. Dans la première catégorie nous retrouvons Margot, jeune étudiante parisienne et bourgeoise le jour, qui se transforme en Nefesis, justicière aidée la nuit de Némès, son dieu egyptien personnel... Dans la deuxième catégorie, les simples malfrats utilisant leurs pouvoirs pour cambrioler les bonnes gens cotoient les tueurs psychopathes les plus déterminés. Entre les deux catégories, des humains "normaux", policiers (dont l'énigmatique inspecteur Elias), scientifiques, médecins tour à tour chasseurs et victimes... Et lorsque tout ce petit monde se croise dans les rues d'un Paris remodelé en "Nouvelle Egypte", il y a de l'action, de l'action et de l'action avec un zest d'humour bien dosé... Bref un cocktail léger et pétillant.
Car vous l'aurez compris, Nefesis est un thriller "light" (c'est-à-dire facile à suivre, qui ne se prend pas au sérieux et que l'on peut donc qualifier de distrayant, sans être péjoratif), servi par un dessin efficace et "lisible par tous", à la croisée de plusieurs influences (dont les comics américains) avec lequel vous passerez un excellent moment de détente. Et, après tout, n'est-ce pas ce que l'on demande aussi parfois à la BD ?
Le deuxième tome paraît mercredi prochain (le 5 septembre...).
A lire : la fiche-album du premier tome , ainsi que celle du deuxième, sur le site Dupuis (incluant la bande annonce de l'album)




