vendredi 22 juin 2007
The Band (scénario et dessin de Mawil, éditions 6 pieds sous terre, 2007)
Mawil (de son vrai nom Markus Witzel) est un jeune auteur allemand, berlinois pour être tout à fait exact. Si vous ne le connaissez pas encore (ce qui ne saurait tarder après cette chronique), sachez que Mawil est un peu notre Riad Satouf (enfin, plus Jérémie et ses pauvres aventures...). Son oeuvre, très personnelle (voire autobiographique) et drôle, explore les prémices de l'amour, des relations entre les garçons et les (mystérieuses donc incompréhensibles) filles, souvent malheureuses (les relations, pas les filles), il faut bien l'admettre.
Avec The Band, Mawil nous ouvre ses années lycées au travers de l'histoire d'un groupe de rock comme on en a tous connu (soit parce qu'on en faisait parti, pour les plus chanceux, soit parce qu'on cotoyait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui avait aperçu quelqu'un du groupe...). Des galères des débuts jusqu'aux galères de la fin de Tine Melk (le groupe), des hésitations sur le style à adopter jusqu'à l'adoption d'un style hésitant, rien ne nous est épargné ! Ca n'empêche pas cette bande de copains de dépenser une énergie effrayante à hurler, gesticuler, répéter, hurler à nouveau, s'agiter... pour un résultat que je vous laisserai juger par vous-même !

L'histoire et les péripéties de The Band sont toujours drôles, parfois pathétiques, souvent attachantes. C'est en tout cas un témoignage de première main sur la scène berlinoise underground (mais alors, vraiment underground) des années 90. Au final, c'est réjouissant et doucement nostalique, comme si l'on avait connu Mawil à cette époque où il n'était encore qu'un jeune bassiste boutonneux. Si vous aimez le rock bruyant, les jeunes plein d'énergie et de rêves et la bonne BD, vous n'hésiterez pas...
A lire : l'excellente chronique de Sbuoro sur sceneario.com
A visiter : le site de Mawil (en allemand mais il y a plein d'images !)
Like an Egyptian...
Les éditions Les Rêveurs (gérées par Manu Larcenet) publient (encore une fois) un excellent album de Golo : le tome 2 (intitulé Goudah) des Carnets du Caire...
A découvrir (urgemment) sur le site des éditions Les Rêveurs... Je ne vous en dit pas plus (non, ce n'est pas par flemme !).
jeudi 21 juin 2007
Aujourd'hui, c'est The Band aux néons !
C'est aujourd'hui que sort The Band de Mawil aux éditions 6 pieds sous terre. C'est l'histoire d'un groupe de rock... et, oh divine surprise, il sort le jour même de la fête de la musique... Des fois, je me dis qu'il y a de drôles de coïncidences, non ?
Demain, une vraie chronique sur The Band (ben quoi, quand on fait du buzz sur IDDBD, on ne fait pas les choses à moitié !).
A lire : L'info du jour du 15 mai sur IDDBD
A voir : le site de Mawil (qui, accessoirement, renvoie sur IDDBD...) et celui, évidemment, des éditions 6 pieds sous terre
A visiter : Blog Up, seulement si vous aimez la (très) bonne musique
mercredi 20 juin 2007
Fight Mangas !
Reset et Duds Hunt (scénarii et dessins de Testuya Tsutsui, Ki-oon)
Dans ma dernière chronique sur Vitamine (à lire absolument, le manga hein, pas forcément la chronique), j’évoquais le nom de Tetsuya Tsutsui. J’avoue avoir lâchement préparé le terrain pour cette double chronique. Les plus curieux d’entre vous (où les moins pressés) sont peut-être aller voir sur la toile ou chez leurs libraires spécialisés préférés (moi c’est L’Orielle à Evreux) pour découvrir ce jeune mangaka iconoclaste. Pour l’instant, j’avoue n’avoir lu que Reset et Duds Hunt mais ces deux one-shot d’action pure m’ont largement marqué.
Dans Duds hunt, Nakanishi, jeune délinquant en réinsertion, s’ennuie fermement dans son nouveau travail. En surfant sur le web, il rencontre Eksam qui lui propose de participer à un genre de jeu assez nouveau, un survival game urbain où le but est de récupérer un émetteur. La seule règle est que tous les coups sont permis. Très vite, Nakanishi y prend goût et retrouve les anciens travers de son passé.
Dans Reset, Testuya Tsutsui nous plonge dans un jeu en ligne qui conduit certains de ses participants au suicide lorsque ces derniers voient le message de fin de jeu : Votre vie est un échec, appuyez sur Reset. Quand le mari d’Hitomi saute par la fenêtre, cette dernière tente de résoudre l’affaire et rencontre Junsuke, un jeune hacker de génie. Tous les deux vont se plonger dans Dystopia pour découvrir la vérité.
Assurément violent et immoral, l'univers de Tsutsui n’a rien à voir avec les mangas que vous avez déjà lu Décalé, marginaux et mal-à-l’aise dans une société ordonné, ses personnages tentent d’évoluer dans un monde parallèle, virtuel (comme dans Reset) ou réel (Duds Hunt). D'ailleurs, Tsutsui est lui-même un auteur indépendant qui s'ést fait connaître par le web. Mené à un rythme d’enfer, ces deux mangas vous tiendront en haleine jusqu’au bout. Privilégiant l’action pure, Tetsuya Tsutsui dit s'inspirer de sa société. Il donne donc une image très rude et sans concession du japon contemporain. D’où de nombreuses critiques et polémiques sur son œuvre. Bon, nous on aime en tout cas !
A voir : la galerie d'image de son site
Vu sur le site de La Boîte à Bulles : Tristes tropiques de Patrick Lacan. Je ne l'ai pas encore lu mais ça a l'air excellent. Alors avis à David ou Franck : une petite chronique sera la bienvenue pour nos lecteurs ! En attendant, le premier qui tombe sur Tristes tropiques peut nous en parler (et les commentaires, c'est fait pour quoi ???).
A lire : le pitch des éditions La Boîte à Bulles :
"Un homme entre dans un hôtel miteux pour prendre une chambre qu’il a réservée. Toutes les chambres sont encore occupées, mais notre gars conserve son calme, il n’est pas pressé. S’il est venu dans cet hôtel, ce n’est pas pour dormir, mais tout simplement pour accomplir son devoir de citoyen en se suicidant. Alors quelques minutes à attendre…
A quelques pages de là, deux scientifiques rentrent dans l’hémicycle de l’assemblée nationale pour se mettre sur la gueule. Les astrophysiciens et les chercheurs en biologie moléculaire ne peuvent pas tous bénéficier d’un budget cette année… Alors quelle meilleure manière pour se départager ?
Et pour véhiculer tout ce beau monde, quoi de mieux qu’un moyen de transport unique, surpuissant, qui permette de déplacer d’un coup tous les habitants d’une ville ? Et si ce moyen de transport écrase de temps en temps un étourdi qui ne connaît pas les horaires par cœur, la faute à qui ?
Se basant sur des articles (Le Monde, Marianne, Le point, L’Express, etc.), Patrick Lacan anticipe notre futur avec cynisme et humour. Dans un style graphique énergique et spontané, l’auteur donne à notre conception urbaine de l’avenir une dimension à la fois luxuriante…et cohérente..."
mardi 19 juin 2007
Dans les bacs de vos libraires préférés (je vous ai déjà dit que moi, c'est Bédé en Bulles à Perpignan ? oui ? Ben, c'est juste de la pub gratos pour deux gars vachement sympas et compétents...) : Pictures of you de Damon Hurd et Tatiana Gill aux éditions Ca et là. L'histoire ? Laissons parler les pitchers de Ca et là (ça repose...) : "Pictures of You met en scène deux adolescents, Anna et Miles, un an avant qu'ils ne se rencontrent devant une boutique de disque pour acheter le dernier Cure . Miles vit replié sur lui-même et passe le plus clair de son temps avec sa meilleure amie, dont il est secrètement amoureux. De son côté, Anna tente par tous les moyens d'échapper à l'enfer qu'est devenue sa vie familiale et se lie avec Ethan un jeune musicien sur le point de partir à l'université. Leurs chemins ne vont faire que se croiser...
Pictures of You est le second volet de la trilogie entamée avec A Strange Day (édité en 2005 par Ca et là). Damon Hurd approfondit le portait de ces deux ados attachants, mal dans leur peau et dans leur vie. Il décrit avec justesse cette phase où le mal-être est permanent et les relations amoureuses particulièrement douloureuses, dans une histoire mise en images avec sensibilité par Tatiana Gill."
Alors ? Comme d'habitude, c'est du très bon comme on l'aime ici...
A voir : un large extrait sur le site de Ca et là
A lire : la fiche album de Strange Day (toujours chez Ca et là)
lundi 18 juin 2007
Samedi, David vous présentait un manga que vous devez absolument découvrir, Vitamine. Aujourd'hui, IDDBD reste dans l'univers du manga en vous annonçant l'ouverture du nouveau site manga des éditions Glénat. Ce nouveau site est organisé en trois univers : Shônen, Shôjo, Seinen. Et pour l'avoir testé, la navigation est super facile et ultra fluide. Bien entendu, comme à chaque fois qu'IDDBD vous présente un site, vous vous demandez où il se trouve sur l'immense Toile... Comme d'habitude, c'est là !
samedi 16 juin 2007
Jeunesse japonaise
Vitamine (scénario et dessin de Keiko Suenobu, Panini Comics, 2005)
Sawako a 15 ans et comme tout bon élève japonais travaille d’arrache-pied pour faire plaisir à ses parents et décrocher ainsi la meilleure place dans le meilleur des lycées. Mais un jour, la jeune fille cède aux avances de son petit ami et se retrouve dans une position assez délicate dans une salle de cours. Ils sont très vite découverts par un autre élève. Mais ce n’est que le lendemain que le cauchemar commence pour Sawako. Elle devient la souffre-douleur de la classe tandis que son ami la rejette complètement.
Attention claque assurée si vous vous décidez à lire ce petit bijou. Sous ces doux airs de shojo, Vitamine remue son petit monde. Récit initiatique évoquant un double phénomène fréquent au japon, la violence à l’école (ijimé)et l’absentéisme qui en découle, Keiko Suenobu dresse un portrait à l’acide de la société nippone. Elle ne prend pas de gants pour décrire la faillite d’un système qui empêche les jeunes de s’épanouir. Entre les cours du soir, les activités en club et la pression des parents, les jeunes ont trop peu de temps pour se retrouver face à eux-mêmes. Et tout peut déraper facilement et il n’y aura personne pour vous rattraper. Dans cette société où l’élitisme et l’individualisme sont rois, il y a peu de place pour le rêve. A méditer.
Je meurs d’envie de vous en dire plus mais ce n’est pas possible sans dévoiler la conclusion. Les 200 pages de ce petit one-shot se dévorent à la vitesse de l’éclair, idéal pour faire découvrir un manga brillant d’une toute jeune mangaka toute aussi brillante. Keiko Suenobu fait partie de cette nouvelle génération qui révolutionne peu à peu l’image d’Epinal du manga (avec Testuya Tsutsui entre autres). Une mangaka à suivre donc et un manga à relire sans modération !
A lire : l’excellente analyse sur Orient Extreme.net avec en particulier une explication du phénomène de l’Ijimé.
vendredi 15 juin 2007
Yeeeaaaahhhhh !
L'info du jour : Lincoln, le retour !
Et oui le célèbre cow-boy arrive fin juin pour vous embarquer à destination du Mexique en compagnie des révolutionnaires et des militaires bien décidés à mater la rebellion. Lincoln, comme à son habitude, va mener la vie dure à tout ce petit monde, la question est de savoir s'il va replonger dans la corruption et l'argent facile ou si cette fois il suivra les voies divines en défendant les opprimés! Avant de pouvoir feuilleter l'album dès le 22 juin (Tome 5 : "Cul nu dans la plaine", scénario d'Olivier Jouvray, dessin de Jérôme Jouvray, couleurs d'Anne-Claire Jouvray, éditions Paquet), vous pourrez découvrir à partir du 18 juin sur BDgest les premières pages de l'album en preview...
Et si vous ne connaissez pas encore Lincoln, fouillez vite l'index d'IDDBD (à droite, sous les beaux dessins des auteurs...) !
jeudi 14 juin 2007
Petite fille de l'île d'Yeu
Edlyn (scénario et dessin de Cécile Brosseau, couleurs de Sébastien Bouet, éditions Soleil, 2007)
Vous savez quoi ? Et bien notre Mike a vraiment du nez. Le 12 mai, il nous faisait une info du jour spéciale Soleil. Dans cette chronique, il signalait déjà la sortie de Edlyn. Et là, mon cher Mike, désolé de te prendre de cours mais arpès avoir lu cette BD, j’ai bondi vers mon clavier et en trois mots : elle est magnifique !
Pour résumer un peu l’histoire (si vous n’avez pas lu l’info du jour du 12 mai), Edlyn a sept ans et vit sur l’île d’Yeu. Sa mère est douce, elle a une sœur et un petit frère. Mais son père, marin, est autoritaire et souvent méchant. Un jour, alors que le bateau paternel prend le large, elle rencontre un petit garçon bien étrange.
Cet album est tout simplement magique. Son dessin simple, dépouillé, un peu naïf, brille par une incroyable expressivité. Quelques traits de Cécile Brosseau et tout devient vivant. Des couleurs magnifiquement appliquées par Sébastien Bouet et voici une couverture merveilleuse ! Et ce n’est pas
valable que pour la couverture !
Cette histoire bénéficie également d’un scénario digne de ce nom. A l’image de son dessin, Cécile Brosseau a construit un récit simple mais touchant. Elle sait distiller avec talent les tristesses, les mélancolies, les joies et les mystères. Edlyn est magnifiquement vivante et les émotions, sans effusion mal placée, sont à fleur de peau.
Mélancolique et sensible, cette histoire fera rêver les plus jeunes et s’émerveiller les adultes. En tout cas, je la considère déjà comme une de mes toutes meilleurs lectures BD de l’année. Incontournable !




