vendredi 13 avril 2007
Edison Fantasy Science (scénario et dessin de Tetsuroh Kasahara, éditions Kami)
Faisons un bond de quelques années en arrière (selon les lecteurs, le bond sera plus ou moins important...). Vous êtes enfant : à quoi jouez-vous ? A monter et démonter dans votre chambre des kits de la marque Mecano ? J'ai LE manga pour vous : Edison Fantasy Science ! Ah non ? Vous étiez plutôt à courir dans les bois en vous inventant d'invraisemblables aventures avec votre bande de copains ? J'ai LE manga pour vous : Edison Fantasy Science ! Ah bon, vous êtes une fille et vous jouiez plutôt à la poupée, seule ou avec vos copines ? J'ai LE manga pour vous : Edison Fantasy Science !
Hé oui, car Edison Fantasy Science est avant tout un manga qui vous fera retrouver, au bout de quelques pages, votre âme d'enfant. Vraiment. Et je dis "au bout de quelques pages" car l'univers de ce manga est un peu déconcertant au départ. C'est un mélange de steampunk (entre Miyasaki et Jules Verne... huuummm ! J'adore !), d'uchronie (légèrement baroque...huuummm ! J'adore !) et de science-fiction (huuummm ! Ouais bon ça va, on a compris...). Avec de bons gros morceaux d'humour, d'originalité, de rythme et de surprises (surtout à la fin !).
Bref, vous vous ferez vraiment plaisir en suivant les aventures trépidantes de Milo, une jeune technicienne pleine de talent dès qu'il s'agit de bricoler (et à vitesse grand V qui plus est !) les engins les plus invraisemblables (avec l'aide du mystérieux Edison, une boule cybernétique...). Elle vous aidera ainsi à résoudre les problèmes qui vous tracassent depuis tant d'années (depuis que vous étiez enfants en réalité) : comment remonter une cascade au moyen d'un moulin à eau légèrement modifié, comment se faufiler dans des canaux étroits et plein d'huile minérale sans se mouiller un seul centimètre carré de peau en utilisant de vieilles conduites et quelques boulons, comment combattre un robot tripode géant en utilisant une toupie, etc, etc... Ses compagnons de voyage (le professeur Hookin, Galilei, Watt...) pimentent encore l'intrigue, d'autant que derrière l'armée Ganoptein, l'église Isaac et les soeurs Renardes se cache un secret qui concerne toute la planète. Un secret que je vous met au défi de découvrir avant les dernières pages...
A ce sujet : Edison Fantasy Science est un manga en trois tomes déjà tous publiés par Kami. Ca change aussi des interminables suites sans fin, non ? Bon, je vous la fait courte : vous voulez passer un bon moment de détente, quel que soit votre âge ? J'ai LE manga pour vous : Edison Fantasy Science !
A visiter : le site des éditions Kami
jeudi 12 avril 2007
Histoire de fantôme...
Journal d’un fantôme (scénario et dessins de Nicolas de Crécy, Futuropolis, 2007)
Quand Nicolas de Crécy sort un nouvel album, une surprise au détour de chaque case est à prévoir. No exception pour cette fois !
Dans Période Glaciaire, album dédié au Louvre, un groupe d’explorateur redécouvrait le continent perdu d’Europa et imaginait à travers les peintures du plus célèbre des musées du monde la vie des gens d’autrefois.
Là encore, Nicolas de Crécy part à la découverte d’un ailleurs. Ailleurs géographique entre Japon et Brésil, ailleurs graphique entre dessin réaliste et formes naïves et ailleurs narratifs tant son histoire ne ressemble à rien de connu (enfin dans les limites de ma propre connaissance). Mais bon, depuis le Bibendum céleste on est un peu habitué avec lui.
Dans Période Glaciaire, le héros était un chien-cochon, animal génétiquement modifié. Ici, son personnage est un dessin en recherche de ligne. Ce dessin est partit au Japon avec son manager (un type grossier qui ne pense qu’au sexe) pour s’inspirer des graphistes japonais. Dans une première partie sympathique, une galerie de personnages défile sous nos yeux, plus que de dessins, c’est de relations humaines qu’il s’agit. Les états d’âme du dessin sont parfois drôles, sincères, dures ou tendres et son graphisme évolue sous nos yeux.
Mais c’est véritablement dans la seconde partie de l’album que l’histoire prend tout son sens. Dans l’avion du retour, le dessin est assis à côté d’un étrange personnage claquant des dents par peur de l’avion, auteur de BD et grand bavard par obligation aéro-pathologiques. A partir de cet instant, l’album se transforme peu à peu en carnet de voyage et le dessin devient l’outil du discours, le média entre l’auteur et le lecteur.
Non, ne le cachons pas, Nicolas de Crécy n’est pas un auteur "simple" ou "facile à lire" ! Mais dans cette autobiographie déguisé où il se représente en double (il est le dessin et l’humain, les deux côtés d'un même personnage) il fait preuve d’un énorme talent de narrateur. Métaphore de la création artistique, réflexion sur l’importance du dessin, sur la façon de raconter des histoires, sur la part du rêve, du ressenti ou des relations humaines, ce carnet personnel de Nicolas de Crécy est à l’image de son rédacteur : touchant, humain, déconcertant, bref brillant ! Un magnifique album où chaque page est une découverte, chaque dessin une leçon, bref, que du bonheur en 220 planches (je sais c’est un pavé mais ça mérite le détour). A dévorer sur place !
A voir : 11 planches sur BDGest’
mardi 10 avril 2007
IDDBD a repéré pour vous un album à paraître le 23 mai prochain chez Delcourt : 7 psychopathes. Les raisons qui ont attiré notre attention sont multiples, à commencer par le sujet :
"1941. Joshua Goldschmidt a mis au point un plan pour en terminer avec la guerre : recruter 7 hommes pour assassiner Hitler et choisir ces 7 tueurs parmi ceux qu’on appelle fous ou psychopathes, les seuls capables de raisonnement hors normes et dont les agissements ne seront pas anticipés par l’ennemi. Churchill ayant donné son accord, ils sont parachutés au-dessus de l’Allemagne…" (décidément, la BD a décidé d'assiner Hitler ces derniers temps... rappelez-vous l'album J'ai tué Adlof Hitler (de Jason) aux éditions Carabas, qu'IDDBD vous a signalé le 6 mars dernier...).
Ensuite, le scénariste : Fabien Vehlmann, le père (entre autres) du Marquis d'Anaon, de Green Manor, IAN, et du sublime Les cinq conteurs de Bagdad...
Bref, ça devrait le faire...
A voir : cinq planches sur le site des éditions Delcourt
lundi 9 avril 2007
Hier, IDDBD vous annonçait la sortie de La France a peur de Nic Oumouk, de Manu Larcenet (non, la France n'a pas peur de Nic Oumouk et de Manu Larcenet, c'est Manu Larcenet qui a dessiné et scénarisé Nic Oumouk... enfin la BD ou plus exactement le tome 2 de cette série...).
Bref, puisque l'on en ait à s'intéresser à Manu Larcenet (OK d'accord, et de Nic Oumouk mais ce n'est pas précisément l'objet de l'Info du jour d'aujourd'hui...), sachez qu'il publiera en mai un album intitulé De mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un Dieu omniprésent dans la collection Lépidoptère des éditions Six pieds sous terre... Ouf, on y est arrivé à vous livrer l'info... Mais il ne faut pas que ça vous empêche de vous jeter sur Nic Oumouk (enfin l'album, hein, pas le vrai Nic Oumouk...).
Sinon, dès que l'on a plus d'info sur De mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un Dieu omniprésent on vous en parle, évidemment...
dimanche 8 avril 2007
Il est sorti ! Publié ! Dans les bacs ! Disponible ! Qui, quoi ? Mais le tome 2 des aventures de Nic Oumouk, le "sauvageon" (;)) le plus sympa de la bande dessinée. Et, actualité oblige, le plus salutaire aussi, non ? Car Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, oui je vous l'affirme : "La France a peur" (... de manquer le nouvel album de l'ami Larcenet !).
A lire : le pitch de la collection Poisson Pilote (Dargaud) : "Deuxième tome des aventures de Nic Oumouk, La France a peur est une hilarante farce qui croise les deux obsessions de l’auteur : la banlieue et le terroir. Nic, après avoir tenté de cramer quelques automobiles, se retrouve contraint d’accepter un travail d’intérêt général dans une ferme en pleine cambrousse. Autant dire que le choc sera rude et que le Tintin du 9-3 va avoir quelques réjouissantes difficultés d’adaptation. Mais comme nous sommes dans une véritable BD d’aventure à l’ancienne, Oumouk va aussi devoir lutter contre une terrible menace, bien plus effrayante que le pourtant terrible Edukator. Cette nouvelle aventure du Tintin du 9-3 est une perle de haut vol signée de main de Maître par un Larcenet en grande forme."
A voir : des planches du tome 2 de Nic Oumouk et une galerie d'extraits (sur le site de Poisson Pilote)
samedi 7 avril 2007
Quintos (scénario et dessin d'Andreas, couleurs d'Isabelle Cochet, collection Long Courrier, éditions Dargaud)
Il y a quelques semaines, La Retirada était commémorée dans les Pyrénées-Orientales (France). La Retirada, c'est cette longue retraite des républicains espagnols qui, au cours de l'hiver 1939, ont passé comme ils ont pu la frontière française pour échapper aux massacres perpétrés, de l'autre côté, par les troupes franquistes. Ces réfugiés sont arrivés en France croyant que la démocratie républicaine les accueillerait comme des frères démocrates et républicains qu'ils étaient. Grave erreur puisque la majorité d'entre eux a été internée dans des camps, livrés à eux-mêmes dans un premier temps puis très rapidemment gardés par la soldatesque française... Passons...
L'action de Quintos se situe deux ans avant La Retirada, en 1937, en plein coeur de l'Espagne déchirée. Un groupe de républicains se dirige vers le village de Quimera ("chimère" en français...) pour y appuyer les troupes régulières contre les rebelles nationalistes. En définitive, c'est bien vers leurs chimères que se dirigent ses personnages tous très différents les uns des autres, non seulement du fait de leurs nationalités (des espagnols, un belge, un américain, un allemand, une française...), mais également des motivations qui les ont conduit là.
Après la destruction du camion, et alors qu'ils se retrouvent sans chef pour les guider, chacun d'entre eux va peu à peu révéler ses ressorts intimes : des slogans rassurants pour l'un, une foi inébranlable pour l'autre, un désir de rachat personnel pour le troisième... Sur les sept personnages survivants, ce sont en réalité sept archétypes différents que nous propose Andreas. Cette situation scénaristique un peu caricaturale a au moins le mérite de la véracité historique puisque, en effet, le camp de républicains espagnols comptait de nombreux étrangers venus défendre la démocratie, chacun pour des raisons parfois très personnelles à défaut d'idéologie...
En définitive, Quintos est un bel album, non seulement pour le sujet qu'il traite, mais aussi par son dessin et le traitement du découpage des vignettes, très cinématographique. On regrettera de ne pas assez cotoyer les personnages pour mieux comprendre encore ce qui les a conduit au coeur de la guerre civile espagnole. Ceci dit, les albums sur ce sujet sont relativement rares en France pour que l'on se permette de les critiquer...
Pour compléter Quintos, je rappelle également à votre souvenir Montserrat, de Julio Ribéra, qui vous donnera un autre aperçu de la guerre d'Espagne.
Cette modeste chronique est dédiée à la mémoire de Francisco Mulero, jeune carabinier de la République espagnole qui, trimballé de Madrid à Barcelone et jusqu'en France, est resté fidèle aux lois démocratiques de son pays, à ses engagements, à son éducation et à son sens de l'honneur...
A lire : la très complète chronique de Krinein
jeudi 5 avril 2007
Lu sur le site actuabd.com à propos de la nouvelle édition des aventures de Fernand le (Grand) Vampire, chez Delcourt. C'est beau comme toutes les oeuvres de Joann Sfar (à part ça, on est pas fan !). Le nouveau titre de Grand Vampire est donc Le bestiaire amoureux et Sfar nous offre en plus une nouvelle aventure : L'Âge où on est mort...
A lire : l'article sur actuabd.com
A voir : tous les titres de la série (avec des planches à lire pour chacun d'eux) sur le site des éditions Delcourt
mercredi 4 avril 2007
Flic, superhéros, comics, Moore
Top 10. - tomes 1 à 3 (saison 1) (scénario d’Alan Moore, dessins de Gene Ha, Semic)
Robyn Slinger, alias Toy Box, à peine sortie de l’école de police est catapultée au Top 10, l’un des commissariats de Néopolis. Ses équipiers sont tous dotés de super-pouvoirs, normal, toute la ville a des supers-pouvoirs. Robyn s’apprête donc à exercer un métier dangereux et surtout totalement déstabilisant.
Entre comics de super-héros et série TV à l’américaine, Top 10 est un comics des plus originaux : galerie de personnages haut en couleur (les policiers comme les bandits sont tous étonnants), multiplications de situations cocasses ou dramatiques, action, tension et surtout beaucoup d’extravagances. Bref, une grande intelligence au service d’un genre qui en manque parfois un peu.
Voici le secret d'Alan Moore, il aime jouer avec les super-clichés. Encore une fois, (rappelez-vous des Watchmen), Alan Moore démembre les codes du comics pour rendre ses super-personnages beaucoup plus proches de nous, moins super-parfaits et super-moralisateurs. Si vous en avez marre des araignées bondissantes, des héros en cape et des super chauves-souris,
découvrez Top 10 ! Comics remplit de super-héros de mauvaises humeurs le matin, chambreurs et dragueurs autant que possible, professionnels quand il le faut, droit mais parfois gauche, bref des grands moments de super-humanités ! De quoi vous réconciliez avec les héros.
Faudrait-il ajouter que le dessin de Gene Ha est incroyable ! Voilà qui est fait.
A noter quand même. Des histoires d'éditions et de rachats de maisons d'éditions font que la dernière édition de Top 10 est assez compliqué à se procurer. Donc, ne laissez pas passer l'occassion si vous le découvrez au hasard d'un rayonnage.
Ouhlala ! Voilà une nouvelle qui devrait intéresser les lecteurs d'IDDBD mais également ceux de Blog Up (le meilleur blog musical du web... tout simplement) !
Casterman propose en prépublication intégrale The End, l'histoire de Jim Morrison (leader des Doors pour les lecteurs de passage, ceux qui ne connaissaient pas IDDBD et Blog Up avant d'atterrir sur cette page par hasard...).
A lire : l'album The End en prépublication intégrale (rappelez-vous qu'il vous suffit de vous inscrire au Club Casterman en 30 secondes pour pouvoir y accéder)
A lire : la fiche de l'album sur le site de Casterman
mardi 3 avril 2007
Le gourmet solitaire (scénario de Masayuki Kusumi, dessin de Jirô Taniguchi, collection Sakka, éditions Casterman)
Allez, ne faites pas d'histoires, IDDBD vous emmène au restaurant aujourd'hui... ou plutôt aux restaurants devrais-je dire. Et en bonne compagnie qui plus est : celle de Jirô Taniguchi ! Et celle de cet homme, le personnage central du Gourmet solitaire, dont on ne sait presque rien mais dont on partage quelques moments d'intimité. Car partager un repas avec quelqu'un n'est jamais anodin. Qu'on le veuille ou non, des liens se créent, même s'ils sont fugaces, le temps que les plats arrivent et qu'on les déguste...
Cet homme là, celui de Jirô Taniguchi (qui n'est pas sans rappeler celui de L'homme qui marche), nous entraîne dans les restaurants, le gargottes, les boui-boui japonais au gré des ses déambulations professionnelles (l'homme est dans le commerce). Et à chaque fois, c'est à plusieurs découvertes auxquelles il nous convie : celle de l'établissement (généralement modeste), celle des patrons, des clients et celle de ses pensées personnelles.
Et peu à peu, on se rend compte que la nourriture n'est finalement qu'un prétexte (aléchant certes) à l'une de ces balades philosophiques qui, sous couvert d'évènement banals de la vie (ici, se substanter), sont plus profondes qu'il n'y paraît. Les leçons de ces balades, c'est à chacun de les trouver. Il n'y a aucune contrainte. Un peu comme le choix qui nous est offert d'entrer ou non dans un restaurant, de prendre un risque (limité) ou de retourner au conformisme ou à ce que nous connaissons déjà. Le gourmet solitaire de Taniguchi n'est pas le banquet de Platon mais il invite à un dialogue personnel, intérieur, qui peut être finalement aussi salutaire que celui du grec...
A découvrir : quelques planches, des infos sur Taniguchi et des bonus sur le site de la collection Sakka
A lire : la chronique de Sbuoro sur sceneario.com
A lire (aussi) : l'excellente (et toujours intelligente) chronique sur du9.org
Repéré (et apprécié) sur le site des éditions Septième choc : Winter Joke.
"Un petit village perdu dans la montagne, un groupe d’habitants composé d’enfants, d’adultes et d’un vieillard... Une maison qui disparaît...Puis une autre...
Une psychose qui s’installe parmi les gens du groupe qui s’accusent mutuellement...Avant de voir arriver
des machines qui ont pour but de les détruire !
L’auteur installe dans cette histoire une ambiance de pleine montagne, de suspense, avant de nous plonger dans de l’action pure."
Parution prévue entre octobre et novembre 2007 selon Kristijan des éditions Septième choc. Patience donc...





