samedi 11 mars 2006
Vous savez comment ça se passe : on accumule en se disant que cela pourra servir un jour et puis on finit par entasser un nombre incalculable de choses qui ne servent pas. C'est un peu ce qui se passe avec les chroniques d'IDDBD : en jetant un coup d'oeil aux matériaux accumulés pour les rédiger, nous nous sommes rendus compte que bon nombre de documents n'avaient pas été utilisés. Or, parmi ceux-là, certains méritent tout de même d'être vus (enfin, à notre humble avis, hein !). Séance de rattrapage...
Ignacio Noé pour Helldorado
Ignacio Noé est un dessinateur argentin talentueux. Pour s'en convaincre, il suffit de deux clics (allez les fainéants, on se remue un peu !) : le premier pour aller découvrir la chronique d'IDDBD du 3 mars 2006 sur Helldorado (et lire l'album en ligne avant tout le monde !) et le deuxième (séance de rattrapage oblige !) pour aller visiter son magifique site personnel (où quelques bonnes surprises vous attendent). Très prochainement sur IDDBD : une interview de l'artiste !
Blacksad
Ces deux planches, publiés en 2004 dans le magazine Pilote, donnent un bon aperçu de la psychologie de Blacksad et de ses idées politiques...

Comment le privé le plus félin de l'Amérique des années 50 a-t-il rencontré le flic qu'il cotoie dans les tomes 1 et 3 de la série ? Egalement tiré du magazine Pilote, réponse en images...
Donjon
Pour compléter les chroniques publiées sur IDDBD tous les samedi du mois de février et le premier samedi de mars, ne ratez pas l'excellentissime dossier d'Olivier Tropin sur le site Artelio. En quatre articles brillants, Olivier Tropin décortique l'univers du Donjon avec intelligence, culture et style. Certainement le meilleur et le plus complet de ce qu'il nous a été donné de lire sur le sujet...
Manu Larcenet pour Le retour à la terre
Encore dans le magazine Pilote, Manu Larcenet a livré quelques planches originales du Retour à la terre. Evidemment, c'est excellent...



Christophe Blain
Le dessinateur d'Isaac le Pirate a pondu, dans le même magazine Pilote de décembre 2004, une petite histoire d'un cow-boy amoureux dont le nez et la libido ne sont pas sans rappeler ceux de Jacques, le compagnon d'Isaac... et par certains côtés, ce Lincoln que l'on aime tant sur IDDBD...








Fanny Montgermont
Rappelons que Fanny (l'auteure d'Elle, aux éditions Paquet) participe ce week-end (les 11 et 12 mars 2006) au premier festival de BD au féminin d'Igny dans l'Essonne...
vendredi 10 mars 2006
Les Semi-Aventures des Hommes-rats - Tome 1 : Monsieur Laperche (scénario et dessin de Wolfgang Placard, couleurs d'Audré Jardel, collection Onomatopée aux éditions Lito)
Je suis tombé par hasard sur cette BD (destinée théoriquement à la jeunesse...) et la couverture m'a plue (pour être honnête, j'ai surtout vu un type à cheval avec un fusil et j'ai cru qu'il s'agissait d'un western...). Les premières pages ne m'ont pas spécialement emballées (au plan graphique) mais j'ai bien rit et le propos m'a tout de même intrigué. Et puis, comme souvent en BD, je me suis laissé entraîné par l'histoire...
Et à ce moment là, c'est magique : le dessin prend une autre forme, l'oeil s'habitue ou plutôt s'apprivoise. A ce moment là, on y est. Vraiment. On est dans l'histoire. Au XVIIIème siècle, en Angleterre. Et l'on rejoint une bande d'êtres tout à fait étranges, les hommes-rats ou gigob, qui vivent de rapines à la limite des villes d'humains.
Il y en a même un, Monsieur Laperche, qui a réussi (en cachant sa queue de rat et ses oreilles pointues) à se faire embaucher par le perruquier du coin. Le problème, c'est que Monsieur Laperche est amoureux de la fille du perruquier, qu'il ne peut lui révéler son secret mais qu'il ne peut pas non plus renier les siens lorsque l'un deux est injustement emprisonné par les hommes...
Ce très bon premier tome de la série Les semi-aventures des hommes-rats (intitulé Monsieur Laperche) alterne avec brio scènes de comédie (les premières cases sont franchement tordantes), d'action, de réflexion (entre autre sur la différence), d'émotion (les expressions de Monsieur Laperche sont très émouvantes). Wolfgang Placard maîtrise non seulement son scénario (pas moyen de s'ennuyer dans ce premier épisode riche et intelligent) mais également son dessin (très expressif et finalement très beau). Il est vrai qu'au départ le trait peut paraître étrange, la mise en case très conventionnelle. Mais IDDBD a déjà chroniqué bien des auteurs dont on pourrait dire la même chose et qui sont pourtant considérés comme des stars... non ?
Ne vous laissez donc pas rebuter (parfois les premières impressions ne sont pas les bonnes). Une fois aux côtés des hommes-rats, vous ne pourrez plus les lâcher... Bien entendu, on attend maintenant la suite !
A lire : sur le site passiondulivre.com, pour en savoir un peu plus sur Wolfgang Placard (alias Michel Galvin) et Audré Jardel
A lire également : l'article d'actuabd sur la collection Onomatopée
jeudi 9 mars 2006
Jazz Club (scénario et dessin d'Alexandre Clérisse) sur Coconino World
La chronique d'aujourd'hui est l'occasion de vous faire découvrir une BD très attachante (Jazz Club) publié sur un site très débridé (Coconino World).
Jazz Club est l'histoire de Norman, saxophoniste doué qui perd du jour au lendemain son talent de musicien. Enfin, du jour au lendemain... surtout depuis qu'Emily, sa fiancée, l'a quitté. Pour quelle raison, on n'en sait rien. Et à la limite, peu importe. Ce qui compte après tout, c'est ce que va devenir Norman... Alexandre Clérisse est très fort : passé la première surprise du trait (que l'on imaginerait mieux dans un hebdomadaire new-yorkais...), son scénario et son dessin sont une pure merveille d'émotion (mais aussi de suspense). On vit le désarroi de Norman, ses douleurs, son apaisement enfin... et on le suit dans des aventures dont certaines réjouiront les amateurs de sectes apocalyptiques et mélomanes ! Mais attention, la BD n'est pas terminée ! Alexandre Clérisse nous réserve encore des surprises ! Affaire à suivre sur Coconino World...
Tiens, parlons-en de Coconino World. Voilà un site hallucinant où il fait bon se perdre juste pour le plaisir de découvrir un nouveau dessin, un nouvel auteur, une nouvelle expérience graphique. Dans la zone "Supportez Coconino World" (car il est possible - oserais-je dire recommandé - d'adhérer à l'association Coconino & Co), les auteurs se définissent comme "un collectif d'auteur à vocation non-lucrative. Le projet met à disposition de tous, gratuitement, une ressource unique sur le dessin et la BD de 30.000 pages en ligne, avec des nouveautés chaque semaine. Coconino World est un idéal, une façon de vivre les images dessinées et de les partager". Même si vous aimez vous balader de pages en pages, vous perdre dans les méandres du Coconino World, sachez tout de même que cette ressource est organisée en quatre zones : Coconino Classics (sur l'histoire de la BD avec des auteurs tels que Soglow, le dessinateur-scénariste de The little king et Sentinel Louie, génial !), Coconino Expo (qui est une grande Exposition avec des pavillons thématiques consacrés au dessin et aux auteurs - dont un petit carnet de croquis de Joann Sfar - et où vous pourrez lire en ligne des centaines de BD !), Station Delta (revue orbitale contemporaine d'exploration graphique, à ne rater sous aucun prétexte !) et enfin le Village des auteurs (où l'on retrouve Sfar, Trondheim, Vermot-Desroches, Marini, Alexandre Clérisse...). Un mot justement sur ce village des auteurs : prenez le temps de vous y ballader. Vous ferez des rencontres étonnantes : Dominique Bertail (et sa superbe histoire de Coconino), Laurent Bourlaud, Jean-Philippe Bramanti (l'auteur du très étrange McCay), Damour (pour son univers SF), Daphné et Vallie Desnouël (absolument sublime), Christian Gaudin, Jérôme Lhotelier et Yoan Radomski... Et puis, j'ai été particulièrement touché par l'hommage à Firmin Aristophane Boulon, dit Aristophane. J'espère pouvoir chroniquer très rapidement l'une de ses oeuvres...
A cliquer (d'urgence) : pour entrer dans le Coconino World !
A noter : si Jazz Club n'est plus annoncé sur la page d'accueil de Coconino World, retrouvez cette BD via le Village des auteurs puis cliquez sur Clérisse Alexandre...
mercredi 8 mars 2006
La ligne de front - Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh (scénario et dessin de Manu Larcenet, couleur de Patrice Larcenet, aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote)
Lorsqu'il décide de décrire l'horreur de la guerre, et le cynisme, l'imbécilité, et la cruauté des élites qui la provoque, Manu Larcenet manie avec virtuosité deux armes de dénonciation massive : l'humour et le surréalisme ! Effet dévastateur garanti !
Dans La ligne de front, Vincent Van Gogh (qui bien entendu n'est pas mort en 1890 comme vous pourriez le lire dans n'importe quel livre d'histoire de l'art...) est invité par le président du conseil et l'Etat-Major à capter et peindre l'esprit de la guerre (nous sommes entre 1914 et 1918) pour leur expliquer pourquoi les poilus rechignent tant à monter au front ! De cette situation de départ totalement surréaliste, Manu Larcenet tire une salve de réflexions sur la guerre (et un peu sur l'art), tour à tour hilarantes ou graves mais toujours justes et profondes. De ses rencontres avec des déserteurs, des généraux, des hommes de troupes... et de la mère des obus, Vincent Van Gogh rapporte des témoignages très touchants, sous une apparente simplicité de ton et de propos. Le dessin de Manu Larcenet sert encore une fois merveilleusement son propos (ah ! les dessins d'engoulevents !).
La ligne de front est certainement l'un des témoignages les plus poignants qu'il m'ait été donné de lire (et de voir) sur la stupidité de la guerre. Un album indispensable, comme tous ceux de Manu Larcenet...
A visiter : le site de Poisson Pilote, la collection de Dargaud où est édité La ligne de front
mardi 7 mars 2006
Elle (scénario, dessin et couleurs de Fanny Montgermont, aux éditions Paquet) répond aux questions d'IDDBD !
Suite de l'interview de Fanny Montgermont...
IDDBD : Vous participez, les 11 et 12 mars 2006, au festival "BD au féminin" d'Igny (dans l'Essonne). Qu'est-ce qui vous a motivé ?
FM : L'originalité du festival, la curiosité de voir ce qui se passe quand on met que des dessinatrices ensemble, car on n'en croisent pas souvent sur les autres festivals!
IDDBD : Pour en revenir à votre prochaine série, Hanngor, le sceaux "Jeune talent" est-il facile à assumer ou crée-t-il un poids supplémentaire pour se lancer dans un deuxième projet ? Est-il aisé, pour vous, de passer d'un projet à un autre ?
FM : Etre considéré comme "jeune talent" ne peut-être qu'un atout! Mais j'espère continuer à surprendre. J'avais hâte d'avoir fini Elle pour changer d'univers. Avoir d'autres projet en tête est très stimulant.
IDDBD : Pouvez-vous nous dire quelques mots d'Hanngor ?
FM : C'est une histoire fantastique assez sombre qui me permet de faire évoluer mon travail graphique, de ne pas rester à ce que je sais faire. Le mieux est d'aller voir les exclus sur mon site.
IDDBD : Vous parlez souvent d'animation, celles que vous auriez aimées faire et celles que vous regardez. Parlez-nous aussi des BD que vous lisez. Quels sont vos auteurs préférés (actuels ou passés) ? Que lisiez-vous enfant (BD, romans, ...) ?
FM : Ahhh l'animation, ma grande passion. J'admire les réalisations japonaises tel que Cowboy Bebop, Samouraï Champloo, Tokyo Godfather et encore bien d'autres. C'est une éternelle source d'inspiration pour
moi, à tout point de vue. Je lis aussi quelques manga, principalement L'habitant de l'infini, les oeuvres d'Hojo, Black Jack de Tesuka... de la BD européenne aussi. La terre sans mal, Ou le regard ne porte pas et
La fille du professeur ne sont que des exemples de mes lectures qui me viennent à l'esprit. J'ai tendance à préférer les auteurs qui travaillent en couleur direct. La plupart m'impressionnent beaucoup. Dans ma prime jeunesse il y a bien eu des romans qui m'ont marqué mais j'étais surtout occupée à regarder les dessins animés.
IDDBD : Merci d'avoir eu la patience et la gentillesse de répondre aux questions d'IDDBD, et à très bientôt pour Hanngor!
A visiter (d'urgence) : le magnifique site de Fanny Montgermont, réalisé à la suite d'un concours organisé par le webzine Bulle d'Encre ! Et l'autre site (celui qui n'a pas été retenu...).
A lire (pour être définitivement incollable sur Fanny Montgermont) : les interviews qu'elle a accordé à Bulle d'Encre (format pdf), l'excellent webzine consacré à la BD, et au site Piscosour
A lire (aussi pour la photo) : la fiche consacré à Fanny Montgermont sur le site des éditions Paquet
lundi 6 mars 2006
Elle (scénario, dessin et couleurs de Fanny Montgermont, aux éditions Paquet) répond aux questions d'IDDBD !
IDDBD vous propose aujourd'hui deux petits bijoux : Elle, le magnifique diptyque de Fanny Montgermont (au scénario, au dessin et à la couleur s'il vous plaît !), édité aux éditions Paquet et la première partie de l'interview de l'auteure !
Pour sa première BD, Fanny Montgermont nous entraîne dans une histoire entre deux êtres apparemment très dissemblables. D'un côté Hyppolyte, jeune résistant (nous sommes à Rennes, en mai 1944), de l'autre Michelle, une jeune fille qui prétend être un ange à la recherche de ses ailes...
Et, de même que ses personnages se rencontrent et se lient, Fanny Montgermont a réussi, avec Elle, à réunir l'action et la poésie qui ne sont, après tout, que les seules réponses acceptables lorsque la barbarie est omniprésente...
Son scénario sort vraiment des sentiers battus de la BD et nous propose un voyage dans le temps étonnant et décalé. Comme le dit Marie, dans son excellente critique sur sceneario.com, on a l'impression que le personnage de Michelle flotte entre deux réalités. Ce que rend d'ailleurs très bien le magnifique dessin de Fanny Montgermont. Le festival d'Angoulême 2004 ne s'y était d'ailleurs pas trompé puisqu'il lui avait alors decerné le prix "Décoincer la Bulle" récompensant un jeune talent...
Elle est un album indispensable.
A lire (ici et maintenant) : Fanny Montgermont a eu la gentillesse d'accorder une interview à IDDBD !
IDDBD : Fanny, si je dit, pour vous présenter aux lecteurs d'IDDBD, que vous êtes un peu Hyppolite (pour l'action) et Michelle (pour l'imaginaire), les personnages principaux de Elle, est-ce que je me trompe ?
Fanny Montgermont : Effectivement, c'est plutôt exact. J'ai une façon de penser assez proche de celle d'Hippolyte, très terre à terre, mais je suis pourtant tellement souvent dans les nuages...
IDDBD : Comment naît une oeuvre comme Elle ? L'idée est-elle le résultat d'une lente maturation consciente ou s'est-elle imposée à vous de manière évidente ?
FM : Des premières idées où j'ai abordé à ma manière le thème de l'ange en créant le personnage de Michelle et le moment où j'ai commencé le storyboard, il y a eu plus d'un an de maturation. Je développais les personnages tout naturellement dans mon esprit en imaginant quelques scènes clef de l'histoire.
IDDBD : On image qu'assumer le scénario, le dessin et la couleur d'une BD comme Elle est un travail énorme. Justement, comment organisiez-vous vos journées de travail ? Le fait de travailler avec un scénariste sur votre prochain projet (Hanngor, aux éditions Paquet) va-t-il changer les choses ?
FM : Réaliser ce projet sans déléguer aucune tâche représente certes beaucoup de travail mais ça a été particulièrement long (surtout pour le premier tome) et parfois difficile, surtout parce qu'il s'agissait de mes deux premiers albums et donc de mon "apprentissage" de la BD. J'ai beaucoup plus de facilité maintenant à faire mes mises en scène. Dans mon quotidien, j'essaye de respecter des horaires que je me suis fixés mais à part ça je n'ai pas de règle. Sur Elle j'alternais storyboard, dessin et couleur selon mon inspiration. Sur mon nouveau projet, comme ce n'ai pas moi qui scénarise, je sui partie pour tout dessiner avant de passer
à la couleur au cas où on jugeait bon de faire des modifications.
IDDBD : Florence Cestac, Valp, Algésiras... Toutes ces femmes auteures de BD réalisent à la fois leurs scénarios et leurs dessins, ce qui était également votre cas pour Elle. Le scénariste avec lequel vous travaillez pour votre prochain projet (une série fantastico-policière intitulée Hanngor) est un inconnu. Est-il si difficile pour une femme de trouver un scénariste dans le monde très masculin (macho ?) de la BD ?
FM : Je ne trouve pas le milieu de la BD macho, j'ai déjà eu des propositions de la part de scénariste. Tout faire où travailler en collaboration c'est d'abord une question d'envie et d'opportunité. Hanngor est un projet que j'avais déjà amorcé avant Elle et que j'ai voulu reprendre ensuite.
Demain : la suite de l'interview de Fanny Montgermont...
A déguster (tranquillement installé) : la critique de Marie sur sceneario.com
A voir : les (magnifiques) planches d'Elle sur le très complet site bdselection.com
dimanche 5 mars 2006
La critique du Professeur Sintès
Cette semaine encore, le professeur Sintès nous prive de la possibilité de chroniquer une bonne BD... tout ça pour nous livrer sa vision de la semaine sur IDDBD.
Non merci chers lecteurs, c'est trop d'honneurs... Non, je vous en prie... Bien, quoi de neuf cette semaine sur IDDBD ? Bof... Lundi 27 et mardi 28, une interview en deux parties d'Hervé Bourhis et Rudy Spiessert pour le premier tome d'Ingmar. Très intéressante ma foi... Non je blague ! Le niveau des questions ! Au secours ! "Alors, vous vous êtes rencontrés comment ?", "Ingmar : l'album de la maturité ?", "Tiens, il n'y a plus de référence à la musique ?" ou mieux "Et sinon, vous avez des projets ?"... Félicitations aux deux auteurs qui ont tout de même réussi à relever le niveau de l'entretien ! J'ai peur à l'idée de ce que va donner l'interview de Fanny Montgermont demain et après-demain !
Mercredi 1er mars, on ne peut pas dire qu'IDDBD se soit foulé la rate : une chronique sur l'excellente série Le retour à la terre de Manu Larcenet, c'est du cuit, hein. Pas de risque de se planter. Une chronique tranquille, quoi. En parlant de Manu Larcenet, je crois qu'il a dû entendre parler d'IDDBD. Si si, je vous assure. Dans le BoDoï de ce mois-ci, il déclare "qu'un avis, c'est comme le trou du cul, tout le monde en a un, mais ce n'est pas une critique !". Et oui messieurs d'IDDBD !
Bon, jeudi 2, excellent roman graphique (Blankets de Craig Thompson). Je n'ai pas dit excellente critique, nuance ! C'est l'album qui est bon... C'est donc un peu facile d'en parler. Ah ça, on ne se risque pas de critiquer sur IDDBD ! Jamais une parole plus haute que l'autre... Ce blog, c'est le roi des consensus !
Sinon, le pompon a été atteint vendredi 3. Jusqu'à présent, on était habitué à notre petit publi-reportage du vendredi sur une maison d'édition (Dargaud et sa collection Poisson Pilote, Delcourt, Soleil, Glénat). C'est nul et totalement amoral mais bon, on s'habitue à tout. Là, les vicelards, ils nous font de l'info-conso maintenant ! Sous couvert de nous présenter un album qui ne sortira que le 10 avril (Helldorado), ils nous poussent à nous abonner au Club Casterman ! Trop fort chez IDDBD ! Et pourquoi pas s'inscrire chez France Loisirs pendant que vous y êtes ! Eux aussi ils vendent des BD ! Heureusement, cette semaine s'est terminée sur une bonne nouvelle : la fin des chroniques du samedi consacrées à Donjon. Si encore IDDBD apportait une analyse fine et documentée sur le sujet (comme je serais capable de la faire moi, si l'on ne me cantonait pas au dimanche). Mais même pas ! Bref, vous l'aurez une fois de plus compris, lorsque l'incompétence dépasse l'amateurisme médiocre, on obtient un "bleug" (blog dégeu)...
La réponse d'IDDBD : cette fois, c'est décidé, nous ne répondrons plus au professeur Sintès. Qu'il pense ce qu'il veut, après tout rien ne l'oblige à lire notre "bleug"... Passons à des infos plus intéressante : dans le BoDoï de ce mois ci, Manu Larcenet nous annonce un quatrième et dernier tome pour le Combat ordinaire, et un quatrième tome pour Le retour à la terre. A noter également, la sortie d'un DVD de 52 minutes (Des instants précieux) réalisé par Sam Diallo et Laurent Beaufils qui ont suivi et enregistré Manu Larcenet pendant ses repérages pour le tome 3 du Combat ordinaire ! Dans le même magazine, Zep parle de Donjon : "on s'est mis d'accord avec Trondheim et Sfar pour faire le millième ensemble. A la vitesse à laquelle ils écrivent leurs histoires, il va falloir que je commence à me préparer. Il y a un panel de styles dans l'écriture de cette série absolument géniale. lewiset Joann sont de véritables chercheurs passionnés par les structures du récit. Ils amènent beaucoup de choses à la BD".
Pour finir, la semaine prochaine : Fanny Montgermont répond aux questions d'IDDBD, un autre Manu Larcenet, une BD en ligne sur un site incroyable, un peu de philosophie (en bulles) et une nouvelle série...
A demain !
samedi 4 mars 2006
Donjon Monsters et Crépuscule (scénarios de Joann Sfar et Lewis Trondheim, dessins d'Andreas, Bezian, Blanquet, Blutch, Kerascoët, Killoffer, Mazan, Menu, Nine, Sfar, Trondheim, Vermot Desroches, Yoann)
Au cours des précédentes semaines, nous avons exploré une bonne partie de l'univers du Donjon, en commençant l'histoire par son apogée, avec les albums des séries Donjon Zénith et Donjon Parade, puis en remontant dans le temps jusqu'avant l'émergence du Donjon, avec les albums de la série Donjon Potron-Minet.
Aujourd'hui, nous clôturons notre cycle de chroniques sur ce tentaculaire univers par deux nouvelles séries : Donjon Crépuscule et Donjon Monsters. Pourquoi deux séries d'un coup ? Simple : la première décrit la lente déliquescence du Donjon et l'éclatement (au sens littéral) de Terra Amata, tandis que la seconde raconte dans chacun de ses albums, un épisode de la vie d'un personnage de l'univers Donjon. Et alors ? On y arrive : pour mieux appréhender Donjon Crépuscule, mieux vaut avoir lu les albums La carte Majeure et Le Noir Seigneur, de la série des Monsters, qui expliquent le pourquoi du comment (au moins en partie...). Autant donc parler des deux séries en une seule fois... Logique, non ? Allez, on y va...
Bien, nous voici donc des années après la riante période de Zénith (et plus encore après la tourbillonante période de Potron-Minet). C'est le Crépuscule du Donjon, nommé désormais la Forteresse Noire de la Géhenne sous la férule, non plus du Gardien, mais d'un certain Grand Khan. Ce seigneur impitoyable, habité par une Entité Noire, c'est Herbert, le canard pleutre des premiers épisodes. Après avoir réussi sa quête et réuni les Objets du Destin, il est devenu ce monstre assoiffé de pouvoir et destructeur. Quant au vaillant Marvin le dragon, il est désormais faible et aveugle, et connu sous le nom de Roi Poussière. Accompagné de Pipistrelle, une chauve-souris, et Marvin Rouge, un lapin teigneux et hyper-sanguin, il doit accomplir une dernière mission pour le compte des dieux. Car Terra Amata n'est plus la charmante planète que nous avons connu. Elle s'est arrêté de tourner et ses habitants en sont réduits à vivre sur une bande de terre comprise entre un désert brûlant (carconstamment éclairé par le soleil) et une zone de nuit éternelle et glacée...
Vous l'aurez compris, Donjon Crépuscule parachève l'épopée du Donjon en nous dépeignant sa déchéance. Cette série donne une dimension tragique (au sens grec du terme) à l'oeuvre. Les hommes (enfin, un canard et un vieux dragon pour l'essentiel) sont confrontés à leurs destins et à leurs natures (violence contre sagesse, pouvoir contre savoir), sous le regard des dieux (dont le rôle ne paraît pas tout à fait clair...).
Le dessin de Joann Sfar ajoute encore à l'ambiance "fin de monde" de cette série qui, bien que conservant une certaine dose d'humour (souvent noir), est la plus sombre de toutes et la plus "philosophique" également (on n'en attendait pas moins de Sfar).
La série Donjon Monster, quant à elle, est une suite de zooms sur les personnages secondaires du Donjon dont elle nous raconte un épisode de la vie. Ces épisodes peuvent se situer à des époques très différentes et sont tous dessinés par des auteurs différents (d'où le nombre ne noms cités dans le titre de la chronique d'aujourd'hui). Alcibiade (le médecin du Donjon) vit ainsi une aventure rocambolesque dans le Géant qui pleure alors qu'on le retrouve jeune étudiant, des années auparavant, dans La nuit du tombeur, partageant la même chambrée qu'Horous (qui deviendra le nécromancien du Donjon) et Hyacinthe de Cavallère (qui deviendra le Gardien du Donjon). Alexandra (le grand amour de Hyacinthe) nous raconte sa vie (palpitante) dans Crève-coeur, Hyacinthe rencontre Marvin le dragon et sa mère dans Mon fils le tueur... Mais mon album préféré reste tout de même du Ramdam chez les brasseurs qui met en scène Grogro, l'un des sbires du Donjon (un sbire oui, mais tellement naïf, tellement attachant !). Le dernier album publié, Des soldats d'honneur, est tout aussi excellent que les précédents mais plus dans l'esprit de Donjon Crépuscule (et que les autres Monsters de la période Crépuscule). La boucle est ainsi bouclée... au moins jusqu'au prochain album !
Merci à Joann Sfar et Lewis Trondheim (ainsi qu'à tous les dessinateurs qui ont contribué ou contribueront à l'univers Donjon) pour cette oeuvre monumentale, riche, profonde, passionnante... Vous aussi, laissez-vous emporter par le tourbillon du Donjon !
A lire : l'excellente contribution de Syd sur le forum de BD Gest
A voir : les fiches des albums de la série Donjon Crépuscule et Donjon Monsters. En plus, vous pourrez découvrir quelques planches pour vous donner l'eau à la bouche...
A découvrir : les murmures du Donjon. Indispensable !
vendredi 3 mars 2006
Helldorado (scénario de Jean-David Morvan et Miroslav Dragan, dessin d'Ignacio Noé, aux éditions Casterman, collection Ligne d'Horizon)
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas sur IDDBD ! Hier, c'est un manteau de neige qui nous recouvrait, plein d'amour et de tendresse. Hier, c'était Blankets de Craig Thompson, chez Casterman Ecritures. Aujourd'hui, nous sommes toujours chez Casterman, mais nous changeons de collection... Et çà, ça change tout ! Aujourd'hui, c'est chaleur et moiteur tropicale pour tout le monde, et pour l'amour et la tendresse, il faudra repasser ! Aujourd'hui, IDDBD vous souhaite la bienvenue dans l'enfer d'Helldorado !
Helldorado nous entraîne au XVIIème siècle, sur Santa-Maladria, une petite île de la côte atlantique du contient sud-américain (ne la cherchez pas sur une carte, elle a heureusement disparue depuis...). Les conquistadores espagnols, menés par le monstrueux Capitan, sont bien décidés à s'implanter dans cette terre du bout du monde. Bien entendu, ils ne reculent devant rien : expéditions militaires et exécutions sommaires des populations indigènes sont leur quotidien. Quant aux indiens Syyanas, ils paraissent bien décidés à refouler à la mer ces "peaux blanches". Leurs cités et leurs puissants guerriers ont encore belle allure...
Helldorado aurait pu en rester au classique affrontement entre conquistadores et indiens. Sauf qu'un troisième protagoniste s'est invité au banquet sauvage sur l'île de Santa-Maladria : la maladie... une maladie si terrible que les espagnols et les indiens refusent de lui donner un nom...
Au travers des destins croisés de deux jeunes indiens orphelins et abandonnés de tous, Hutatsu et Dathcino, et du Capitan, militaire cruel dont un lourd passé de relaps semble écraser la conscience, Helldorado est une fresque flamboyante, sans angélisme, sans manichéisme et sans cynisme : les auteurs dépeignent une violence omniprésente dans les deux camps, certes sous des formes différentes, et une maladie qui décime indistinctement indigènes et colons. Le scénario de Jean-David Morvan et Miroslav Dragan est impeccable et nous accroche dès les premières cases pour nous laisser, halletants, à la dernière. Le dessin d'Ignacio Noé est superbe et colle parfaitement à l'histoire (un petit coup de coeur pour les planches 17 et 18 !). Un petit bémol sur la façon de s'exprimer de Dathcino (que l'on croirait parfois sorti d'une cité... mais pas maya !) mais l'ensemble reste très très bon. Ce tome (intitulé Santa-Maladria) est le premier d'une série extrêmement prometteuse et que nous suivront avec intérêt sur IDDBD !
Ah oui, j'oubliais... Helldorado ne sortira que le 10 avril prochain ! Alors ? Et bien, il suffit de le lire en ligne, sur le site des éditions Casterman (vous vous doutez bien qu'IDDBD ne vous aurait pas proposé une BD que vous ne pouviez lire par vous même ! Allons ! Soyons sérieux !). Pour cela, inscrivez-vous au Club Casterman (il vous suffit d'indiquer une adresse e-mail et de choisir un mot de passe...) et accédez à la prépublication intégrale d'Helldorado (rubrique BD Zine). Voilà... Bonne découverte et bonne lecture à tous !
A dévorer : le premier tome d'Helldorado sur le site Casterman
A lire : la fiche consacrée à Helldorado
jeudi 2 mars 2006
Blankets - Manteau de neige (scénario et dessin de Craig Thompson, aux éditions Casterman, collection Ecritures)
Attention, chef d'oeuvre ! Si malgré la chronique de la semaine dernière concernant Maus d'Art Spiegelman, vous pensez encore que la bande dessinée n'est qu'un genre graphique mineur ou de la sous-littérature, Blankets de Craig Thompson devrait définitivement vous faire changer d'avis ! Ce roman graphique américain de 600 pages est une oeuvre majeure, incontournable, salué par la critique (mouais, c'est bien...) mais surtout par le public (ah, ça c'est mieux...) ! Car tous les lecteurs de Blankets vous le diront : en partageant son intimité avec nous, Craig Thompson ne nous laisse aucune chance de ressortir indemne de son récit...
Pourtant, au départ, il n'y a qu'un enfant, Craig, élevé avec son frère Phil dans une famille ultra-chrétienne du Winsconsin (Etats-Unis). Certes, il y a les premières terreurs de l'enfance, les premières lâchetés, les premiers traumatismes... Certes, le poids de la religion et d'une éducation intransigeante est lourd à porter pour ces deux adolescents complexés, objets des quolibets de leurs camarades. Mais heureusement, il y a le dessin (la passion des deux frères) pour s'échapper de leur quotidien. Et puis, pour Craig, il y a Raina, une jeune fille rencontrée aux cours d'un camp paroissial, Raina qui va devenir son amie, sa muse et son premier amour...
Blankets aurait pu n'en rester qu'au stade de la bluette pour ados. Mais le prodigieux talent de Craig Thompson, tant graphique que littéraire, transcende cette "quasi-autobiographie" en un récit poétique, tendre, sensible, intelligent, magnifique et surtout universel puisqu'il touche à ce moment délicat où l'on quittte définitivement l'enfance pour l'âge adulte. Cette universalité du propos, cette poésie, cette intellignece sont la marque des grandes oeuvres d'art...
A lire : la fiche consacrée à Blankets sur le site Casterman
A découvrir : le site des éditions américaines Top Shelf Comix qui ont édité Blankets pour la première fois (avec en prime, quelques planches à lire en ligne, en anglais)
A dévorer : les premières planches de l'édition américaine sur Amazon.com ou en français chez fnac.com




