iddbd

28 juillet 2010

ATTENTION : IDDBD déménage sur iddbd.com !

cestacChangement d'herbage réjouit les veaux...

c'est par cette phrase, sous-titre d'un album de Florence Cestac, qu'IDDBD signe son dernier billet sur Canalblog. A partir d'aujourd'hui et pour 2 ou 3000 ans environ, IDDBB.canalblog.com devient IDDBD.com !
Alors merci de mettre vos liens, flux rss et autre chose de la vie numérique à jour car les valises sont déjà faites de notre côté !

Pourquoi changer ? Pour tout plein de raison plus ou moins avouable. La première était la volonté de faire évoluer le proje. Chose qui s'avéraît difficile sur une plateforme efficace mais peu maléable. L'envie d'un peu plus de liberté également.

Si le déménagement sur une plateforme wordpress c'est globalement bien passé (les 1001 messages sont incroyablement tous présent !) il reste encore pas mal de travail sur l'aspect du site (sur les images en particulier qui ont dorénavant la même taille). Donc merci de nous faire vos remarques.

iddbd.canalblog.com ne disparaîtra pas tout de suite, histoire que tout le monde puisse avoir l'information.

A tout de suite sur IDDBD.com

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27 juillet 2010

Chroniques de vacances #5

L'actualité en BDParissoviets1

Affaire Bettancourt, Coupe du monde de football, puritanisme et racisme aux Etats-Unis, crise financière en Grêce... Quels sont les liens entre tous ces sujets d'actualités et la BD ? Des Bulles carrées évidemment ! Le très bon blog tenu par la journaliste Laureline Karaboudjan (pseudo ?) sur la plateforme de blog de Slate.fr.

Avec une grande culture de la bande dessinée sous toutes ces captaintsubasaformes et tous ses horizons, cette journaliste nous livre chaque semaine un billet d'humeur/d'humour/d'analyse au travers d'une bande dessinée. Depuis un an maintenant, de l'uchronie en passant par l'édition des schtroumpfs noirs aux Etats-Unis, tout est prétexte à références bédéphiles !

Un petit conseil, allez lire le dernier billet sur IRS et les affaires financières. Bien écrit et bien vu !

Comme d'habitude, c'est par là !

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22 juillet 2010

Chroniques de vacances #4

couverturemontageLe retour du héros sans emploi !

C'est un petit motif de satisfaction quand un blogueur BD sur lequel nous avons flashé arrive à se faire publier. En mars 2008, IDDBD avait consacré deux jours à Jibé (une interview et une chronique) pour présenter Constantin, son anti-héros moderne, fils spirituel du grand Gaston Lagaffe, au chômage et pas pressé d'en sortir.

La forme strip et l'humour grinçant avaient fait mouche immédiatement dans nos esprits d'internautes errants... Et il semble que nous n'ayons pas été les seuls puisque le 15 septembre prochain, après une cure de retouche pour les premières saisons, Sans Emploi sort enfin de son écran pour prendre sa place bien au chaud dans notre bibliothèque où nous lui réservons une place bien en évidence (quoique un peu étroite).

Dans un sympathique format à l'italienne, idéal pour les strips (cf les intégrales Peanuts, Le Retour à la Terre...) nous ne pouvons que souhaiter bon vent à Jibé pour son livre qui s'annonce réussi !

En attendant la sortie, l'ultime saison de Sans Emploi (la 6e) se termine en ce moment même. Si vous n'avez pas lu les précédentes, c'est le moment ! Moi j'y cours !

Pour où ? >>>>> par là !


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17 juillet 2010

Chroniques de vacances #3

couv_chateausableLaisse-moi compter combien : 1000...

IDDBDiéins, IDDBDiennes, aujourd'hui, IDDBD signe son 1000e message ! Tambours, trompettes résonnez à l’unisson !  Et comment ne pas profiter de cette chronique exceptionnelle pour parler d’un auteur tout aussi exceptionnel et de son futur nouvel opus annoncé à la rentrée. Et oui, grande nouvelle, un Frederik Peeters est annoncé.  Arrêtez tout !!! …. Un auteur qu’IDDBD adore et qui …. STOP j’ai dit.

Mais, fichtre, vous êtes qui vous ?!!!!!
On me nomme Professeur Jean-Edmond Sintès, jeune homme !

Professeur Sintès, professeur Sintès… Attendez, ce nom me dit… Ah ! C’est pas vrai ! Vous êtes revenu. Je pensais que Mike vous avez définitivement viré peu avant mon arrivée !
Personne  ne « vire » le professeur Jean-Edmond Sintès, il part lorsqu’il le souhaite et choisit de revenir apporter la lumière de la vraie culture et le parfum de l’incomparable vérité.

… et c’est justement à la 1000e que vous faîtes votre come-back ! Vous auriez pu prévenir... vous savez qu’IDDBD est sur Twitter et Facebook maintenant.
Enfin, soyons sérieux, pourquoi me fourvoierai-je à utiliser ces outils du commun. Non, seule la page blanche et la plume d’oie sont dignes de mon attention. Le reste n’étant que simple intervention.

Bon en tout cas merci de vous être rappelé à notre bon souvenir mais j’ai une chronique à terminer… Donc comme je vous l'expliquais avant cette interruption chers lecteurs d’IDDDB, c’est donc la 1000e.
1000 ! ah, ah, ah !

Comment ça « ah, ah, ah » ? C’est quoi ce rire cynique !
Non, mais franchement ! Soyons sérieux quelques secondes, disons au moins le temps de cette chronique.

Justement faut que je la termine…
Ça attendra mon cher ! Je souhaite évoquer avec vous l’avenir d’IDDBD !

Tiens donc ! Et en quoi ça vous concerne cher professeur ?
Mais enfin en tout ! Je suis votre plus ancien et votre plus fidèle lecteur critique. Vous savez très bien ce que je pense de la bande dessinée. ça n’a jamais intéressé personne d’autre que des gamins attardés ou des débiles profonds. Je pense que nous sommes d’accord !

Pas vr….
…de plus,lorsqu’on voit la qualité de l’équipe de la rédaction d’IDDBD, on se dit que vous allez droit dans le mur ! Relisez vos chroniques non d’un petit Larousse illustré ! Sur la forme, un ramassis de fautes d’orthographe et de syntaxes. Vous êtes une honte pour la langue française !  Il faudrait peut-être lire autre chose que Tintin ! Mais le plus grave c’est le fond : aucune rigueur scientifique, aucune références véritables à la vraie culture ! Une accumulation d’impressions totalement subjectives, d’avis ô combien personnel. Il n’y a rien dans vos chroniques hormis  des admirations de pucelles écervelées devant un gratteur de cordes aux cheveux longs vomissant ses vagissements  dans un microphone ! Tout ça pour des pseudos-noircisseurs de papiers tout juste bon à faire des illustrations pour des publicités Prisunic !

Je ne vous permets pas…
Pour preuve, quel est le thème de la chronique d’aujourd’hui ?

Le prochain album de Frederik Peeters
Et voilà ! Encore une fois, vous hurlez  Frédériiiiiiiiiiikkk avec les moutons à chaque fois qu’il bouge un orteil ! Quel manque d’originalité ! 1000 messages certes ! Mais toujours avec les mêmes gratouilleurs ! Entre le Peeters, Trondheim, l’incontournable pseudo-star Sfar (beurk le pire)  et ce japonais dont j’ai oublié le nom, celui qui n’a pas réglé ses problèmes d’enfance…

Taniguchi ?
Oui, Taraguchi… Et bien voilà on a fait le tour ! Ah non, j’oubliais la star parmi les stars… ce bon vieux Larcenet. J’imagine que vous avez chroniqué un album récemment.

Oui, Blast en février.
Et voilà ! Voici encore une fois la preuve de votre attachement aux grands chantres de l’industrie culturelle ! Dargaud, Dupuis, Soleil, Casterman… Malgré le temps et mes remarques, les petites maisons d’éditions sont toujours aussi peu présentes dans vos pages… Mais tout cela, vous finirez pas le regretter tôt ou tard quand au milieu de la mer numérique, vous serez tel un naufragé, seul à contempler l’horizon et votre page limitée à 2 visiteurs uniques par jour.

Mais vous savez cher professeur, IDDBD a rejoint la communauté KBD, des blogueurs BD comme nous, afin de diversifier un peu nos points de vue et nos lectures…
Quoi ! Vous vous multipliez ?! Impossible. Je devrais donc porter le vrai message de la vraie vie culturelle ailleurs ! Ah ! Je vais donc m’y atteler de ce pas franc et ferme qui me caractérise si bien dans la bonne société bénéficiant de mes lumières quotidiennes tel l’astre du jour au sortir de la nuit  !  Adieu IDDBD, je pense que votre existence sera trop courte pour bénéficier à nouveau de mes lumières  ! 

Adieu Professeur Sintès…
[BLAM]
Il est parti ??? Euh… on reprendra la chronique du prochain album de Frederik Peeters un peu plus tard si vous le voulez bien. Jean-Edmond m'épuise. Et je trouve qu'il se calme avec le temps !

En attendant, pour cette 1000e je tenais à remercier tout ceux qui de près ou de loin ont participé à l’aventure d’IDDBD. Mike surtout, fondateur et grand artisan d’IDDBD (90% des chroniques c’est lui), ainsi que les chroniqueurs occasionnels : Hector et Redwan. Toutes les personnes qui ont commenté nos chroniques, en positif ou en négatifs. Les auteurs qui ont répondu à nos mails et ceux qui ne l’ont pas fait mais qui nous ont quand même apportés de belles et saines lectures. Pour tous les lecteurs, occasionnels ou pas. Pour les gens qui arrivent ici en tapant Loisel BD érotique car ils font gonfler nos stats…

Merci. Il nous reste plus qu’à attaquer les 2000 !
En route pour de nouvelles aventures !



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13 juillet 2010

Chroniques de vacances #2

tamaradreweEntre La 7e Compagnie et Le Gendarme...

tamaradreweBD... allez plutôt au cinéma ! Surtout quand les adaptations de BD fleurissent comme des pâquerettes au printemps. Le grand buzz du moment est évidemment l'adaptation par Stephen Frears (The Queen, Dirty Pretty Things...) de Tamara Drewe, l'excellent graphic novel de Posy Simmonds (Prix Essentiels d'Angoulême en 2009).

Grande dame de l'illustration, Posy Simmonds avait déjà marqué la critique BD en 1999 avec Gemma Bovery, l'adaptation d'un célèbre roman d'un non moins célèbre auteur français. Je vous laisse deviner lequel.

Tamara_Drewe2Tamara Drewe reprend également très librement le roman Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy, encore un obscur écrivain du 19e siècle. Transposé dans la campagne anglaise du 20e siècle, ce roman devient un portrait de la petite bourgeoisie anglaise composée de bobos et d'écrivains à haute opinion d'eux-mêmes. En s'installant dans l'ancienne maison de sa mère, Tamara, fantasme vivant pour les hommes, sujet de cancans et de ragots pour les femmes, va bouleverser tout ce petit monde. En bien ? En mal ? Je vous laisse découvrir la BD qui est un vrai régal d'écriture, de rythme, d'illustration et de composition.

Quant au film ? Il sort le 14 juillet, alors n'hésitez pas à regarder la bande annonce !

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12 juillet 2010

Chronique de vacances #1

harveypekarL'Adieu d'un grand

J'aurais préféré commencer ces chroniques de vacances par une information plus légère mais c'est avec une très profonde tristesse que je viens d'apprendre la mort d'Harvey Pekar à l'âge de 70 ans. Ce grand, pardon, ce très très grand bonhomme du comics underground américain, auteur du génialissime American Splendor, nous laisse seul face à ce monde bourré de super-héros et de gros bills inexpressifs.

Dans les années 70, après sa rencontre avec Robert Crumb, Harvey Pekar avait décidé de raconter de son amérique en faisant ce qu'aucun autre n'avait tenté avant : parler de lui. Mais loin d'être nombrilistes, ses histoires brillantes et novatrices ont constitué une parfaite radiographie de l'amérique moyenne.
Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous invite à lire les trop rares éditions françaises d'American Splendor et en particulier l'anthologie publiée récemment par les édtions çà et là.

Merci pour tout Mr Pekar, et une pensée pour votre famille.

Notre chronique sur Anthologie American Splendor.


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04 juillet 2010

Au delà de la nuit...

billybrouillardBilly Brouillard : le don de trouble vue (scénario et dessins de Guillaume Bianco, Soleil, 2 tomes parus)

"On m’appelle Brouillard, Billy Brouillard… Allez savoir pourquoi… Peut-être parce que je préfère les nuits obscures aux jours de clarté… la pluie froide au bleu du ciel…"

Voici les premières phrases de cet album ô combien particulier écrit et dessiné par Guillaume Bianco. Pour tout vous dire, sans les copains de kbd et le challenge de Mr Zombi (où la clause « Warrior » m’engage à lire un album que je n’aurais pas ouvert en temps normal) je n’aurais sans doute jamais pris la peine d’ouvrir cet espèce de recueil anti-Cédric (l’archétype de la BD jeunesse qui m’agace). Ouf, je ne suis pas passé à côté et c'est tant mieux !billy_broullard_2

Si des albums pour adultes comme Trois Ombres de Cyril Pedrosa ou Les Funérailles de Luce de Benoît Springer abordaient avec réussite le thème de la mort et du deuil par les chemins détournés de la métaphore, ici il n’en est rien ! L’histoire s’ouvre par l’image du cadavre du chat de Billy, tombé raide mort dans la forêt (humour noir le chat s’appelle Tarzan). Le ton est donné et le talent d’écriture de Guillaume Bianco fait le reste

Billy_Brouillard_jv01Il nous plonge alors dans un univers métaphysique où les formes narratives changent d’une page sur l’autre. Ainsi dans cet album vous trouverez poèmes, coupures de La gazette du bizarreLa rédaction en ébullition décrypte pour vous les mystères d’aujourd’hui pour que vous ne soyez pas surpris demain ! (ça j'adore !) mais aussi des extraits de l’Encyclopédie curieuse et bizarre de Cryptozoologie où vous en apprendrez de bonnes sur les créatures peuplant l’imagination populaire passée à la moulinette de Guillaume Bianco, tout cela entrecoupé de vrais bonnes planches de BD. Toutes ces formes d’écritures nourrissent un univers très riche et rendent tout à fait crédible l’ensemble du récit. Cependant, elles peuvent dérouter et casser le rythme de lecture car elles obligent à changer constamment sa façon de lire. D’où parfois des difficultés en pénétrer totalement dans le récit. Difficultés qui disparaissent dès l'apparition d'histoires longues car la grande qualité de Guillaume Bianco, hormis son billybrouillard3écriture que je trouve très fine, est sa capacité à faire entrer directement le lecteur dans son histoire. Quelques bulles, quelques dessins et c’est parti ! J’aimerais vraiment lire un album long pour voir ce que ça pourrait donner.

Mais ce que j’ai vraiment aimé dans Billy Brouillard, c’est ce thème caché sous celui de la mort : l’enfance. Finalement, la mort serait presque la métaphore de l’angoisse et les êtres peuplant les nuits de Billy seraient ses cauchemars et ses rêves. Malgré ce don, directement issus de son imagination (à vous de juger), Billy est un petit garçon comme tous les autres, maltraitant sa sœur, intrépide et insouciant quand il le faut, avec ses faiblesses, sa sensibilité et sa vision couvBB2naturelle mais pas simpliste des choses. Comme il le dit lui-même : les adultes sont des assassins, ils ont tué l’enfant qu’ils ont été. Leur monde est trop banal, trop convenu… Trop prévisible.

Prévisible, sans doute pas le terme utilisé pour qualifier cet album d’une remarquable finesse, un genre de Calvin et Hobbes en plus trash ! Mais tout à fait sympathique ! J’ai bien envie de lire le tome 2 paru en novembre 2009 !

A découvrir :
le blog de Guillaume Bianco
A lire : la critique enthousiaste de Scifi

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD


Petite Note d'été

Comme tous les ans, IDDBD va prendre ses quartiers d'été. Nous tâcherons d'aborder des thèmes un peu différents, histoire d'explorer de nouveau horizon et puis quelques chroniques passeront également par là ! Alors n'hésitez pas à passer de temps en temps, entre le camping et la plage, nous serons là !!!
A très bientôt les iddbdéiens !

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23 juin 2010

Culturopoing II

culturopoingFemmes battues, femmes humiliées : la bande dessinée se mobilise contre la violence faite aux femmes

Hier, parution de mon 2e article sur Culturopoing. C'est une tentative de synthèse de 3 très bon albums tous parus l'an passé et consacrés au même thème : la violence faite au femme. On retrouve bien sûr Inès dont j'avais fait la chronique il y a peu, mais aussi A la folie de James et Ricard ainsi que le collectif En Chemin elle rencontre initié par Marie Moinard, éditrice.

Comme je vous l'avais expliqué, j'essaye d'écrire sur un ton différent sur le support qu'est Culturopoing alors si vous avez envie de découvrir ces 3 bons albums n'hésitez pas ! C'est par ici !!!!!

PS : Merci à Antoine pour le long prêt qu'il m'a accordé pour A la folie :-)

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Cloaque humanitaire

Garulfo_01Garulfo (scénario d'Alain Ayroles, dessins de Bruno Maïorana, couleurs de Thierry Leprévost, Delcourt, Collection Terres de Légendes, 6 volumes)

Il était une fois l’histoire d’une grenouille prénommée Garulfo. Exaspérée par sa modeste et fragile condition d’amphibien, il décida – car Garulfo était un mâle, les grenouilles n’étant pas les femelles des crapauds – de devenir ce qui se faisait de mieux dans la condition terrestre : un homme ! Après une rencontre avec Madame la fée (qui est soit dit en passant est autant bonne fée que la non moins fameuse Radada), le voici plongé dans la dure réalité du monde féodal et sauvage de l’humanité.

Sous l’impulsion des copains de k.bd, IDDBD rattrape aujourd’hui un grave manquement à tout bon blog qui se respecte : faire une chronique de Garulfo ! A titre personnel, cette série représente un véritable renouveau dans ma vie de bédéphile, c’est dire si j’y attache de l’importance et si ma chronique sera très loin d’être objective. Mais peu importe, vous connaissez le principe d’IDDBD !garulfo0

Qu’est-ce qui est bon dans Garulfo ? Et bien tout, rien que ça ! L’univers d’abord. Il se nourrit des contes de l'enfance et des adaptations de ces derniers, allant y chercher images et personnages afin de remanier le tout dans de sempiternelles galipettes scénaristiques. Ainsi, le récit prend une profondeur surprenante pour ce genre de bd, la multiplication des personnages, des références, des petits détails prenant soudainement une importance inattendue ajoute à chaque fois un peu plus de piment à une histoire à priori simple.

garulfoL’écriture ensuite, celle d’Alain Ayroles (à ne pas confondre avec François, plutôt édité chez L’Association), le papa du nom moins mythique De Capes et de Crocs. Ici aussi, on retrouve ce même plaisir des (bons) mots, des dialogues ciselés et des surprises à chaque coin de case. La douce naïveté de son personnage principal, la cruauté et l’idiotie de la race humaine fournissent sans cesse des situations décalées et logiquement humoristiques. Alain Ayroles prend un malin plaisir à décortiquer les contes et à malmener ses figures emblématiques (du pourfendeur de dragon à la princesse bimbo). Mais l’idée principale, prendre une grenouille comme héros principal d’un roman d’apprentissage, un des thèmes favoris des conteurs/auteurs depuis la nuit des temps, est déjà en soi très iconoclaste.Planche_bd_3375_GARULFO

Et enfin, le dessin celui de Bruno Maïorana, superbe dessinateur s’amusant autant à glisser des détails qu’à créer des décors somptueux et variés. Vous vous baladerez dans les bois, les châteaux, dans l’antre d’une sorcière, vous exploserez de rire en découvrant les attitudes des personnages et serez peut-être intimidé et curieux devant des scènes grandioses. Et tout cela dans un univers graphique très cohérent.

garulfo1Garulfo est, dans le bon sens littéraire du terme, une vraie farce. Entre conte et pièce de théâtre où rebondissements et situations farfelues se mêlent aux petites attaques sur les travers de l'humanité. Mais Garulfo, c'est surtout deux auteurs qui ont pris une immense plaisir à façonner leur petite histoire de grenouille découvrant les joies de l’humanité. Évidemment, ce plaisir est communicatif et se transmet au travers de la lecture des deux "livres" constituant la série (tome 1 à 2, puis de 3 à 6). Sans aucun doute, Garulfo laissera forcement une marque différente dans votre esprit. Celle d'un petit sourire et d'une espèce de nostalgie inhérente à l'univers des contes.

A lire : l'interview d'Alain Ayroles dans BD sélection
A lire : la chronique de Mo' la fée

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD

16 juin 2010

Entorse au réglement

UnjardindhiverLe Jardin d’hiver (scénario de Renaud Dillies, dessins de Grazia La Padula, Paquet, Collection Blandice)

Avant propos de chronique : récemment, j’ai eu une (plusieurs en fait) discussions avec ma copine Mo’ la fée sur le pourquoi du comment chroniquer ou non des albums que je n’avais pas aimé. Si nos arguments se valent (si, si Mo’ j’ai aussi raison !) je dois avouer qu’un des siens est incontournable : la critique peut être tout à fait constructive si elle est faite honnêtement. Alors voilà, exceptionnellement, je vais aller un peu à l’encontre de l’esprit d’IDDBD et un peu étalé mon demi-scepticisme sur un album. Je m’en excuse d’avance mais là, j’en avais besoin. N’hésitez pas à râler si vous n’êtes pas d’accord, de toutes façons je ne répondrais pas aux mails d’insultes. :-)

Donc oui, sceptique, je le suis (oui quand je critique je parle comme Maître Yoda) car quand j’ai refermé Le Jardin d’hiver j’ai regardé la couverture en me demandant si j’avais un chef d’œuvre entre les mains ou un ramassis de clichés…
Renaud Dillies au scénario et Grazia La Padula au dessin racontent l’histoire de Sam, garçon de café dans un bar de jazz, solitaire paumé dans une grande ville où les regards soupçonneux sont les seuls véritables relations entre les êtres. Bien sûr, Sam a Lili, une jolie danseuse. Il pense qu’il l’aime. Enfin… il ne sait pas vraiment. Bref, Sam se traîne dans sa petite vie morne jusqu’au jour où une goutte tombe du plafond directement dans sa tasse de café. Bizarre !

Mettons nous d’accord immédiatement, le dessin et la couleur de Grazia La Padula sont absolument superbes. Surprenant, caricaturaux et absolument magnifiques ! Elle a su donner à cette ville une atmosphère pluvieuse et glauque qui m’a rappelé un peu les univers créés par Nicolas de Crécy.pagejardinhiver
Quant au scénario... Je vais essayer d’exprimer mon sentiment sans dévoiler toute l’histoire, ce qui n’est pas simple vu l’épaisseur de l’intrigue. Le héros paumé coupé de sa famille, la fille belle et gentille, le petit vieux qui perd la boule, la ville violente et inhumaine… et une symbolique un peu (très) lourde quand l’horizon nuageux de la ville et du héros se dégage, la pluie laissant la place au beau temps après un rebondissement qui permet à Sam d’ouvrir enfin les yeux sur l’importance des « vraies choses »… Mouais, mouais, mouais. J’ai vraiment l’impression d’avoir vu ce schéma narratif des milliers de fois, au moins autant que la moitié des figures, principales ou secondaires, symboliques ou pas, qui hantent l’album.

Un peu partout sur le net, les gens évoquent une poésie sublime mais un dessin particulièrement difficile. Il ne correspond effectivement pas aux canons habituels du dessin à l’européenne, mais pour moi, loin d’être inaccessible, il est la grande force de cet album. En revanche, ce scénario ultra-lisible, où les surprises sont relativement rares, est beaucoup trop convenu. Pourtant, Mélodie au Crépuscule et Betty Blues, deux des albums de Renaud Dillies, sont des hommages magnifiques à la musique et aux rêves. Ils sont surtout d’une incroyable originalité !

Tout de même, quand j’ai refermé ce livre, je me suis demandé si je n’étais pas passé à côté de quelque chose. Après tout, c’est une question de sensibilité parfois ou d’état d’esprit au moment de la lecture. N’avais-je pas compris le message ? Alors je l’ai relu... encore une fois. Comme une évidence, mes impressions rebondissaient invariablement sur ce décalage malheureusement évident entre graphisme et écriture, gage d’une œuvre pas complètement aboutie à mon sens. Tout simplement dommage.

Si vous avez lu et aimé (ou pas) cet album, n'hésitez pas à glisser un petit commentaire, histoire de voir...

A lire : un avis totalement opposé au mien sur le blog de Choco


kbdInfo K.BD
Retrouvez la synthèse de Silence, le cultissime album de Didier Comès sur le blog du collectif de blogueur k.bd qu'IDDBD a rejoint récemment ! Pour replonger dans l'univers sombre des Ardennes belges et du sublime idiot, suivez le guide !!!

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09 juin 2010

Lance de la vengeance

ubel_blatt_1Übel Blatt (scénario et dessin de Etorouji Shiono, éd. Ki-oon, 11 volumes, série en cours)

Il y a 20 ans, quatorze guerriers furent envoyés dans une mission périlleuse afin de sauver l’empire. Sept d’entre eux revinrent, trois avaient péri au combat tandis que quatre autres avaient trahi l’empire pour rallier la cause de l’ennemi. Ces lâches furent nommés lances de la trahison. Voici l’histoire officielle, celle écrite par les vainqueurs. Mais aujourd’hui, à la frontière de l’empire, un étrange guerrier est apparu. Sous les traits d’un jeune semi-elfe se faisant appeler Koinzell, il pourrait bien bouleverser la paix instaurée dans l'empire depuis le retour des sept "héros".

Amateur d’héroïc-fantasy, voici une œuvre de Dark Fantasy qui pourrait bien vous réconcilier avec un genre usé jusqu’à la corde ! En tout cas en BD européenne. Car il faut l’avouer, en matière de manga ce genre est en concurrence directe avec son cousin asiatique : le récit de samouraï. Autant les grandes sagas de sabre sont légions (Kenshin le vagabond, Lone Wolf and Cub, Musashi, L’Habitant de l’infini…) autant les histoires de dragons, de nains, d’elfes et d’épées magiques ne sont ni nombreuses, ni incontournables (Les chroniques de la Guerre de Lodoss : La dame de Falis, Berzerk...). Mais ici…

Ah fidèles lecteurs d’IDDBD, voici une véritable quête avec des personnages, des héros et des lâches et de ubelblatt2_planobles valeurs obscurcies par un côté sombre (et réciproquement) ; voici un scénario aux rebondissements multiples, où de vraies surprises vous attendent, où les attentes se figent dans des moments de tensions, où le relâchement laisse la place aux découvertes, où les flashbacks dévoilent d’improbables secrets, cases après cases…

On retrouve évidemment les normes du genre : le héros très fort et blessé dans son âme, la copine agréable à regarder, l’apprenti-héros, le jeune chevalier, l’ennemi mortel, les méchants méchants et la petite fille à protéger. Parlons aussi des tenus sexys, voire de l’absence de tenue ou de l’utilisation du string un peu trop prononcée sur des héroïnes à l’apparence parfois fort jeune, pour moi le seul bémol au tableau. Je ne défendrai pas ce choix de l’auteur car c’est un peu agaçant... et surprenant car ce dernier n’abuse pas trop des grands poncifs habituels : grosses épées, gros dragons et très grosses batailles. En tout cas, leur utilisation est toujours dans le souci de l'intégrer parfaitement au récit, pas comme une obligation pour ados boutonneux ou no-life en mal de sensations. Et ça marche ! Dans l’ensemble l’histoire et l’univers dans lequel évolue les héros sont parfaitement cohérents, n’abusant ni de personnage, ni de nom de région biscornue (un peu mais pas trop). ubel_blatt_2Toujours agrémenté par les souvenirs et les doutes, cette quête vengeresse d’un homme seul contre un empire résonne comme les belles et grandes histoires du genre, on pense évidemment aux récits de personnages écrits par Tolkien (Les enfants de Hurin en particulier pour le côté très sombre de l'univers). Bref, celles que tout bon rolistes bardes qui se respectent rêveraient de conter à ses condisciples.

Ah oui, j’ai oublié de parler du style. Un trait classique pour du manga, des scènes de combats pas trop chargés et relativement lisibles (pas toujours le cas), l’abus de string peut nuire à la santé mental des boutonneux les plus fragiles mais dans l’ensemble ça reste du très très bon. Attention cependant à ne pas se laisser prendre par le dessin naïf, certaines scènes de combat ou de sexe pourrait choquer les plus prudes d'entre vous. Übel Blatt est un vrai seinen ! Un petit recommandé ? Evidemment, car de l'heroic-fantasy qui prend le temps de bâtir autre chose qu'une suite de cliché c'est assez rare et très précccccccccccieeeeeeeeuuuxxx ! (oups)

A voir : un portail consacré à Übel Blatt et au genre Dark Fantasy (en manga)
A lire : le dossier spécial sur manga-news

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD